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      Livres et DVD

      February 19, 2013
       

      COFFRET HITOSHI MATSUMOTO
      Hitoshi Matsumoto
      Urban Distribution

      Holà, on arrête tout ! Je suis passé à côté d’une sortie incroyable en décembre dernier. Je l’ai découverte sur le tard, mais elle est essentielle. Si je lançais un magazine de cinéma, Hitoshi Matsumoto ferait partie de la liste des cinéastes « auxquels on croit », ce qui signifierait en gros qu’ils ont de quoi dessiner un cinéma du futur. Ceux qui le comparent à Takeshi Kitano sous prétexte qu’ils ont tous les deux un passif télé sont des gros cons. Kitano est un maître du cinéma. Ce n’est pas le cas de Matsumoto qui, en revanche, pourrait inspirer un maître à venir. L’histoire de l’art est ainsi faite. Des mecs se permettent des trucs sans trop maîtriser leurs outils, mais ils emmènent leur art tellement ailleurs qu’un jour, un petit malin sans trop d’idées mais avec une maîtrise parfaite des outils arrive à digérer le foutoir semé par l’autre pour en faire un truc digne d’être reconnu par l’histoire et les universités. Matsumoto fait partie de ces semeurs de chaos géniaux dont on ne sait pas s’ils transformeront leurs essais en chef-d’œuvre, mais après tout on s’en fout, leurs essais sont déjà plus intéressants que les chefs-d’œuvre qu’on célèbre chaque jour de votre vie.

      VIRIL ET CHIANT

       

       

      DREDD 3D
      Pete Travis
      Metropolitan

      Je n’aurais jamais pensé défendre un direct-to-video actuel dans les pages de ce magazine, mais là j’ai envie de dire du bien de ce truc que plein de lecteurs considèreront de fait comme un « film pourri avec Judge Dredd ». Le film de Pete Travis m’a en effet permis d’effacer une de mes vieilles rengaines cinématographiques des registres des discussions de soirée, à savoir : « Judge Dredd au cinéma c’est de la merde, le film est pourri et Demolition Man est le meilleur Dredd qui ait jamais été fait au cinéma. » J’ai revu Demolition Man récemment, et sérieux, ce film est l’un des meilleurs trucs tournés dans les années 1990. Sérieux. C’est comme Idiocracy mais avec une théorie différente et tout aussi stupide. Grâce à Dredd 3D, Demolition Man peut enfin être vu comme autre chose qu’un sous-Judge Dredd puisque maintenant, le plus grand héros créé par la science-fiction anglaise a un film légitime, dans lequel l’acteur principal imite Clint Eastwood, ne retire jamais son casque et se permet de réussir un cinquième des scènes qu’il joue dans le film. Hey ! Parfait !

      JOHNNIE KHÔ
       

       

      BATMAN : LA COUR DES HIBOUX
      Scott Sydner, Greg Capullo
      Urban Comics

      Mon pote Gildas et moi, on était inséparables au lycée, on traçait tout le temps ensemble et on faisait que des jeux vidéo en coopération – hors de question de se tirer dessus. Il était fan de Batman et j’étais fan de Robin : ça marchait à fond. Forcément, on s’est un peu éloignés depuis qu’on est entrés dans la vie adulte, sauf que lui a eu les couilles de devenir dessinateur de bédés alors que j’ai choisi la pente sombre du marketing. Heureusement, il m’envoie toujours des comics hyper bien et je sais parfaitement dans quel placard de ma chambre d’ado se trouve mon costume du Boy Wonder. J’attends avec impatience le moment ou il m’enverra une notification gtalk pour me dire « putain j’ai fini le tome 2, je te l’envoie mec, faut que tu lises ça » – ça devrait arriver courant mars.

      PETIT ÉCU DE BOIS
       

       

       

      UNE HISTOIRE DU RAP EN FRANCE
      Karim Hammou
      La Découverte

      Je suis à peu près aussi rap que Gérard Holtz. Ça vient sûrement du fait qu’à chaque rentrée scolaire, j’arrivais une heure en avance devant la salle de classe pour être sûre d’être assise au premier rang, ignorant que ces places-là étaient systématiquement les dernières à être pourvues. Afin d’asseoir ma place dans ce magazine plus cool que moi, j’ai voulu me faire une culture rap vite fait bien fait en lisant l’excellente Histoire du rap en France de Karim Hammou, à l’origine une thèse qu’il a rendue plus digeste pour la présenter au grand public. C’est réussi, ça se lit comme un roman, et j’ai appris plein de trucs sur le jeu du rap en France, les équipes de rappeurs, les partenariats sur les chansons des uns et des autres...  Mais, à l’avenir, je vais laisser le rap à mes collègues Hubert Mensch et Jimmy More Hell : ils sont certes tout aussi peu rue que moi mais au moins ils savent faire semblant.


      BARBIE D’AUBERVILLIERS

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