Le musée de Schwarzi, le lexique d'Occupy Wall Street et un rhinocide

Par Matthew Uhlmann



ILS ONT CRÉÉ UN MUSÉE EN L’HONNEUR D’ARNOLD SCHWARZENEGGER
TEXTE : MATTHEW UHLMANN
PHOTOS : ARNIE’S LIFE

Qu’on se le dise : il était grand temps que Schwarzenegger ait son propre musée (Planet Hollywood ne compte pas). Cette négligence culturelle a, heureusement, été rectifiée le 30 juillet dernier – le jour de l’anniversaire d’Arnold – quand le bien-nommé « Arnie’s Life » a dévoilé au public son immense collection. Malheureusement, ils ont foutu ce putain de musée dans la ville natale de Schwarzy : à Thal, en Autriche. À cause de son emploi du temps surchargé, Arnold n’a pu s’y rendre qu’au mois d’octobre. Mais, quand l’acteur a fini par se pointer en personne pour passer en revue les objets exposés, les conservateurs du musée étaient extatiques. Parmi les pièces de collection, on peut admirer une statue en bronze de deux mètres cinquante de haut illustrant les années bodybuilding d’Arnold, avec les veines stéroïdées proéminentes et le paquet bien rempli. Président de thearnoldfans.com, Randy Jennings nous a expliqué l’importance de l’événement : « L’heure est à la célébration chez les fans d’Arnold. Non seulement nous avons enfin un musée pour notre idole, un projet qui a mis des années à se réaliser, mais en plus cet événement marque le grand retour d’Arnold. Celui qu’on attendait depuis si longtemps... Ce musée n’a pas été créé pour promouvoir la carrière d’Arnold. Ce n’est pas pour la star ou pour son image, mais pour ses fans. Arnold restera dans les esprits pour toujours. C’est comme ça. » On est bien d’accord, Randy, mais au lieu d’un autre volet de Terminator, est-ce qu’on ne pourrait pas plutôt le foutre dans une pièce avec Danny DeVito et les convaincre de faire une suite à Jumeaux ? Sérieux, parce que Junior, c’était vraiment de la merde.

 

 

 

 


LE LEXIQUE DES MECS D’OCCUPY WALL STREET

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
Les manifestants appellent ça des « meetings quotidiens ». Les groupes y votent sur des sujets importants comme « on continue à camper ici, hein ? » En général, ces réunions durent des heures.

COMITÉS
Comme tous les gauchos, les protestataires adorent se diviser en « groupes de travail », créer des comités pour des choses comme l’organisation sanitaire (un des plus importants), « l’action directe » ou les médias. Les suiveurs, quant à eux, passent leur temps à être tout bourrés et à lancer des « Ouaaais, il a raison ! »

LES 99 %
Les pauvres et la classe moyenne, c’est-à-dire les manifestants et tous les gens que vous connaissez – sauf si vous êtes millionnaire.

LES 1 %
Les riches, c’est-à-dire les méchants. Pour autant, tu peux être dans les 1 % et ne pas être un méchant si tu te pointes à la manif comme l’ont fait Alec Baldwin ou Russell Simmons. Même les communistes aiment les célébrités.

LE MICRO DU PEUPLE
Les manifestants n’ont pas le droit d’avoir de porte-voix ou de micro. Du coup, ils ont un système dans lequel le groupe répète tout ce que dit le porte-parole, rangée après rangée. Parfois ça peut être impressionnant. La plupart du temps, ça rappelle un battle de slam et c’est pourri.

LE « KETTLING »
Une tactique de la police qui consiste à rassembler les manifestants dans de petits endroits, souvent à l’aide d’un filet orange, afin de les arrêter plus facilement.

LES 53 %
Une campagne lancée via Tumblr en réponse aux manifestants, avec des commentaires de style : « Je suis un putain de pauvre malheureux comme vous bande de hippies de merde, mais je me plains pas. Et c’est pas une insulte. C’est juste une réflexion sur vos doléances stupides. »

#OCCUPYWALLSTREET, #OWS, ETC.
Un tas de hashtags que les gens utilisent pour faire croire qu’ils sont impliqués.

DES MÉDIAS CONTRÔLÉS PAR LES GRANDES ENTREPRISES
Tous les journalistes qui écrivent des choses négatives ou mitigées à propos du mouvement.

 


 

RHINOCIDE
TEXTE : HARRY CHEADLE
 

Photo : AP/Tawanda Mudimu



 

Les gens sont vraiment trop cons. Ce qui explique pourquoi des trucs comme la religion ou les superstitions continuent d’exister malgré les avancées de la science. Prenez, par exemple, la tradition vieille de plusieurs siècles qu’ont les Asiatiques de consommer des cornes de rhinocéros broyées pour se guérir d’à peu près tout, depuis le mal de crâne jusqu’aux corps possédés par un esprit malin. Les Vietnamiens sont carrément persuadés que cette connerie guérit le cancer, ce qui a récemment entraîné une vague de massacres de rhinocéros africains – 324 tués à la mi-octobre. C’est simple : les braconniers tirent sur l’animal innocent avec un énorme fusil, scient les cornes, les vendent pour environ 700 euros les trente grammes sur le marché noir et laissent le corps de deux tonnes pourrir au soleil. Apparemment, la chasse au rhino pour la gloire de rapporter un trophée chez soi est légale si elle est effectuée sous supervision. Mais les lacunes dans le système sont si nombreuses que le gouvernement envisage une interdiction totale de la chasse.

L’Afrique du Sud a multiplié les offensives. Ainsi, « Lucky » Maseko, un célèbre chasseur de cornes, s’est fait shooter par la police dans la réserve naturelle de Songimvelo. Une autre idée brillante des autorités est d’injecter du poison dans les cornes de rhino, ce qui devrait rendre très malade toute personne qui en consommerait (si tout se déroule comme prévu). Mais cette idée n’a pas été mise à exécution parce que, ben, vous avez déjà essayé d’injecter quelque chose dans une corne de rhino ? C’est plutôt compliqué.

La solution réside évidemment dans une loi qui interdirait à cette bande d’attardés de consommer des cornes de rhino. Les diplomates vietnamiens et sud-africains sont sur la bonne voie. Ils se sont rencontrés en septembre. L’un d’eux a même déclaré à la presse : « Nous devons nous débarrasser de la croyance erronée selon laquelle les cornes de rhinocéros peuvent guérir le cancer. » Sans blague ?

 

 

 

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