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      Arrêtez de vous chier dessus, merde !

      November 12, 2012

      Par le docteur Mona Moore

      Salut, bande de tarés, moi c'est le docteur Mona Moore. Évidemment ce n'est pas mon vrai nom, mais je suis un vrai médecin – le genre de personnes qui a passé dix ans à tripoter des cadavres et les tripes de votre mère à l'université pendant que vous découvriez la gynécologie avec des étudiantes suédoises, survoliez Foucault et vous vous construisiez une « carrière » dans le community management. Non, ne me plaignez pas parce que j'aurai toujours un job, un appartement dix fois plus grand que le vôtre et le droit de vous dire quoi faire sous prétexte que j'ai la science infuse. Bonne lecture !

      Beaucoup d'entre vous vivront leurs dernières années dans des couches-culottes trop grandes et pleines de matières fécales chaudes, jusqu'à ce qu'une infirmière violente vous retourne sans pitié et vous lave le cul avec froideur. C'est ce que j’appelle un fantasme régressif.

      En tant que docteur, j'ai fait quelques mauvaises expériences avec l'incontinence (elles ne peuvent qu'être mauvaises). Il y a quelque temps, j'ai examiné une femme atteinte de démence sénile. Elle babillait comme un bébé. Avant de l'examiner, j'ai pris sa main – le contact physique avec un patient atteint de troubles permet d'instaurer une certaine confiance. À en voir ses ongles, elle avait dû faire du jardinage dans la cuvette des chiottes. En ôtant ma main de la sienne, j'ai remarqué que ses mains ridées étaient dégueulasses. Alors qu'une sale odeur commençait à s’installer, elle a glissé ses vieilles mains délicates dans sa couche et en a tiré une grosse poignée pleine de merde, qu'elle a ensuite joyeusement avalée en se léchant les babines.

      La coprophagie, le fait de se délecter de ses propres excréments ou ceux des autres, est souvent due à des lésions cérébrales sur le lobe frontal – celui qui dirige les comportements socialement acceptables comme utiliser des toilettes. Manger sa propre merde occupe une bonne place sur l’échelle des « comportements socialement inacceptables ».

      Presque la moitié de mes patients sont incontinents. Cela peut être dû à l'âge, à un traitement, une maladie ou encore une blessure. L'odeur rance des selles se propage dans les couloirs et stagne lourdement autour du lit du patient. D'ailleurs, je suis devenue une experte du caca. Rien qu'à l'odeur, je peux deviner si la personne a une diarrhée orange, un méléna goudronneux ou si ses excréments sont infectés par le« clostridium difficile » – ça, c'est le pire des cas. Je suis une vraie flic nasale qui se bat pour la protection de ses cils cellulaires. J'essaye de retenir ma respiration mais il est inutile de résister à ce genre d'attaque. Oui, j'ai bien dit « attaque ». On m'a jeté et écrasé de la merde dessus, on m'a forcée à tremper mes mains dans des profondeurs brunâtres. La chaleur, même à travers les gants, est toujours aussi déconcertante.

      Un jour, un patient a retiré toute la merde de sa couche, l'a mise sur sa table de nuit et a essayé de modeler la tour Eiffel. Une sorte de mini-mémorial à ses entrailles. Un autre homme a souhaité me faire un cadeau en m'offrant une crotte toute fraîche. J'ai poliment décliné, et quand l’infirmière a éloigné son cadeau, ça l’a rendu furieux. Mais ceux qu’on trouve en plus grand nombre, c’est les tartineursde caca. Généralement, les tartineurs de caca touchent leur merde lorsqu'ils chient, puis s'essuient sur n'importe quelle surface. J’ai aussi vu des chambres entièrement repeintes au caca. C'est généralement considéré comme une expression de la frustration qu'ils éprouvent quant à leur incontinence.

      Cette frustration est totalement compréhensible. D'abord, les couches sont humiliantes. Je ne parle pas des Pampers Easy Ups, mais plutôt d'instruments de torture qui montent jusqu'au nombril et affaiblissent les jambes. Croyez-moi, ça fait bizarre de baisser la couche d'un patient pour y découvrir une jungle de poils noirs et crépus. Le manque de staff fait que les patients passent parfois des heures à pourrir dans leurs excréments jusqu'à ce que ça déborde et laisse des traces brunes sur leur dos et leurs draps. Je ne m'occupe pas de changer les couches, ce qui est plutôt cool, mais si un patient me chie dessus, je dois faire attention de ne pas montrer mon dégoût ou de ne pas vomir sur le sol. Il faut les rassurer poliment : « Ce n'est pas grave, ça arrive à tout le monde. » Les infirmières ont un incroyable spray anti-caca qui fait disparaître les croûtes pour pouvoir nettoyer facilement. C'est un peu comme le Monsieur Propre du monde scatologique.

      Se chier dessus en public est sûrement la chose la plus indigne, juste après se faire essuyer le cul par une autre personne que soi-même. Maintenant que j'ai écrit cet article, mon karma va sûrement m'envoyer quelques crottes volantes dans la gueule.

       

      Précédemment : À QUEL POINT LA COKE C'EST MAUVAIS POUR MOI ?

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      Thèmes: mona moore, coprophagie, aléas de la vieillesse

      Commentaires

      Êtes-vous majeur(e) ?

      Le truc que vous vous apprêtez à regarder est susceptible de heurter la sensibilité de tout un tas de gens, de juristes et (à coup sûr) de votre mère, du coup on préfère s'assurer que vous avez l'âge légal requis avant de vous laisser continuer.