CHER VICE - FESTIVAL PARTOUCHE

Mail_3On m'a invitée au prix Partouche du cinéma expérimental. Partouche comme Partouche, les casinos. J'y ai appris que les établissements de jeux bénéficient d'un abattement fiscal au titre des « manifestations culturelles de qualité » qu'ils prennent en charge. Bourrée de la veille, j'ai dormi dans un car de journalistes et déboulé au Havre en jean et en Spring Court, avec une seule culotte, sans réaliser que ça allait être ambiance croisette à l'hôtel-casino Partouche, dit le «Pasino ».

J'ai pas vu grand chose du Havre, mais je me suis baignée dans la piscine de l'hôtel avec une copine qui avait les seins nus. Plus tard, dans une villa surplombant la mer, j'ai vu des filles déguisées en gâteaux tellement elles étaient sapées, bu masse de champ' et un mec m'a demandé s'il y avait moyen de passer la nuit dans ma chambre parce qu'il était censé revenir à Paris en car alors que moi je pouvais profiter de l'hôtel. J'ai dit NO WAY, casse-toi. J'ai aussi mangé des huîtres recouvertes de mousse de foie gras et de Beaufort sans vomir. Le lendemain, un sbire super colère m'a demandé d'effacer mes photos de la salle de jeux du casino (il est formellement interdit de photographier les machines à sous je vais vous demander d'effacer vos photos devant moi mademoiselle).

Et puis, j'ai vu des films, une vingtaine, répondant à la catégorie assez floue de film expérimental. C'était la première édition, l'organisatrice a dû tout faire toute seule. Je ne parlerais pas de la fresque cripto-gay d'une totale inanité qui ouvrait l'après-midi. Ni de Kant Tuning Club parce que le monde aurait pu se passer d'un film associant Kant et le tuning et que le troisième degré m'emmerde.

Lever7Par contre essayez de choper Le Ver de Noëlle Pujol, pour assister à la dissection d'un ver marin, voir sa chair boudinée qui sort quand la main gantée appuie dessus. J'ai pu réfléchir à ma phobie du sang, des piquouzes, et de la mort en fixant le coin gauche de l'écran pour pas trop voir. La moitié de la salle se demandait si le ver avait été torturé exprès mais à la fin tu te rends compte que c'est juste une expérience scientifique filmée dans la station biologique de Roscoff. Les dernières minutes montrent l'attaque du ver marin par une étoile de mer. Mieux qu'Alien ou Anaconda, dans la mesure ou c'est filmé en macro.

On pouvait aussi voir Méditation #1 de Boris+Natacha , couple libertaire qui a gagné le prix Partouche et pourra payer ses dettes grâce à l'argent du grand capital. Une femme couchée, nue, de dos, pense à la vie et au suicide.

Si tu es triste de ne pas être venu, console-toi en cliquant sur Investigating Spaces de Edwin Stolk : « Save me, I'm lost ! I'm going to die ! I'm investigating space ! Hello, is there anybody out there ? Excuse me please ! I'm lost please help me ! I told you I loved you but no one is there ! » Ou comment trop d'Amstel tue. Enfin, moi j'aurais peut-être primé Viril de Damien Manivel qui met en scène sept tableaux où des hommes questionnent leur virilité. Le type est un ancien danseur qui travaille avec des danseurs, justement. Son film est très beau. Mais on me dit que je peux pas écrire ça, parce que les termes "danse contemporaine" et "questionnement du genre" sont tellement gay qu'ils sont bannis de ces colonnes.

VCK

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