Des nouvelles d'un peu partout

À l'école des drones

Par Brian A. Anderson

Ces dernières années, l’idée d’utiliser des robots volants pour espionner ou tuer des gens est passé de l’ordre de la science-fiction à un programme secret du gouvernement américain, jusqu’à devenir tellement banal que personne ne s’étonnerait si les chaînes d’information affichaient un compteur de victimes de drones au bas de votre écran de télé. La FAA (Administration fédérale de l’aviation) va autoriser les drones à voler librement dans le ciel américain à partir de 2015, et la police les utilise déjà pour choper des criminels. Pilote de drone risque de devenir un métier très demandé. Mais où est-ce que ces futurs opérateurs vont apprendre à piloter ces engins ? C’est là que Jerry LeMieux entre en scène.

Au début de l’année, Jerry, détenteur d’un doctorat en ingénierie électrique et ancien pilote de l’armée de l’air, a fondé la Unmanned Vehicle University . Cette école, basée en Arizona, est la première du genre, et Jerry espère y rameuter plus d’un millier de pilotes potentiels de robots volants la première année, 10 000 la seconde, et 30 000 la troisième (pour l’instant, 50 personnes sont inscrites). Nous l’avons appelé pour voir ce que le doyen de l’UVU avait à nous raconter.

VICE : Qui s’inscrit dans une école de pilotage de drones ?
Jerry Lemieux : Pas mal de personnes ne comprennent pas de quoi il s’agit. Mais ceux qui comprennent se fichent du reste . Ils veulent tout connaître de ces machines. Ils veulent devenir des experts parce que quand viendra le moment où la FAA fera passer la loi – qui permettra aux drones de partager l’espace aérien avec les avions –, dans quelle situation préférez-vous vous retrouver ? Avoir besoin de tout apprendre ou être dans une position qui vous permettra de trouver directement un boulot ? L’école sert à ça.

J’ai lu qu’en 2022, il y aura 30 000 drones aux États-Unis. c’est vrai ?
Il existe des centaines d’applications possibles pour les UAV (véhicules aériens sans pilote) : agriculture, inspection, police, pompiers. Il existe environ 18 000 postes de police aux États-Unis. Rajoutez à ça les shérifs, et ce nombre grimpe à 100 000. Si chacune de ces agences en achète deux, ça nous fait un total de 200 000 véhicules. Pour moi, 30 000 est une estimation extrêmement basse.

Et que pensez-vous vous des gens qui s’inquiètent des atteintes à la vie privée que cette démocratisation des drones pourrait entraîner ?
La durée de vie moyenne d’une batterie de quadrirotor est de 20 minutes. Vous pensez vraiment qu’en 20 minutes, vous aurez le temps d’aller jusqu’à la fenêtre de votre voisin ? Le champ de vision d’un capteur visuel d’UAV est de plus extrêmement étroit, on a l’impression de regarder à travers une paille. Cette polémique sur l’intimité est exagérée. C’est bien d’en débattre, mais nous aurons de toute manière une loi qui obligera la police à obtenir un mandat de perquisition pour collecter des preuves avec un drone.

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