« Finis-moi ! » : on a testé la machine suceuse de bite à commande vocale

Commercialisé fin juillet, le dernier sex-toy Autoblow dispose d’une fonctionnalité de commande vocale, d’une « bibliothèque de fellations » et de la possibilité d’ajuster la circonférence du fameux Penis Gripper.

L’Autoblow a déjà parcouru un bon bout de chemin. Présenté pour la première fois en 2008 par Brian Sloan, il était décrit comme « le sex-toy masculin du futur » sur le site web originel.

« La technologie a apporté d’innombrables avancées dans tous les aspects de nos vies », pouvait-on lire sur ce site. « Nous roulons maintenant en voiture, prenons l’avion et surfons sur Internet. En ce qui concerne les jouets sexuels, l’avancée technologique de cette décennie n’est rien d’autre que l’Autoblow. »

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L’Autoblow AI+ est le successeur de l’Autoblow AI de 2018, une machine à branlette automatique ayant à peu près la taille et la forme d’un étui pour deux bouteilles de vin. Vous placez votre bite dans un manchon en silicone et un anneau alimenté par un petit moteur se déplacera de haut en bas, la massant selon des modèles et des vitesses que vous pouvez choisir dans une application connectée. Comme son prédécesseur, l’AI+ n’est pas « artificiellement intelligent », mais au moins ce modèle est connecté à Internet et dispose d’une bibliothèque de fellations à télécharger, ainsi que d’une fonctionnalité de commande vocale.

Les appareils conçus pour sucer un pénis sont un bon indicateur de l’opinion de la société sur les jouets sexuels en général. Afin de maintenir l’intérêt de leur public, les fabricants de sex-toys ont dû rendre leurs jouets de plus en plus sophistiqués, innovants, connectés et à la pointe de la technologie. Autoblow n’est pas à l’abri de cette tendance et, avec l’Autoblow AI+, l’entreprise teste de nouvelles choses, même si elles sont encore un peu brouillonnes. Et en fin de compte, Sloan reste convaincu qu’il s’agit du sex-toy du futur.

Puisque j’avais testé la version précédente en 2018, Sloan m’a gracieusement envoyé un Autoblow AI+ afin que je mette cette nouvelle machine à l’épreuve.

Test de l’Autoblow AI+

L’unité d’essai que j’ai reçue était dotée d’un boîtier en plastique transparent, ce qui m’a permis d’apercevoir immédiatement ce qu’elle contenait : le système d’anneau du Penis Gripper enroulé autour d’un manchon en silicone relativement bronzé, avec une bouche de type humaine plantée à l’ouverture. Le produit expédié aux réels clients sera enveloppé dans du papier plastique blanc, de sorte que les entrailles de la chose ne seront pas aussi visibles.

Une fois l’Autoblow AI+ sorti de sa boîte, il fallut trouver le moyen de le connecter à Internet. Contrairement à d’autres jouets sexuels connectés, comme Lovense ou We-Vibe, l’Autoblow AI+ n’a pas d’application téléchargeable pour contrôler l’appareil. Il s’agit d’un choix intentionnel de la part de Sloan : les app stores de Google Play et Apple censurent strictement les propos à caractère sexuel, et faire constamment référence aux fellations lui vaudrait certainement d’être exclu de ces plateformes. Ainsi, l’Autoblow AI+ utilise une application web, un truc qui a pris environ cinq minutes pour être correctement configuré. J’ai branché le sex-toy, je l’ai allumé puis j’ai maintenu le bouton pause jusqu’à ce que mon téléphone détecte un réseau spécifique dans mes paramètres WiFi, généré par l’Autoblow. À partir de là, j’ai dû rejoindre ce réseau, puis mon propre réseau domestique, copier et enregistrer une chaîne de caractères qui constitue le token de l’appareil, puis enfin quitter la configuration. Tout le processus était expliqué dans une vidéo de présentation.

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Si ce n’est pas difficile en soi, ça requiert quand même quelques efforts et un peu de patience. Ayant vu tous les hommes de ma vie jeter immédiatement après ouverture les modes d’emploi de n’importe quels appareils nécessitant un montage, je reste sceptique quant à la capacité des clients déballant fébrilement leur nouvel Autoblow AI+ à aller jusqu’au bout. Mais je suppose aussi que le public cible des fuck-toys technologiquement complexes est plus disposé que la plupart des gens à passer du temps supplémentaire là-dessus.

Bref, une fois l’appareil installé, je n’étais pas vraiment en confiance. Était-ce certain que cette machine n’allait pas infliger de dommages à un vrai pénis ? Plutôt que d’envisager la possibilité de trouver quelqu’un prêt à y enfoncer le sien à ma place, j’ai pris une banane très mûre pour effectuer un test de sécurité ad hoc. (Il ne s’agit pas d’un test officiel permettant aux fabricants de répondre aux normes de sécurité ISO, mais peut-être bien que ça devrait l’être.)

Lors de ma première tentative d’introduction de la banane dans la bouche de l’Autoblow, il est devenu évident que faire ça à sec n’était pas une option. J’ai donc pris un peu de lubrifiant (les observateurs attentifs noteront qu’il s’agissait d’un lubrifiant à base de silicone, ce qui n’est pas l’idéal pour un jouet en silicone, mais qui n’est pas non plus l’hérésie que l’on pensait autrefois), j’en ai badigeonné l’extérieur de la banane et j’en ai mis un peu dans le manchon avant de réessayer. Cette fois-ci, le fruit est entré, certes sous la contrainte, mais en douceur.

J’ai appuyé sur différents modes de pressions dans l’application web et j’ai joué avec les curseurs qui contrôlent la vitesse et la position (en rapprochant le stroker de la base, ou plus bas vers la pointe, ou sur l’ensemble de la tige). Comme la pièce commençait à sentir fortement la panade trop sucrée, j’ai pensé que ma banane avait littéralement été transformée en smoothie. Mais lorsque je l’ai finalement arrachée de la bouche de l’Autoblow — ces lèvres goulues ne voulaient vraiment pas me la rendre — la peau était indemne. Même pas un poil abîmée. Agréablement surpris, j’ai remis le fruit en place pour le deuxième round.

Le nouveau modèle est doté d’une fonction de commande vocale qui est encore en phase de développement bêta, comme l’application prend soin de me le préciser, et qui permet aux utilisateurs d’énoncer six commandes pour contrôler le mouvement depuis leur téléphone : Go, Pause, Plus vite, Plus lentement, Suivant, et Finis-moi (j’ai à chaque fois prononcé cette dernière avec la voix de Mortal Kombat). Cette fonction rencontre encore quelques bugs, et le système ne comprend pas tous les mots du premier coup. Crier GO et PLUS VITE à un sex-toy fut une toute nouvelle expérience pour moi, et le sera probablement pour la plupart des utilisateurs : les commandes vocales sont loin d’être des features répandues sur le marché des sex-toys. Cela dit, Sloan est convaincu que c’est la direction que prendra l’industrie.

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Si gueuler ces injonctions ne m’a pas semblé sexy, il faut dire que mes parties génitales n’étaient pas encore à l’intérieur. Voici ce à quoi j’étais occupé de mon côté :

Pendant que la page de commande vocale de l’application web était ouverte sur mon téléphone et que la banane s’activait dans la machine, je regardais du coin de l’œil mon ordi portable sur l’écran duquel une vidéo m’expliquait comment régler le Penis Gripper (une autre nouveauté de ce modèle qui permet aux utilisateurs d’introduire un tournevis dans l’appareil pour l’adapter à leurs propres mensurations). L’appli vous prévient qu’il vaut mieux utiliser la fonction vocale dans une pièce calme. Par je ne sais quel quiproquo, le sex-toy a dû comprendre la commande « Finis-moi » alors que passaient en fond les instructions de la vidéo. L’Autoblow a commencé à secouer vigoureusement la banane, théoriquement jusqu’au final.

Une fois l’appareil dans ce mode, impossible de l’arrêter ; j’avais beau crier « PAUSE ! STOP ! NON », j’étais royalement ignoré, l’Autoblow étant trop concentré sur sa tâche et mes doigts trop lubrifiés pour déverrouiller mon téléphone et appuyer sur pause dans l’application. Il m’a fallu éteindre l’appareil hors de contrôle avec son interrupteur.  

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Entendant ce vacarme, mon partenaire a jeté un coup d’œil dans la pièce, convaincu que j’étais dans une sorte de meeting Zoom qui serait parti en couille. En réalité, il m’a trouvé en train d’engueuler une bouche en silicone qui aspirait une banane entière avec avidité.

Développement de l’Autoblow AI+

J’ai appelé Sloan pour lui dire que j’avais passé la matinée à baiser sa création avec des fruits, et je l’ai ensuite interrogé sur le processus de développement de la nouvelle version améliorée de l’Autoblow. Il m’a répondu qu’il avait passé les deux dernières années, y compris toute la période de confinement liée au Covid, à peaufiner le design du dernier Autoblow AI. Il est plus silencieux que son prédécesseur, m’a-t-il dit (je peux le confirmer), et la possibilité de réglage du Penis Gripper fait office d’innovation dans l’industrie. C’était d’ailleurs une demande des clients. Le plus remarquable, c’est que l’engin peut se connecter à Internet, ce qui n’était pas le cas du dernier modèle, dont le nom comportait pourtant la mention AI.

La fonction de commande vocale, est, selon Sloan « probablement l’avenir des jouets sexuels ».

« C’est juste un moyen plus naturel de contrôler sa séance de masturbation, sans avoir à penser aux boutons », m’a-t-il dit. Les commandes ne nécessitent pas d’être activées par un mot de réveil. Vous n’avez pas besoin de dire « Hey Autoblow » avant de lui demander d’aller plus vite, mais il faut cependant avoir l’onglet des commandes vocales ouvert dans l’application. Sans oublier qu’une fois énoncés, ces ordres sont traités par le téléphone ou le haut-parleur de l’ordinateur portable au lieu d’être transmis à un serveur comme le sont les commandes adressées aux appareils Alexa ou Google Home.

Outre la nouvelle fonctionnalité de commande vocale, la bibliothèque de pipes téléchargeables constitue la principale nouveauté. L’application web est livrée préchargée avec 10 fellations telles que la « Full Stroke » et la « Teasing Slow Edge », une mécanique qui s’appuie sur le « blowjob paper » développé pour la version précédente, à savoir le travail d’un homme en Serbie et de sa petite équipe ayant annoté 109 heures de vidéos de pipes en provenance de 1200 clips vidéo de sexe oral afin d’en recréer les mouvements. Cette nouvelle version permet aux utilisateurs de télécharger 17 expériences différentes en plus de ces 10 premières et de les essayer sur l’appareil. Il suffit de parcourir la bibliothèque à l’aide des boutons physiques ou de sélectionner la fellation que vous voulez dans l’application.

« L’activité sexuelle est un moteur important dans toute vie humaine. Ce n’est pas un truc chelou auquel seules quelques personnes spéciales s’adonnent. »

Malgré tout le sérieux absurde qui entoure les Fleshlights et autres à manches à baise, l’aspect le plus intéressant de l’Autoblow AI+ est peut-être ce que Sloan a refusé d’en faire. En signe de protestation contre leur discrimination archaïque envers tout ce qui est sexuel, il ne créera pas d’application disponible dans les app stores de Google ou Apple. Google n’autorise en effet pas les applications qui « font la promotion de contenu sexuel ou blasphématoire, y compris la pornographie, ou tout contenu ou service destiné à être sexuellement gratifiant ». De son côté, Apple interdit « le matériel ouvertement sexuel ou pornographique, défini comme “des descriptions ou des affichages explicites d’organes sexuels ou d’activités destinées à stimuler des sentiments érotiques plutôt qu’esthétiques ou émotionnels” ».

En réalité, ces règles sont un cauchemar pour quiconque crée ou utilise des applications qui font ne serait-ce qu’une petite allusion au sexe, qu’il s’agisse de travailleurs du sexe, de développeurs de sex-toys, de comptes d’éducation sexuelle ou de plateformes de réseaux sociaux. Au lieu de se plier à ces règles (ce qui rendrait l’engin plus facile à utiliser), Sloan a décidé de les outrepasser complètement en développant son projet comme une application web basée sur un navigateur.

CAPTURE D’ÉCRAN DE L’APPLICATION WEB AUTOBLOW AI+

« L’activité sexuelle est un moteur important dans toute vie humaine, explique Sloan. Ce n’est pas un truc chelou auquel seules quelques personnes spéciales s’adonnent. C’est une fonction normale chez l’homme. Décider que quiconque utilise son téléphone portable avec Google ou Apple — à eux deux, 99 % du marché — ne peut pas se faciliter le sexe, c’est d’après moi le plus étrange des “fuck you” envoyé à l’espèce humaine. Personnellement, je n’arrive pas à passer au-dessus. » 

S’il décidait de développer une application pour Apple ou Google, Sloan devrait omettre certains termes comme « fellation », concession inacceptable pour lui. « Je me sentirais très mal à l’aise de ne pas utiliser le terme exact, car les mots affectent nos idées, et nos idées affectent nos comportements. Quand on n’appelle pas un chat un chat, ça produit un effet domino. Je me refuse donc à m’y résoudre. »

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Sloan admet que s’en tenir à ses convictions a mené à une configuration plus lente, et que l’Autoblow AI+ demande donc plus de patience, ce qui pourrait en refroidir certains. « Je sais que ça ne consiste pas simplement à télécharger une appli et à cliquer sur “Se connecter” ou autre. Mais je ne pense pas que ce processus soit follement difficile », a déclaré Sloan. C’est le prix à payer pour boycotter les app stores. « Évidemment, nous craignons qu’une partie de la population trouve ce processus de connexion et de vidéos de cinq minutes assez rédhibitoire ». Mais ça, il ne pourront le savoir qu’au moment du lancement.

En vérité, la taille et la forme de l’appareil sont encore plus impressionnantes que son set up. Toutes les personnes à qui j’ai montré l’Autoblow AI+ ont exprimé la même inquiétude : comment suis-je censé faire tenir ce truc à l’envers sur ma queue assez longtemps pour jouir ? L’appareil pèse près d’un kilo, ce qui peut sembler léger, je vous l’accorde, mais attendez de le poser en équilibre sur votre pénis en érection. La réponse à cette question, selon Sloan, est un cordon à mettre autour de votre cou et qui s’attachera à l’Autoblow afin de le porter. « Vous seriez étonné de voir à quel point il peut être complexe de concevoir quelque chose d’apparence si simple », conclut Sloan.

Avant de vous demander comment ce truc fonctionnera en pratique, rappelez-vous que son concepteur est le même homme que celui qui se cache derrière la machine de masturbation que vous utilisez au volant de votre voiture, avec le porte-gobelet comme support.

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