VICE FASHION - LES LO-LIFE NE PORTENT QUE DU RALPH LO

À la fin des années 1980 à New York, une petite bande de cailleras du coin ont décidé de brûler toutes leurs sapes Cross Colors, Karl Kani et autres bombers Schott et ont juré de ne plus jamais porter que des fringues Ralph Lauren. Comme la frénésie pour Lacoste plus tard en France ou Fred Perry pour les hools anglais, cette démarche était en fait une appropriation du style des hautes classes sociales par une bande de prolos délinquants sur les bords.
Les Lo-Life ont pris leur nom en référence à Polo, l'une des lignes sportswear de la marque Ralph Lauren. C'est en général ce que les riches portent lorsqu'ils vont faire des activités sportives pour gens de leur condition sociale, comme naviguer en bateau ou jouer au tennis.
Rack-Lo, en compagnie de son ami Thristin Howl III, étaient au cours des années 1990 les parties émergées de l'iceberg Lo-Life. Ils étaient les rappers stars du crew. Aujourd'hui, Rack-Lo organise des rencontres entre fans inconditionnels de la marque au joueur de polo, et est toujours considéré comme le parrain du style Lo-Life.

Vice : À partir de quand as-tu commencé à ne plus porter que du Polo ?
Rack-Lo : Quand j'ai découvert la marque Polo de Ralph Lauren, ça n'avait rien à voir avec la publicité ni aucune sorte de média. C'était un truc de rue. À la fin des 80's, les mecs de mon quartier avaient pour habitude de voler du Polo. J'ai donc du voir pour la première fois des fringues de la marque quand j'avais dix ou onze ans.
Je ne me suis rendu compte que très récemment que toutes ces fringues Polo de début 90's étaient vraiment bien, en fait.
Eh bien, c'est justement cette époque qui plaît et c'est ce lo-lifestyle que nous cherchons à mettre en valeur - nous voulons qu'il grossisse et s'étende. Nous sommes perçus comme les dieux de la Lo-culture. Tout le monde est le bienvenu, je sais qu'il y a des Lo-heads tout autour du monde qui sont à fond sur ce mode de vie. On a même de l'influence dans le monde de la mode. Mais il faut connaître l'histoire du mouvement si tu veux t'en sentir proche.

Je suis convaincu que la plupart des lignes de vêtements Ralph Lauren du début des années 1990 ont eu un énorme impact sur le streetwear des quinze années qui ont suivi; Supreme a même été jusqu'à copier tout une série de sapes. Rockers a aussi pompé toute la gamme de manteaux de ski.
Premièrement, il faut savoir que sans les Lo-Life, Ralph Lauren n'aurait jamais été mentionné dans la culture hip-hop. Nous avons réussi à faire accepter la marque. Avant que nous ne portions la marque, ça n'avait jamais existé dans le hip-hop. Ralph Lauren est une marque influente et en constante évolution, c'est pourquoi plein de gens s'en sentent proche et deviennent des inconditionnels. Il est donc naturel que d'autres marques la copient, voire la plagient dans certains cas. Il y a quelques marques qui ont plagié les patchs, logo ou symboles Ralph Lauren. Il suffit de jeter un coup d'oeil à la marque de Fabolous, Rich Yung. C'est très influencé par Polo. Supreme a aussi fait la même chose. Tommy Hilfiger l'a fait, mais de la manière la plus naze qui soit. Il y a même une marque qui a récupéré l'ours Lo-Life pour en faire un concept et un produit.
Quels sont les vêtements de la gamme Polo que tu préfères ?
J'essaie tant bien que mal de récupérer des éditions limitées. Pour moi, l'âge d'or de Ralph Lauren se situe entre 1986 et 1991. J'aime tout particulièrement leurs symboles voyants et flashy. Je ne me sens pas concerné par les patchs trop petits ou trop conventionnels. J'aime que mon style soit lourd et coloré.


T'as jamais eu envie d'arrêter toute cette histoire de Lo-Life ?
Non. On a toujours fait ça d'un point de vue hip-hop, du point de vue « rue ». Pour nous, c'est un véritable mode de vie. J'ai porté du Ralph Lauren pendant tellement d'années et j'ai tellement sacrifié de choses pour en avoir que je ne pourrais jamais m'arrêter. Quand on a commencé à collectionner du Polo, on était à fond et on faisait plein de conneries pour en avoir le plus possible; nous avons fait en sorte de populariser Polo dans tous les clubs hip-hop durant les années 1990.
Tu n'as pas l'impression d'avoir laissé passer d'autres jolies fringues à cause de ton obsession pour Ralph Lauren ?
Non, la question ne s'est jamais posée. Si ce n'est pas du Polo, je ne peux pas en porter. Je suis un accro et cette passion ne s'en ira jamais.

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