Music Reviews


 
CREEM
 
YOKO ONO, KIM GORDON & THURSTON MOORE
     
 
TOMMY LEE
 
KREAYSHAWN




 

FREDDIE GIBBS
Baby Face Killa

ESGN
 
 

Dans un monde soumis à ma puissance autoritaire infinie, j’obligerais tous les mecs qui lisent ce magazine à écouter « Kush Cloud » de Freddie Gibbs avec SpaceGhostPurrp et Krayzie Bone ; c’est le truc qui ressemble le plus à un vrai morceau Bone Thugs depuis que les années 10 ont commencé. Ça tue. Écoutez le refrain. Y’a des chuchotements lancinants qui font mo’ murda, mo’ murda et qui donnent envie d’entourer votre crâne d’un bandana assorti à la couleur – pétrole – de votre voiture de sport Pontiac, elle-même matchant lourdement l’épaisse chemise Dickies qui vous sert aussi de short, de dessous de table et de porte-bonheur. C’est la musique qu’écouterait Marlo Stanfield s’il existait pour de vrai et que j’écouterais plus souvent si j’avais moins de trucs relou desquels m’occuper.

JULIEN MOREL

 

YOUNG DRO
Ralf Lauren Reefa

Grand Hustle
Ça fait des années galactiques que les garçons se plaignent du fait que leurs copines ne s’intéressent pas suffisamment au rap, et au mieux que leurs maigres connaissances se limitent à des morceaux de rappeurs inoffensifs et de ratasses féministes aux talents discutables. Young Dro a oeuvré suffisamment de temps pour trouver l’équation magique qui permettrait au beau sexe de se désintéresser du torse malingre de Pharrell Williams et des leitmotivs marketés de Kreayshawn en faveur des weedés d’Atlanta, en alliant des instrumentales ralenties pour siestes crapuleuses à une cover mettant en scène un nounours aussi pelucheux qu’attachant. C’était pas bien compliqué, en fait.

KE$HA COLE
 

TOMMY LEE
Grim Reaper

U.I.G Records
J’adore la Jamaïque. Ce pays, qui tient un rôle prépondérant dans l’imaginaire shithead, a depuis quelques années fait amende honorable et produit actuellement la musique la plus malsaine et déconneuse qu’il m’ait jamais été donné d’entendre. Je crois que l’on peut résumer cet album de dancehall des ténèbres avec la punchline où Tommy Lee dit qu’il envoie des prostituées zombie sucer la bite des mecs qui lui en veulent avant de les assassiner pour qu’ils expirent dans d’atroces souffrances, la bite à la main. Ce mec est né pour faire chier les rastas blancs unite to take over du monde entier, et personnellement, ça me va très bien.

HAÏLÉ SYLLASSIÉ 1ER DU NOM

ALT-J
An Awesome Wave
Infectious Record

Tout bien renseigné, Alt-J, c’est le raccourci pour faire Delta sur un clavier qwerty. Je suis bien avancé, parce que quand je tape Alt-J sur mon clavier azerty, ça fait ça : Ï. Je sais pas trop ce que c’est comme lettre, mais je sais que j’ai réussi à faire un delta avec aucune des lettres qui me sont proposées. Passé cette anecdote de l’ère numérique, j’ai bien aimé Alt-J les quelques secondes qui se sont écoulées sans qu’un mec se mette à chanter avec cette voix si singulière de mec qui fait beaucoup d’efforts pour avoir une voix singulière qui ressemble finalement toujours à la même voix de mec qui essaie d’avoir une voix singulière – et qui toujours m’irrite au point que j’ai envie de péter mon ordinateur de rage et de désespoir, comme ces adolescents pourvus de TOC que l’on voit dans les émissions le soir après 23 heures.

ENNIO MARICON

 

MELLOWHYPE
Numbers

Odd Future
Ouais, on est au courant : vous aimez les skateboards, les croix retournées et Twitter. OK. Vous manifestez une passion pour les fringues à capuche et procédez à une lente mais vigoureuse déconstruction de chacune des valeurs qui ont constitué ce que vous êtes et qui s’appelle la société. Vous détestez vos parents. Vous détestez obéir. Vous êtes contre nous. Mais y’a un truc qui cloche. En fait, vous haïssez les mêmes trucs que les mecs qui parsèment leur chemin de comments injurieux et qui se retrouvent à buter des gens au hasard dans des salles de cinéma. Vous tournez autour d’un pot qui tourne autour de rien. Vous êtes des gros creeps qui foutez le bourdon à tout le monde et vous ressemblez de plus en plus à Be-Bop et Rocksteady, les mammifères mutants ennemis des Tortues Ninja. Je plains les kids d’aujourd’hui de grandir avec votre perception du monde autocentrée et merdique et pas avec C’est pas sorcier, Youri Djorkaeff et Pennywise.

JULES, LA MASCOTTE DE L’ÉQUIPE DE FRANCE 98
 

ZODIAC
Zodiac EP

Vase
Le bon R&B d’aujourd’hui ne synthétise plus
seulement les genres musicaux qui jadis le
regardaient de haut, c’est carrément la totalité des émotions humaines qu’il accueille chez lui, comme un psy fêtard qui ne se lasse jamais d’activer son réseau. Les morceaux de ce Canadien – qui a produit des tracks sur la première mixtape de The Weeknd avant de s’embrouiller avec eux –, c’est exactement comme si d’une part votre frère vous apprenait sa leucémie, que d’un autre côté une ex devenue hyper distante vous appelait soudain un peu bourrée un soir de semaine, et que parallèlement à tout ça quelqu’un vous mettait sous les yeux une côte de boeuf de Kobé – et plein d’autres miniscènes en arrière-fond aussi. Le côté trip-hop pour gens de 19 ans du truc est bien, en plus de ça.

ÉTIENNE MINOU
 


 
   
 

ARTHUR KING
Le Fric et le Sex
Mixtape

Putain ! Ce mix (souvent une sorte de mégamix
d’ailleurs) fonctionne comme une grande fête
de joie vide et spontanée, décontractée par du funk souvent d’origine variété. C’est aussi une sorte de document historique réalisé en direct de la France du milieu des années 1980, des radios libres, du Top 50,
des playboys frisés. On comprend direct que les producteurs français des années 1980 faisaient des morceaux club complètement du niveau des Ricains, alors qu’ensuite le funk zicos des années 1990 a méga cassé l’ambiance. Après il y a un truc fou dans la manière de chanter, les paroles, le climat relax, tout ce qu’on devine autour de la création hyper « j’ai ramené quelques copines un dimanche soir dans le studio d’un pote à Bagnolet » de ces hits trop mignons. Franchement c’est le meilleur disque sorti cette année en termes antidépresseurs.

ROMS ARRANGÉS

 


P!NK
The Truth About Love
Sony Music

Quand j’étais au collège, les filles choisissaient
l’idole pop qu’elles souhaitaient incarner en suivant le procédé de sélection d’un capitaine façonnant son équipe de sport collectif. Tandis que Britney Spears, Christina Aguilera et autres Mandy Moore raflaient les premiers suffrages, P!nk arrivait souvent bonne dernière, malgré ses efforts pour se démarquer des autres à grand renfort de paroles engagées et de colorations rosâtres. Dix ans plus tard, je n’ai pas vraiment envie qu’un petit gros délaissé vienne me chanter la vérité sur l’amour, d’autant plus lorsqu’il revient sous la forme d’une diablesse affublée de platform shoes et d’un porte-jarretelles apparent.

KEVIN SMITH & WESSON


V/A
Only 4 U: The Sound of Cajmere & Cajual Records 1992—2012
Strut Records

En marge de ses décisions esthétiques extrêmes qui ont successivement consisté à se teindre les cheveux en vert, porter une crête iroquoise et enfiler des lunettes de soleil à la nuit tombée, Cajmere a eu une illumination astrale qui l’a poussé à se réconcilier avec Dieu, conséquence d’un mélange malencontreux de substances psychoactives et d’une EMI. J’associe mes plus anciens souvenirs de messe à la consultation régulière de mon livre de prières qui me servait à déterminer le temps qu’il me restait à croupir sur ma chaire au fur et à mesure que les choeurs éructaient leurs psaumes. Chose que j’ai faite avec la tracklist de cette compilation, non pas par ennui blasphématoire mais pour mettre un nom sur les morceaux d’un mouton égaré qui tente de s’approcher
du droit chemin depuis maintenant vingt ans.

50 % SILK 50 % CAJMERE

 

RICARDO VILLALOBOS
Dependent and Happy

Perlon

Je crois que j’avais tellement oublié à quoi la
musique de Villalobos ressemblait que j’étais
presque surpris de ne pas être surpris en écoutant son nouveau disque. Triste époque, un peu, ces années où je kiffais spliffer ses sons tout élastiques et aqueux en pensant y entendre une révolution psychédélique digitale ; heureusement le temps passe et ce genre de tracks mi-dingos mi-cliniques sont pris moins au sérieux par les gens. On peut donc se contenter de les contempler comme des petits mobiles d’art contemporain où, depuis le sommet d’un faux rocher, une chute de cendres actionnerait la corde d’une micro-arbalète dont la fléchette empoisonnée transpercerait elle-même le gras du pouce d’un garçonnet.

ASHTON COÛTE CHER

   
 

BLUT AUS NORD
777 - Cosmophony
Debemur Morti
 
CONVERGE
All We Love We Leave Behind
Epitaph
Je vais me baser uniquement sur l’écoute objective de cet album et sur le fait qu’Amazon le décrive comme « le dénouement d’une trilogie des plus ambitieuses, à l’image du groupe » pour lui mettre un Smile. Bon, je n’ai pas entendu le début de l’histoire donc j’imagine le voir rater tous les enjeux, mais comme ce moment où tu vois Darth Vader réapparaître en esprit dans le village Ewok, tu te dis que tu aimerais bien savoir ce qui a amené là ce mec ; c’est pourquoi je suis assez curieux de savoir comment et pourquoi Blut Aus Nord en sont arrivés à baptiser un de leurs morceaux « Epitome XVIII ». Mais autant vous prévenir tout de suite, si c’est pour me parler de Nietzsche et d’Artaud, je vous mets un Barf direct !

LEDRU ROLLINS

Je sais ce que vous pensez, genre, c’est hyper
« VICE » de foutre un gros visage humilié dégueulant sur un album de Converge – attends, ils sont trop respectables, t’es fou, techniques et tout, maléfiques ! Arrêtez deux secondes. La plupart d’entre vous n’ont jamais écouté un album de Converge de leur vie et les seuls qui l’ont fait bossent pour des labels et aiment tout de toute façon. Je sais qu’ils sont probablement cool, qu’ils mangent des légumes achetés directement à leur producteur et qu’ils sont d’excellents pères de famille, mais des riffs super bien exécutés sur des doubles pédales parfaites, c’est un peu comme porter un Perfecto avec un jean repassé ou jouer dans un groupe de Oï et avoir un pénis de taille raisonnable : c’est OK, mais c’est RELOU.

MAÎTRE VIEUX

   

TRASH TALK
119
Odd Future
 
BUKKAKE BOYS
S/T
Sorry State Records
Trash Talk viennent de sortir un album chez Odd Future. Du coup leur musique ressemble un peu plus à de la vraie musique, mais ça va, c’est encore viril et transpirant et métallique et bête et bestial et on se sent toujours aussi bien quand on écoute ce truc en débardeur. Des fois ça ressemble à Madball, d’autres fois à 25 Ta Life et les meilleurs morceaux donnent envie de se réunir en cercle pour brûler une ANPE.

KELLY SLAUGHTER
 

Je pourrais vous parler de mes problèmes de fric,
de meufs, ou de tous les affects de type pisser sur la police qui me passent par la tête lorsque j’écoute ce disque, mais je sens que ça vous casse déjà les couilles. Tout ce que je peux vous dire, c’est que les Bukkake Boys sont considérés comme le meilleur groupe de hardcore d’Atlanta. Sachant que tous les meilleurs groupes de musique agressive de ces dix dernières années viennent du même coin, ça devrait être suffi sant pour vous convaincre de rajouter cet excellent album dans votre bibliothèque iTunes.

RAGGASONIC YOUTH

     

CREEM
S/T
Deranged Records
 
BO NINGEN
Line the Wall
Stolen Recordings

Ce groupe de Brooklyn est tellement bien que depuis que j’ai leur album sur mon iPod, je suis
devenu un homme nouveau. J’ai lâché tous mes principes de vie : j’ai arrêté de pleurnicher, de boire du thé et je mets un point d’honneur à bouffer de la viande à chaque repas. Mon espérance de vie a sans doute reculé de 30 ans, mais je suis hyper fier de ma nouvelle identité de Bromo-Sapiens Sapiens qui fait chier à la fois mes parents, ma copine, mes profs et mon proprio. Us against them, enculés !

THIN LIZZY McGUIRE

 

J’étais en train de me poser quelques questions sur la légitimité du concept de peuple à l’heure de la déterritorialisation en acte, de l’identité en réseau et du capitalisme en ruine, et puis je me suis marré pendant dix minutes en voyant un logo Parental Advisory sur un album où les gens chantent en japonais et je me suis rappelé que du haut de ma condescendance j’étais toujours français.

CARÊME BENZEMA

 
   


CHRIS COHEN
Overgrown Path
Capture Tracks

Bravo Chris Cohen, tu as réussi à me refaire aimer la musique gay dont même ma meuf avait fini par avoir honte. Elle possède pourtant beaucoup plus d’albums de Belle & Sebastian que moi.

ÉTIENNE DARON

 

DUM DUM GIRLS
End of Daze
Sub Pop

Je crois que mon rédac chef m’a collé ce disque entre les mains seulement pour pouvoir se foutre de ma gueule parce que je suis vieux. Sans déconner, quel emplumé de moins de 30 ans peut avoir encore quelque chose à foutre de Sub Pop ? Ça ne peut émouvoir que des mecs comme moi d’entendre des disques qui ressemblent tellement à The Jesus and Mary Chain qu’ils vont se faire avoir et trouver ça bien. Si vous voulez vous foutre de ma gueule, allez-y. Si vous croyez en revanche que ça va m’empêcher de porter mes tee-shirts Creation Records et mon badge Fugazi, autant me convaincre de me couper les couilles avec de tout petits ciseaux.

RICHARD, GOTHS ET NERFS

 

THE ALLAH-LAS
S/T
Innovative Leisure

En général j’en veux aux groupes qui me renvoient au visage l’ensemble des codes esthétiques d’une époque révolue parce que j’ai l’impression qu’ils me visent à bout portant à l’aide des vinyles collector des Zombies qui trônaient sur la platine de leurs parents pendant que leur famille parfaite célébrait son bonheur autour d’une galette des Rois pipée où chaque enfant allait pouvoir croiser la route rassurante d’une fève maternellement glissée, mais ce surf-rock à la gloire des après-midi tièdes, des premières rides et des costumes bien coupés me flatte tellement dans le sens de mes faiblesses que j’en oublie de me défendre et que je vais pas tarder à ne plus me rendre compte que les parents de ces mecs sont probablement artistes, chefs d’entreprise ou tortionnaires dans l’industrie pharmaceutique.

HUBERT MENSCH


TITUS ANDRONICUS
Local Business
XL Recordings

Je mets un Barf à ce truc mais ne vous y méprenez pas, cet album n’est pas foncièrement mauvais. J’ai même beaucoup de sympathie pour ces nerds du New-Jersey tout à fait sincères dans leurs intentions. Dans leur dernier album, à force d’évoquer des lendemains qui chantent des chansons de Neil Young près d’une cheminée, ces types et leur punk héroïque m’avaient presque convaincu que les gentils gagnaient à la fin. Deux ans ont passé, et je vis toujours dans une chambre de bonne merdique au 7ème étage sans ascenseur, je suis toujours obligé de taxer de l’argent à mes parents pour me payer mes clopes et j’entrevois de moins en moins la possibilité d’obtenir un jour un vrai boulot. Mettez votre tofu dans un doggy bag et cassez-vous avec vos bonnes intentions.

SYLLA OU LES 120 JOURNÉES DE L’AUTOMNE

 

SUN AIRWAY
Soft Fall
Dead Oceans

J’aime pas trop l’écriture à contrainte, les blagues initiatiques et le procédé rhétorique de la cadence mineure, mais si je me décidais à mettre un peu mes préjugés de côté pour parler de ce bréviaire du romantisme pop, je dirais qu’il ressemble à la fois au film que j’ai pas vu où Zoey Deschanel tombe amoureuse du mec qui joue Robin parce qu’elle l’entend chanter un morceau des Smiths dans l’ascenseur émotionnel de leur agence de pub dirigée par un ancien élu RPR, à la déflagration rock qui frapperait le monde du jeu vidéo si le festival Solidays sortait son propre RPG, et à un rebondissement dans un numéro de Magic RPM.

LE MASQUE ET CE PIPE

 

FRIGHTENED RABBIT
State Hospital EP
Canvasback/ Atlantic

Je crois que si ce disque n’était pas venu rétablir la vérité et que je m’en étais tenu à ce que j’imaginais jusque là de cette région hantée et tout de boue vêtue dont mon cerveau contenait il y a encore cinq minutes de ça l’humidité venteuse entre les quatre points cardinaux symboliques et bienveillants que constituaient l’humidité magique du monstre du Loch Ness, le romantisme rocailleux des Pastels, le visage peinturluré de Mel Gibson et les Lumières décadentes de Barry Lyndon, je ne me serais jamais rendu compte à quel point ça me déprimait de vivre dans un continent dans lequel le réel ressemble de plus en plus à l’Écosse.

SLAVOJ ZIZOU

 
     

YOKO ONO, KIM GORDON & THURSTON MOORE
Yokokimthurston
Chimera

La première piste de cet album dure 9 minutes 58 et trouve son principe narratif dans une série interminable de petits cris outrés que pousse une Yoko Ono dont la quête d’une jouissance désarticulée s’apparente toujours plus à une relecture érotique de la scène des Fourberies de Scapin où, après avoir redressé à coups de bâton les torts et l’avarice du vieux Géronte, le bouffon au nez sarcastique s’avance vers le public et lui fait une peinture scandaleuse des ravages de la ménopause dans l’art contemporain.

FESTIF DE LA BRETONNE

 
LIGHTNING BOLT
Oblivion Hunter
Load

 Même si les groupes à deux têtes me rappellent les formations honteuses à la Presidents of the USA ou ces groupes de rue qui tapent sur des tonneaux et font des percus à l’aide de tabourets en apportant la joie partout où ils jouent, putain, je me suis fait avoir. Lightning Bolt c’est bien en fait. C’est comme quand il y a presque vingt ans je découvrais Osaka Bondage qui enregistraient leurs conneries sur des cassettes ET arrivaient à les vendre à des cons comme moi. Même moi je faisais ça, c’était chanmé, c’était vraiment la naissance de la musique, la naissance de l’art, la naissance tout court. Putain si j’avais entendu Oblivion Hunter enfant, j’aurais monté une tribu avec mes potes, on se serait appelé « la tribu du bruit » et putain, on aurait vraiment fait chier tout le monde, vraiment tout le monde. Sauf nous.

LARBIN BASHUNG


JÉRÔME ECHENOZ
Le Chrome et le Coton
Enterprise/Third Side Records

Malgré ma profonde affection pour Tacteel et ses productions d’avant, cet EP affichait plusieurs caractéristiques en sa défaveur : un communiqué le décrivant comme étant « à la fois extrêmement formel et farouchement intime », des titres aussi évocateurs que « Catalogue Raisonné » et « Identificazione » ainsi qu’une volonté de se départir d’un premier pseudonyme au profit de son nom de baptême (une initiative qui n’a jamais rien donné de bon). Après l’écoute de ce maxi, force est de constater que mes préjugés ne me donnaient qu’à moitié raison ; si la musique a toujours autant besoin de synthétiseurs secs et anachroniques, les rengaines françaises ne cessent d’éveiller en moi l’envie de m’adonner à une activité foncièrement triste, comme m’asseoir sur une chaise et regarder les gouttes d’eau sur ma fenêtre.

CURTIS ZETA-JONES

 

KREAYSHAWN
'Somethin 'Bout Kray
Columbia/Sony

 

 Dire que ce disque est horrible est à peu près
aussi abusé que de trouver Cinquante nuances
de Grey
« trop mal écrit et hyper gnangnan » : il
nous faut donc dépasser ce premier jugement et chercher l’éventuelle existence d’un public sur qui ce truc fait vraiment son petit effet. On a un track vraiment cool, quasi attachant, sur « l’été », qui détonne un peu comme une meuf iranienne aux traits modiglianesques dans une soirée de rates bourrées de l’ESC-Rouen. Sinon le projet des DA derrière tout ça ressemble parfois à une réunion de créas parisiens dans la ziquemu en 2008, c’est troublant : on dirait une blague de hipsters pourrie, mais en fait c’est un peu comme les Brigitte (et Cinquante nuances de Grey, d’ailleurs) : le résultat est apprécié de MILF extrêmement bien dans leur peau et ça craindrait vraiment de s’opposer à ce qu’elles mettent ça pendant qu’elles vous ramènent chez elles près d’Avignon.

MARLON BRANDO & MONICA

 

 

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