Music Reviews


 
J VELEZ
 
FOXYGEN
     
 
KINGDOM
 
CHRIS OWENS




 

JUELZ SANTANA
God Will'n

Internet
 
 

Passé le léger coup de déprime ressenti lorsque j’ai su que Juelz allait sur ses 31 ans, j’ai été content d’écouter ce truc, comme on est content de revoir son cousin ou comme on est content de recevoir un appel d’Étienne Menu à 23 heures un vendredi soir pour nous avertir d’une soirée chez des bourges à Filles du Calvaire. 72 % des morceaux sont bien, les autres sont catastrophiques, mais je vois mal comment je pourrais lui en vouloir, ce mec a déjà changé ma vie trois fois, il pourrait même faire un featuring avec Lloyd Banks que ça ne me dérangerait pas. D’ailleurs il en fait un, et ça ne me dérange pas. Au rythme où vont les choses, il y aura un revival 2005 d’ici trois mois et comptez sur moi pour me créer un compte Myspace, demander à ma sœur de me faire une profile pic au format .gif, ajouter Lola Oui et foutre tout le Dipset dans mon Top 8 d’amis.

MOB MARLEY

 

KINGDOM
Ralf Lauren Reefa

Grand Hustle
J’ai des parents chrétiens de gauche, je fais partie des personnels enseignants de l’Éducation nationale et je prends très au sérieux la mythologie flatteuse des hussards noirs de la République. Tout ça peut bien expliquer que j’aie jamais été très sensible à la cause monarchiste ; mais je crois que si on m’avait prévenu un peu plus tôt qu’il existait désormais des royaumes dans lesquels il n’est plus du tout question de fleur de lys, de perruques nobiliaires et de primogéniture masculine, et que le néo-monarchisme américain issu du dub et de la plateforme en ligne Tumblr consistait principalement à disséminer des fragments de couplets de Ciara et des petits cuts hystériques d’Usher le long de rythmiques agressives ponctuées d’échos synthétiques et de basses surplombantes, j’aurais peut-être revu mon système de valeurs, et je serais pas en train de flipper à propos de la visite de l’inspecteur, des après-midi jeux de rôle à l’IUFM et de ma future affectation dans un collège ambition-réussite de la moyenne couronne.

HUBERT MENSCH

V/A
Loosies
Fool's Gold

Pendant que le cloud-rap fait resurgir le fantôme du hip-hop jazzy middleground, A-Trak a quant à lui l’idée méga pertinente de faire exactement la même chose avec le créneau juste à côté, à savoir le bro-rap de compile à concept. Dans le plus pur esprit des albums de High & Mighty et des séquelles de Soundbombing 1, on a droit à une série d’instrus qui sonnent comme des presets de trap arrangés par des compositeurs pour jeux de baston par ailleurs ex-fans de Co Flow. Les mecs rappent comme des animateurs de colo ayant obtenu leur BAFA de justesse, y compris El-P, qui pourtant gérait pas si mal son retour jusqu’ici. J’allais essayer d’être indulgent pour conclure mais je viens de revoir l’artwork et vraiment c’est pas possible : désolé Alain, mais tu t’égares trop sur ce coup-là.

MENU & MENU INTERNATIONAL CORP.

 

A$AP ROCKY
LongLiveA$AP

Universal
Alors évidemment qu’on ne s’attendait pas à un truc incroyable ; Rocky a grave la pression, il sort son deuxième long-format en à peine un an et s’est entre-temps transformé en version new-yorkaise de Joey Starr circa 1991, quand il passait dans Rapido. Mais ce n’est pas non plus une raison pour ne choisir que des instrus cloudées mi-figue mi-Reason qui réaniment, sous des atours certes différents, le cadavre du rap jazzy pour bas de jogging molletonné de 2002. J’ai envie de dire, tout le monde est perdant dans cette histoire : Rocky, le cloud-rap, les meufs, les stylistes – quoique non, pas les stylistes, puisque le disque contient un morceau « spécial marques » qui semble avoir été commandé par les éditions Condé Nast.

A$AP ? OKI :-)


 
   
 

RHYE
The Fall
Mixtape

À l’écoute de ces dix titres où une voix suave surnage sur des instrus sirupeuses, j’ai eu l’impression d’être ma mère bloquée dans un ascenseur avec Moby. Et vous savez ce que j’ai ressenti, assise par terre après 20 minutes sans échanger un mot avec ce séduisant artiste à lunettes ? Que je m’octroyais une pause loin de mon quotidien et que si ça ne valait pas les trois semaines à Tahiti que je compte bien me payer pour mes 60 ans, c’était déjà ça de pris. D’ailleurs, ça ne m’aurait pas dérangée de rester bloquée plus longtemps si je n’avais pas eu cette soudaine envie de pisser.

AUNG SANS SUSHI

 


J VELEZ
MMT Tape Series: Home Recordings 1996-1999
Rush Hour

Dommage que les morceaux de cette compilation aient été réalisés il y a quinze ans parce que j’aurais bien aimé leur décerner un titre honorifique de fin de l’année, le prix du mérite par exemple, ou celui de la meilleure musique à écouter assis. Apparemment, J Velez aurait produit ce truc depuis sa chambre du New Jersey après avoir écouté Drexciya puis en essayant de faire la même chose, sauf que non, il a plutôt créé sans faire exprès la house lo-fi de maintenant depuis le passé, ce qui, il faut bien l’admettre, le place tout de suite dans cette situation très inconfortable de R. Stevie Moore de la musique électronique. En plus d’être positivement bons, les tracks sont également à même d’impressionner les amateurs de constructions savantes et de compositeurs allemands, sans oublier la O.Lammosphère, le forum Ixmusic et les ingénieurs en biométrie. Je me demande si quelqu’un peut dire du mal de cet album en fait, même les mecs de Wire doivent l’aimer.

JIMMY MORE HELL


TORO Y MOI
Anything In Return
Carpark Records

Je me suis déjà fait avoir plein de fois par Toro Y Moi : la preuve, en dépit de sa paresse manifeste, de sa démarche bedonnante et de la regrettable conjonction de coordination en forme de vagin qui trône au beau milieu de son nom, il m’a fallu trois albums pour me rendre compte que ce pétillant Américain était foncièrement espagnol. Heureusement pour moi, mes cinq sens ou du moins les deux ou trois d’entre eux qui daignent encore faire leur boulot, ont fini par me révéler la vérité dans toute sa maléfique étendue, et quelque déception que m’ait causée cette épiphanie funeste, je lui suis redevable de m’avoir ouvert les yeux sur les conséquences à long terme de ce projet architectural dément qui consiste à dissimuler sous un héritage prétendument dance une volonté féroce de mettre en œuvre tous les moyens possibles pour finir par transformer une fois pour toutes Internet en bar lounge.
THOREAU Y GOY

 

LEGOWELT
The Paranormal Soul

Clone

Ça me fait franchement mal au cœur de ne pas avoir plus aimé ce disque, sachant que je soutiens aveuglément depuis facilement dix ans la dance music obstinément roots. Mais cette fois-ci, je sais pas ce qui se passe, le mec cabotine vraiment trop. Le dossier de presse parle de « seedy witchcraft rituals » alors que cette musique n’a, entre nous, plus rien d’occulte, les mélodies sont prévisibles, mais sans être aussi sereines et rassurantes que d’autres choses du même genre, et surtout avec son énorme collection de synthés, Legowelt pourrait quand même un peu varier sa palette sonore qui ressemble de plus en plus à un camaïeu de vert, parfois bouteille, parfois sapin. Bref, c’est globalement relou mais je pourrai le mettre la prochaine fois où je ferai de l’autoroute avec mes parents.

ZARMAGEDDON

   
 

ALTERED BOYS
S/T
Katorga Works
 
FRUSTRATION
Uncivilized
Born Bad
Un album de 7 morceaux qui dure moins de 7 minutes ? Bravo, ces mecs ont réussi à flirter avec la durée minimum avant laquelle un morceau de hardcore stylé se transforme en grindcore relou, sans jamais franchir la ligne de non-retour. Et je dis ça, sachant pertinemment qu’une rapide recherche Google Images révèle la désagréable habitude de votre bassiste de porter des bermudas cargo à motif buisson, ce qui n’était pas loin de tout faire capoter et de vous amener droit vers les contrées maudites des guitares sept cordes et des doubles pédales de grosse caisse.

JOHN & SARAH CONNARD

Je me souviens de la chute du mur de Berlin, du démantèlement progressif de l’U.R.S.S et d’Igor Kolyvanov menant l’équipe de C.E.I à l’Euro 92, mais j’étais tellement petit que pour moi, ces gens aux yeux bleus et à l’habit rouge étaient genre aussi dangereux que mon père. Ce n’est qu’après, au contact d’enfants qui n’avaient pas grandi comme moi dans une famille en faveur de la domination du prolétariat, que j’ai compris pourquoi le réalisme socialiste foutait les boules à mes instituteurs, aux présentateurs d’Antenne 2 et à la mère d’Adrien Mathurin qui m’accueillait pourtant régulièrement chez elle pour jouer à la Game Gear avec son fils. Le nouvel album de Frustration capture à merveille ce sentiment d’émerveillement et de crainte propagé par les images d’archives de travailleurs fiers, manipulant l’acier pour balafrer le paysage bourgeois en jurant de ne surtout jamais s’amuser. Ces mecs sont tellement énervés qu’on dirait qu’ils vont construire un pont.

LE XXÈME SIÈCLE DE NOTRE ÈRE

   

NO ZODIAC
Population Control
Seventh Dagger
 
PISSED JEANS
Honeys
Sub Pop
Quoi qu’on en dise, ce genre de brocore ultra véner de gros à bouc est un mal nécessaire. Je m’explique : bien que parfaitement inaudible pour quiconque ne possédant pas un taux de testostérone comparable à celui d’un fan de free-fight, ces mongoliens musclés agissent comme des régulateurs de la scène punk. En gros, sans ces mecs-là, on n’aurait que des poseurs aux soirées United Punks. Je n’irai donc pas jusqu’à vous recommander d’écouter cet album, mais ayez quand même une petite pensée pour eux la prochaine fois que vous serez dans le pit avec nous.

HAÏLÉ SYLLASIÉ 1er
 

Je sais que j’ai écouté le dernier album de Pissed Jeans il y a trois ans, mais je ne me souviens plus du tout de ce à quoi il ressemblait. Il était bien je sais, mais je crois que celui-ci est mieux. Ils ont à la fois envie de ressembler plus à Tad et plus à Mudhoney, résultat ils ressemblent à Soundgarden, mais c’est pas une insulte, c’est même plutôt un compliment pour les mecs qui comme moi, n’ont aucun goût en musique. Quand j’écoute ça, j’ai envie d’enlever la neige devant chez moi en râlant, regagner mon canapé en râlant et jurer de ne plus jamais investir un seul centime dans des fringues de ma vie, à part pour une veste en polaire, en pissant.

KELLY SLAUGHTER

 

CRAZY SPIRIT
S/T
Toxic State
Crazy Spirit réunit un frontman à la voix maléfique qui vomit des paroles où il est essentiellement question de revanche, un riffage impeccable et une qualité sonore qui rappelle un magnétoscope VHS branché sur une Master System. Rajoutez à cela une batterie galopante d’influence western et vous obtenez un album qui en plus d’être d’excellente facture, innove. Dans un style musical qui n’a pas innové depuis sa création, c’est le genre de trucs à marquer d’une pierre blanche. Le pourcentage de chance de voir ce phénomène se réaliser est d’ailleurs aussi important que celui de voir un jour la paix sur le continent africain, ou mieux, de voir une amélioration du marché du travail avant la fin de mes études.

THIN LIZZY Mc GUIRE
 
   


BEACH FOSSILS
Clash the Truth
Capture Tracks

J’ai vachement de mal à juger de la musique aussi insignifiante. Je pourrais bien l’emporter en vacances pour l’écouter sur l’Autoroute du Sommeil en bagnole, ce serait toujours mieux qu’Autoroute FM. Mais une fois arrivé à Madrid, je me ferais braquer ma caisse et piquer les 50 CD que j’avais apportés pour échapper à la FM espagnole qui est pire que la FM française et je ne serais pas du tout triste que le CD de Beach Fossils ait disparu parce que finalement j’en aurais rien à foutre, j’avais déjà entendu des trucs comme ça autrement plus transcendants et il me suffirait d’aller chez un soldeur local pour trouver une sortie indé tout aussi insignifiante. Ça me permettrait de tenir jusqu’à la mer en montant un peu plus le son à cause de ma vitre cassée, qui à 150 km/heure provoque un bruit qui ressemble à celui d’un enfant qui pleure.

JEAN-MARC ENROE

 

UNKNOWN MORTAL ORCHESTRA
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Jagjaguwar

Même si Unknown Mortal Orchestra se sont fait connaître sur Bandcamp et ont été promus par des blogueurs, j’ai de la sympathie pour les groupes de Nouvelle-Zélande. Il faut un sacré paquet de détermination pour faire quelque chose de son destin quand on vit isolé au bout d’un monde qui n’était même pas consacré par la science il y a encore quelques siècles de cela. Quand on vit parmi les moutons, les champs et les tournages de films avec des petits mecs aux pieds poilus, comment se dire qu’on peut tirer quelque chose d’une guitare ? Bon courage ! Alors même si en plus d’être un groupe Bandcamp ils se mettent parfois à ressembler à Lenny Kravitz, j’encourage Unknown Mortal Orchestra à persévérer. J’ai passé un si bon moment à écouter leur album fait de petits sons aigrelets hyper samedi après-midi devant France 2 que je pourrais me surprendre à le réécouter.

JEFF GOLLUM

 

GUARDS
In Guards We Trust
Black Bell

Apparemment le chanteur de ce groupe est le frère de la meuf de Cults, et bien qu’il me soit arrivé plus d’une fois de me repaître de la naïveté en sourdine de « Go Outside » dans le secret de mon appartement et le silence féminin de mon intimité, j’ai assez envie de me livrer paresseusement à l’une de mes principales pentes et d’hoqueter dans une ultime suffocation populiste que j’en peux plus de ces familles en or d’artistes héritiers dans lesquelles tout le monde fait la même musique insipide autour des mêmes sentiments en toc et des mêmes crudités en salade.

SLAVOJ ZIZOU

 

THE GROWLERS
Hung At Heart
Everloving Records
Sympas, les Growlers ! Aucun projet, aucun avis, une bonne culture western, une vague culture skateboard, une Licence en cinq ans, un échec au permis, la même petite copine depuis la Terminale, des levers à onze heures, des levers à onze heures trente, des recueils de nouvelles, des boulots à mi-temps, plusieurs albums des Byrds, des vacances en famille, des chemisettes, des ambitions françaises et leur transformation magique en vies californiennes.

FESTIF DE LA BRETONNE

FOXYGEN
We Are the 21st Century Ambassadors of Peace and Magic
Jagjaguwar

Donc si j’ai bien compris, ces types aiment l’orgue, le San Francisco des années Beat, le Summer of Love et les titres longs qui font chier. Merci pour ces infos, je suis maintenant à 99 % sûr que ces mecs ont appris la guitare avec Ben Harper et qu’ils portent une grande quantité de chapelets autour du cou, voire qu’ils ont même déjà passé une année en Erasmus dans un pays d’Asie du Sud-Est. Ma boule de cristal de haine me confirme aussi qu’on les retrouvera banquiers, publicitaires ou cadres dans une entreprise cotée au CAC 40 à l’aube des années 2020. Attendez, je vois autre chose ; leur album pue le maïs grillé et personne ne s’en souviendra dans un an.

RAGGASONIC YOUTH

 

CHRISTOPHER OWENS
Lysandre
Fat Possum

Depuis quelques mois, je gagne ma vie en traduisant des news pour une agence de presse anglaise spécialisée dans les « people » et la « mode ». De fait, si Voici et Public m’avaient déjà tout appris sur lesdits « people », je me surprends depuis peu à pouvoir tenir des bribes de discussion sur la « mode », et à décortiquer le monde sous le prisme de nouveaux noms qui, il n’y a pas si longtemps, seraient passés au travers de mes filets culturels. Quand j’ai entendu parler de Christopher Owens, j’ai tout de suite pensé à Rick Owens, le célèbre créateur, chantre du minimalisme et je me suis dit, si ça se trouve, ils sont frères. Eh bien pas du tout, puisque Christopher Owens n’est pas le frère de Rick Owens, ni même son fils mais j’ai appris sur sa page Wikipedia qu’il était devenu une égérie de Saint Laurent Paris, photographiée par Heidi Slimane. Alors sérieux, sa musique m’emmerde, mais avec une info pareille, je fais une breaking news direct !

BALENSWAGGA, PARFUMS

 

STRESS
Conspiracy Theory
Dark Entries

Comme je m’ennuyais un petit peu en écoutant ce best-of des Anglais de Stress, j’ai réécouté un album que j’ai chroniqué le mois dernier et auquel j’avais collé un smiley éclaboussant le monde de tout son vomi. Je dois dire que je trouve mon jugement un peu sévère puisque l’album en question, tout comme Conspiracy Theory, d’ailleurs, s’accorde parfaitement avec une longue virée dans votre caisse d’occasion, une soirée jeux vidéo ou toute autre activité où le rôle de la musique est de combler les blancs de la discussion ou d’empêcher votre coloc d’entendre ce que vous dites.

GASPARD ROGER

 

FOALS
Holy Fire
Warner
Cet album est tellement bien qu’on en a fait une pub pleine page dans le dernier numéro. Courez l’acheter sur iTunes !

YO ! MTV CRAP
     

E+E
Smile EP
Internet

Elijah Crampton est un jeune artiste américain qui ne se sert que d’applis gratuites pour faire sa musique et qui en sort des morceaux eux-mêmes très gratuits dans leur intention, de type slow-jam flou avec samples de Bieber ou beats mexicains tribaux sur boucle de Steve Reich. Le mec se fout clairement de la notion de produit fini comme il doit également négliger l’idée de qualité de vie et on revient du coup sur ses tracks en se demandant chaque fois si l’on a pas oublié d’entendre quelque chose ou si lui n’a pas zappé un truc. Ça donne un genre d’œuvre participative déconneuse, semblable à une fresque de questions-réponses gravées sur le mur d’un monument touristique quelconque.

BRANDADE & MONICA

 
SCOTT WALKER
Bich Bosch
4AD

 Le premier titre du nouvel album de Scott Walker, « See You Don’t Bump His Head », est de loin le truc le plus stressant que j’aie entendu depuis la fois où mes voisins du dessus ont dansé la salsa la moitié de la nuit. Je suis reconnaissant envers Scott Walker d’avoir voulu faire une musique qui procure des émotions plutôt qu’un truc chiant qui « pousse à la réflexion » mais un jour prochain, les titres de Bish Bosch serviront de bande son à un snuff movie norvégien dont les victimes seront des chatons aux yeux cousus. Et ce jour-là, la société se demandera, impuissante et légitime, quel monstre est capable de faire une chose pareille, sans qu’on ne parvienne à déterminer si elle parle du boucher de Bergen ou du musicien.

LUKE SCOTWALKER


AAMOUROCEAN
L'âge atomique OST
Ventura

J’écoutais France Culture d’une oreille lorsque soudain, un morceau de R&B digitalisé a surgi de nulle part. Ma nana m’a dit qu’il s’agissait certainement de OffLove, dont je suis aussitôt allé écouter le Soundcloud. Faute d’identifier le titre en question, j’ai écrit un message FB à l’invité qui avait passé le track dans l’émission. Il m’a alors répondu qu’il aimait beaucoup OffLove mais qu’en l’occurrence, le morceau était de lui et faisait partie de la B.O d’un film réalisé par sa sœur, B.O qu’il a d’ailleurs entièrement composée. Il s’appelle Ulysse Klotz et fait partie d’un collectif du nom d’Aamourocean qui fabrique une espèce de soul prog futuriste vachement bien. Par ailleurs, et ça n’a rien à voir, Ulysse est l’ingé-son des stripteaseuses « burlesques » qui jouaient dans Tournée d’Amalric, et vu ses photos de profil, ça a l’air de le ravir.

BOULE ET BITE

 

BLINK-182
Dofs Eating Dogs
Viking Wizard Eyes

 

 En 2003, Blink-182 entamait ce qu’il convient d’appeler un virage musical : ils étaient devenus adultes après avoir découvert The Cure et l’existence des claviers, se sapaient tout en noir et abordaient des thèmes que les plumes de Rock Mag qualifiaient de « sombres ». À cette époque, je me posais deux questions d’égale importance : où trouver une paire de Macbeth dans le sud de la France et comment convaincre Marie de sortir avec moi à la soirée post-bac ? J’ai jeté les pompes au bout de six mois et Marie a fait pareil avec moi pas longtemps après mais c’est bon de voir que, dix ans plus tard, il y a des choses sur lesquelles on pourra toujours compter, comme la recette du gâteau au yaourt, l’augmentation du prix des timbres et la musique de Blink-182.

GEORGE W. BROUSSE

 

 

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