Des nouvelles d'un peu partout

Burning Man vs. Ouragan Sandy

Par Dan Glass

L’ouragan Sandy a dévasté la ville d’Union Beach, dans le New Jersey. Pour pouvoir reconstruire, les résidents ont dû trouver un moyen de se débarrasser des tas de débris et de toutes les structures condamnées. Les associations humanitaires ne fournissaient pas ce type d’assistance et les entrepreneurs n’ont aucune envie d’aider les victimes des inondations. Heureusement, le vide a été comblé par des gens qui se réunissent chaque année au beau milieu du désert du Nevada pour prendre des drogues, s’habiller comme des extraterrestres homosexuels et cramer n’importe quoi.

En effet, un petit groupe de fidèles du Burning Man a formé une organisation de charité plus efficace que les organisations bureaucratiques pour aider les sinistrés.

Ce n’est pas parce que la plupart des Burners sont des informaticiens qui fantasment toute l’année leur semaine en fourrure violette à convulser sur du dubstep que ceux-ci sont incapables de travailler sur un chantier. Ces gens passent des mois, voire des années à élaborer des véhicules mutants psychédéliques sur lesquels ils font la fête pendant une semaine comme si c’était la fin du monde. Ils aiment le sexe et la drogue. Mais plus que tout, ils adorent la démolition.

En 2005, une campagne pour aider les victimes de Katrina a été lancée aussitôt que la nouvelle est arrivée aux oreilles des festivaliers. En deux jours, 42 000 dollars ont été levés, un convoi a été mis en place et les gens sont descendus en Louisiane et dans le Mississippi pour distribuer des vivres et apporter leur aide. Ils ont vite écopé du nom de « Burners Sans Frontières ». Les BSF ont aussi sponsorisé des projets humanitaires en Haïti, en Afrique du Sud, au Pérou, au Japon et aux États-Unis. Ils ont également encouragé des projets de par le monde comme le nettoyage d’espaces publics, des randonnées pour les sans-abri ainsi que l’instauration d’une monnaie alternative au Kenya.

Dans le New Jersey, les BSF ont fourni « un travail d’une valeur de 1,5 million de dollars », selon Richard Scott, l’un des fondateurs. En six semaines, 160 maisons avaient été dégagées par des groupes volontaires et toutes les plages avaient été nettoyées. Tout ça avec un budget de 30 000 dollars [environ 22 000 euros].

« Nous n’obtenons pas les résultats de la Croix-Rouge mais nous parvenons à avoir un impact décisif sur la vie des gens, avec très peu de moyens », a déclaré Carmen Mauk, directrice de BSF. Personne ne peut nier que ce groupe est composé de gros bosseurs. Aussi, leur fonctionnement est plus souple que les organisations type la Croix-Rouge, qui a rassemblé 125 millions d’euros depuis la tempête mais n’a apporté que des couvertures, des hot-dogs et des volontaires démotivés.

« Les grosses agences sont obligées de respecter les ordres, nous a dit Tom Price, un autre fondateur de BSF. Nous, en revanche, n’avons pas de barrières. Nous apportons de l’aide partout où il en faut. »

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