Behind the scenes

J’ai posé les mêmes questions à plein de skaters

Et ils m’ont tous donné la même réponse.

Par Maxime Brousse

Photos : Zelda Mauger, sauf mention contraire.

En juin dernier, j’ai passé quelques jours à Marseille pour la Sosh Freestyle Cup. J’ai essayé de diviser mon temps équitablement entre la plage,  les bords du skatepark, le Trolleybus et le bar à tapas et chaque fois que j’y ai pensé, j’ai posé quelques questions aux gens avec qui je partageais une assiette de poulpe sauté ou un verre de la boisson préférée de Jacques Chirac.

SAM PARTAIX – SKATER SOSH

Sam et son bronzage, au centre

On dit que c’est dangereux de traîner à Marseille en ce moment. Tu as eu peur pour ta vie ? 
Haha. Non, parce que je ne suis pas impliqué. Les gens règlent leurs comptes entre eux. Et puis, je traîne avec des bons gars du coin, des skaters qui connaissent.

Tu ne te sens pas oppressé par tout ce soleil ?
Non, le soleil, ça va avec les petits jaunes et le bowl, c’est mortel. Par contre, le nez rouge est de rigueur !

Qu’est-ce qui t’a le plus marqué dans le park cette année ?
Le niveau de mes potes. Ils ont tout donné pendant le contest, surtout les locaux Guillaume Mocquin, Julien Benoliel et le Californien Greyson Fletcher, qui finit par gagner.

Qu’est ce que la scène skate de Marseille a de spécial ?
Le premier truc à savoir, c’est que les skaters marseillais sont vraiment marrants, et qu’ils défoncent vraiment en skate. Ils savent presque tout faire : skater, faire la fête, te faire des tatouages, jouer à la pétanque, pêcher… Et quand on voyage avec eux, ils ne passent pas inaperçus avec leur accent !

Tu as vu qu’il y avait un boulodrome dans la boîte de nuit où on est allés ?
Oui, c’est vraiment génial, c’est vraiment l’une des meilleures boîtes de nuit qui soient : tu tires, tu pointes, tu danses… 

DAMIEN MARZOCCA – JOURNALISTE, BEACH BROTHER

Damien essayant de dormir, à droite

On dit que c’est dangereux de traîner à Marseille en ce moment. Tu as eu peur pour ta vie ?
Non, pas du tout, parce que je viens de Grenoble, je suis habitué !

Tu ne te sens pas oppressé par tout ce soleil ?
Non, je m’y fais très bien, aucun problème. Par contre, certaines personnes que je croise me donnent un peu cette impression.

Qu’est-ce qui t’a le plus marqué dans le park ?
La mixité des gens que tu vois autour du park : des cailleras, des skaters, des rastas blancs, des toxicos… On voit vraiment de tout.

Qu’est ce que la scène skate de Marseille a de spécial ?
Marseille regorge de talents, en street, et en bowl, bien sûr. Et la plupart des skaters locaux sont atypiques, soit dans leur manière de skater, soit dans leur style vestimentaire. Ils se démarquent des autres skaters français. Et puis, ils sont toujours motivés et n’ont peur de rien.

Tu as vu qu’il y avait un boulodrome dans la boîte de nuit où on est allés ?
Ha ouais, c’est là que tu vois que t’es vraiment à Marseille !

FRED DEMARD – CO-FONDATEUR DU MEILLEUR MAGAZINE DE SKATE FRANÇAIS

Fred et un coup de soleil

On dit que c’est dangereux de traîner à Marseille en ce moment. Tu as eu peur pour ta vie ?
Non, je n’ai jamais eu de problème. En général, j’évite les personnes qui pourraient en causer. J’ai deux potes qui s’étaient fait casser la gueule par des videurs, un soir en boîte de nuit après le Bowlrider. Ils ont porté plainte et eu gain de cause mais ils ne faisaient plus trop les mariolles quand ils repassaient à Marseille après ça. Ils étaient devenus paranos et pensaient que les mecs étaient à leurs trousses. Après avoir croisé les types en question, je comprends pourquoi mes potes avaient peur !

Tu ne te sens pas oppressé par tout ce soleil ?
Le pire, c’est le sable. Insupportable.

Qu’est-ce qui t’a le plus marqué dans le park ?
Mon meilleur souvenir ici, c’est le 360 backside de John Cardiel, avec sa board cassée en 2000. Et cette année, le frontside ollie de Greyson Fletcher dans la petite extension.

T’as un avis sur la planche à voile ?
Je ne savais même pas que ça existait encore.

Qu’est ce que la scène skate de Marseille a de spécial ?
Ils ont un drôle d’accent. On ne comprend pas toujours ce qu’ils disent.

Tu as vu qu’il y avait un boulodrome dans la boîte de nuit où on est allés ?
Oui. C’était clairement ma meilleure expérience de boîte de nuit, même si on ne m’a pas laissé jouer. Ils devaient avoir peur de perdre !

JULIEN BENOLIEL – SKATER LOCAL

On dit que c’est dangereux de traîner à Marseille en ce moment. Tu as eu peur pour ta vie ?
C’est vrai que les Marseillais ont peur, mais c’est quand même une belle ville !

C’est pas dur de vivre toute l’année sous ce soleil ? 
Non, je suis au mieux, je me porte bien. Et puis, il y a plein d’autres endroits où il fait beau !

C’est quoi ton meilleur souvenir dans ce park ?
C’est quand j’étais petit. Avec mes potes, on venait dormir dans le bowl et on  déconnait. 

Qu’est ce que la scène skate de Marseille a de spécial ?
La spécificité des skaters marseillais, c’est le style : ici, chacun a vraiment son propre style.

Tu as vu qu’il y avait un boulodrome dans la boîte de nuit où on est allés ?
Oui, j’aime bien cette boîte, elle est cool. Et jouer aux boules, c’est cool aussi, donc ça fait deux bonnes raisons d’y aller et d’aimer cet endroit !

SOX – SKATER ANGLAIS

On dit que c’est dangereux de traîner à Marseille en ce moment. Tu as eu peur pour ta vie ?
Non, pas du tout. Je ne dis que je n’ai peur de rien, mais il faut garder son calme quand quelqu’un te provoque. Et quand on cherche, on peut trouver des problèmes n’importe où.

Tu ne te sens pas oppressé par tout ce soleil ?
Haha, c’est très anglais de parler du temps ! C’est vrai que ça fait un bail que le soleil n’a pas brillé dans le nord. Il fait très chaud ici, mais je repense à toutes les fois où le mauvais temps m’empêche de skater, chez moi. Donc  quand je viens à Marseille, je skate aussi un peu pour tous mes potes qui n’ont pas pu venir.

C’est quoi ton meilleur souvenir dans ce park ?
Cette année, Dannie Carlsen a fait un rock to fakie flip sur la grande extension, avec un bras dans le plâtre. Ce n’était même pas pendant la compétition, c’était après les demi-finales, le soir, pendant qu’on chillait.

Qu’est ce que la scène skate de Marseille a de spécial ?
C’est vrai qu’il y a vraiment un truc particulier ici. Les locaux vivent pour le skate. Ils skatent tous les jours, tracent le plus vite possible, montent le plus haut possible, ils repoussent leurs limites et n’ont pas peur de recommencer quand ils tombent. Les Marseillais sont des vrais ! C’est vraiment des skate rats. Je les adore.

Tu as vu qu’il y avait un boulodrome dans la boîte de nuit où on est allés ?
Non, j’aurais bien aimé aller faire la fête, mais j’ai préféré rester au skatepark avec les locaux et mes potes de CRV-WKD et de CINQ CINQ. On a bu des bières en skatant tranquille.

GUILLAUME MOCQUIN – SKATER SUDISTE

On dit que c’est dangereux de traîner à Marseille en ce moment. Tu as eu peur pour ta vie ?
Non, c’est quand moi je sors qu’il faut faire attention ! Plus sérieusement, les mecs des quartiers se tirent dessus entre eux mais n’emmerdent pas les autres.

Tu ne te sens pas oppressé par tout ce soleil ?
Non, parce que je suis un pur méditerranéen. D’ailleurs, c’est le soleil qui devrait mettre des lunettes de Guillaume !

C’est quoi ton meilleur souvenir dans ce park ?
Je ne sais pas, j’ai cinquante histoires à raconter sur ce park. J’ai beaucoup de souvenirs avec le coping , et il m’a laissé pas mal d’écorchures sur la peau !

T’as un avis sur la planche à voile ?
Ouais, je pense que je vais arrêter le skate pour m’y mettre. Je trouve ça vraiment fun.

Tu as vu qu’il y avait un boulodrome dans la boîte de nuit où on est allés ?
Je ne me rappelle pas t’avoir croisé là-bas. En fait, je me rappelle juste d’une partie de pétanque où on a fumé un couple de Marseillais avec ma femme !

THOMAS WALKS – SPEAKER DE LA SOSH FREESTYLE CUP, BSM.

Photo : Emile Janicot – Thomas Walks, à gauche, avec Pierre Hoarau

On dit que c’est dangereux de traîner à Marseille en ce moment. C’est vrai ?
Non, c’est moins dangereux que de regarder le JT de TF1 tous les soirs.

Tu ne te sens pas oppressé par tout ce soleil ?
Non ça va, on est forcés de s’habituer quand on vit ici. Mais il y a quand même des groupes de soutien pour les nostalgiques du ciel gris… Les réunions hebdomadaires se déorulent dans des sous-sols froids et humides.

C’est quoi ton meilleur souvenir dans ce park ?
C’était probablement ce bout de nuit passé au fond d’un container avec une fille envoyée du futur…

Euh… OK. Est-ce que la scène skate marseillaise a quelque chose de spécial ?
La scène ici, c’est un gros mélange. Mais il faute venir voir pour comprendre.

C’est pas bizarre de mettre un boulodrome dans une boîte de nuit ?
Disons que l’association boule de pétanque et vodka-pomme m’a toujours un peu inquiété !

MARIE DABBADIE – SKATEUSE BORDELAISE.Photo : Stéphane André

On dit que c’est dangereux de traîner à Marseille en ce moment. Tu as eu peur pour ta vie ?
Entre les enfants aux yeux de fous, l’utilisation du mot « tarpin » pour décrire absolument tout et ce mec qui m’a presque sauté dessus dans la rue, oui, je crois.

Tu ne te sens pas oppressé par tout ce soleil ?
Non, ça, ça va. C’est cool !

C’est quoi ton meilleur souvenir de l’événement ?
La soirée Fun Radio pour la fête de la musique, bien sûr ! Mais non, en fait, ce bowl et moi, on n’est pas vraiment potes. Mais j’ai vu des gros tricks, croisé des copains et rencontré des gens. Un contest, quoi.

Qu’est-ce que la scène skate marseillaise a de spécial ?
En résumé, ils ont un chouette mini-pool à la Friche, et il y a des gros casseurs de bowls, comme Julien Bénoliel et Guillaume Mocquin. Et aussi, ils skatent tous en même temps et te cassent les chevilles.

Tu as vu le boulodrome dans la boîte de nuit ?
Ouais… je suis sûre que tu as au moins lancé une boule, non ?

Non, j’ai essayé mais on ne m’a pas laissé jouer.

 

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