PARIS - LES CLUBS CA CRAINT (ENCORE PLUS QU'AVANT)

Image 1L'autre jour alors que j'étais dans une boîte de nuit parisienne de « bon goût » (un sinistre club), m'est venue une terrible impression de déjà-vu qui ne m'a pas quittée. Je m'ennuyais. Pour traduire plus exactement ma pensée, on peut même dire que je me faisais chier. Tant et si bien que je me suis demandé depuis quand je ne m'étais pas fait chier de la sorte, et j'en suis arrivé à la conclusion que cette sensation d'ennui absolu ne s'était manifesté dans ma vie qu'à l'écoute d'un disque de jazz chez mon oncle jazzy il y a de cela une dizaine d'années - d'autant plus que sa musique de merde niquait l'intrigue du film Ghost Dog qui passait à la télé. En vagabondant un peu, j'ai remarqué que la plupart des gens dans la salle s'emmerdaient tout autant. Je me suis alors exclamé intérieurement : « MAIS PUTAIN  OUAIS ». J'avais enfin trouvé pourquoi les soirées en club étaient encore plus pourries qu'à l'époque de mes 17 balais. Voici une ébauche de ce qui m'est passé par la tête à ce moment-là.


LES NOUVELLES BOUTEILLES DE HEINEKEN

Heineken


Tout part de là. Les bouteilles de bière nouvelle génération sont le cancer qui a gangrené peu à peu ces manifestations culturelles que sont les soirées électro. Leur packaging audacieux et la matière composite avec laquelle elles sont réalisés ont propulsé à elles-seules l'arrivée des musiques électroniques cool alors qu'on prédestinait déjà la disparition tant attendue des dj's. Ces merdes esthétiques ont lancé la minimale, la fidget et ont participé à la création de la blog-music 2.0.

>>> LES NIGHT-REPORTERS
The_Cobra_Snake
Les photographes de soirée, aussi appelés « 'tographes de résoi » par les quelques chanceux insiders, sont apparus au moment où les bouteilles customisées ont débarqués dans les bars de nos meilleurs "lieux". Coïncidence ? Certainement pas, puisqu'il paraît évident que ces preneurs d'instant sont soudoyés par les marques d'alcool pour promouvoir leurs nouvelles bouteilles. N'a t-on jamais vu le "Snake" sans sa célèbre Bud cuivrée ? Que serait Last Night Party sans les rétributions de la part des brasseries Guiness ? Le Facehunter sans sa Faxe ? Sans doute un triste pétard mouillé.
>>> L'ABONDANCE DE COKE

Snorting

Les serial-shooters de la pellicule le sont tout autant avec les drogues semi-dures du monde de la nuit. Ils ont introduit la coke et démocratisé l'utilisation du MDMA dans l'enceinte de nos clubs fétiches ! C'est en partie à cause d'eux si l'image de la franch touch des années '00 est salie par les prétendues « sniff parties » entre deux dj  sets remplis des pires turbines du moment. Peut-on établir une relation de cause à effet entre « performance au nom de l'image », « utilisation d'un dopant euphorique » et « grosse musique de merde » ? Tout à fait.


>>> LA MULTIPLICATION DES BLOGS
Sofresh
À votre avis, comment font les bloggers pour être aussi en phase avec l'actu tout en restant toujours à disposition pour répondre aux mails de la part de leurs fidèles lecteurs internautes ? Comment peuvent-ils spinner la dernière sélecta Discobelle puis repartir bûcher sur une nouvelle scène portugaise d'eurodance la seconde d'après avec la même passion ? La coke. Triste vérité que celle-ci, mais les « nouveaux journalistes » s'en mettent plein la gueule pour rester au top. C'est même à cause de la cocaïne qu'une nouvelle génération de bloggers amenés par Buzz en Direkt est née, dans le but de faire régner un nouveau fascisme international sous l'ordre de Switch et Hervé.
>>> LES MEUFS DE L'i-PHONE
Iphone girl
Ne dit-on pas que les meufs savent toujours se mettre en valeur lorsqu'un nouveau support fait son apparition ? Après avoir profité des progrès technologiques et être apparues sur des plate-formes inespérées comme les publicités online pour les équipements électro-ménagers, elles se mettent à leur tour à « twitter » et à « blogger » comme leurs comparses masculins. Mais en y rajoutant une touche de glamour et de liberté : elles updatent leur statut par i-Phone. Il n'est pas rare qu'en club, elles réussissent à saisir un épisode pertinent (une blague de la part d'un pote gay, un avatar « trop chaud » sur Myspace) et qu'elles en fassent profiter tous leurs contacts via Facebook. C'est « fun », « facile » voire, « déprimant ».
>>> LA HAUSSE DU PRIX DES BOISSONS
Flamboyant_bartender
Pas dupes pour un sou et disposants d'une parfaite maîtrise des lois du marché, les patrons de boîtes se sont empressés de faire grimper les prix quand ils ont pris connaissance de l'existence des « meufs de l'i-Phone ». Comprenants qu'ils étaient en face de grosses connes pleines de blé, ils n'ont pas mis longtemps avant d'augmenter le prix des bières au comptoir. De là à dire que c'est à cause des twitteuses arrogantes (et non pas de la conjoncture actuelle) que l'on ne peut plus se mettre la mite en club, il n'y a qu'un pas. Permettez-moi de le franchir.

>>>FUMER DANS UN FUMOIR
Fumoir
La loi sur les dangers du tabac ne tient pas la route. Pas plus que la prévention des non-fumeurs qu'il faudrait tenir à l'abri de l'odeur des goudrons. C'est plutôt une terrible machination imaginée par les patrons de clubs eux-mêmes pour convaincre les plus réticents de venir en soirée : ils misent sur la rencontre autour d'une clope, la discussion, le plaisir de se retrouver en communauté. C'est parce que les boissons sont chères et que tout le monde s'ennuie que les fumoirs ont été crée. Un peu comme une sorte de fête dans la fête. Malheureusement, on y retrouve le plus souvent des cons bourrés qui raconteront des histoires ineptes, avant de gerber sur les sneakers de leur meilleur pote leur Heineken nouveau modèle.
JACQUES TOUT BON

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