Enfin, des chiens pour nous dépister du Covid

Dans la foulée d'une étude française aux résultats probants, le ministère de la Santé semble ouvert à un déploiement du dépistage olfactif canin en France. Bien plus sympa qu'un test PCR.

07 juin 2021, 10:43am

Alors que le pays commence à rouvrir, le Covid lui continue malgré tout de circuler – certes à des niveaux moins élevés que précédemment. Pourtant, pour pouvoir reprendre une vie plus ou moins normale, les autorités françaises comptent bien continuer à surveiller le virus et sa propagation dans le cadre du sacro-saint « Tester, Alerter, Protéger ». Pour se faire, les tests PCR – pas forcément très agréables – vont continuer à nous accompagner pendant encore un petit moment. À moins que les chiens viennent une nouvelle fois à notre rescousse. 

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Alors que plusieurs pays comme le Chili ou les Émirats arabes unis ont depuis quelques mois recours au dépistage canin, la France restait encore frileuse sur la question. Mais, une récente étude menée par l’EnvA (l’Ecole nationale vétérinaire d’Alfort) semble avoir fait bouger les lignes sur l’acceptation du DOC, pour « dépistage olfactif canin », dans l’Hexagone. Grâce à ses 300 millions de récepteurs olfactifs (à titre de comparaison, l’humain n’en possède que 5 millions), le chien est capable de détecter les odeurs associées aux drogues ou aux explosifs, mais aussi celles qui permettent d’identifier des maladies comme le cancer, le paludisme ou le diabète. Et donc apparemment le Covid.

La méthode utilisée pour l’étude de l’EnvA est assez simple (et bien plus sympathique que se faire curer la cavité nasale) : une compresse est placée pendant deux minutes sous l’aisselle de la personne à tester. La compresse est ensuite posée dans un bocal, que le chien (par exemple, un Malinois) renifle en une fraction de seconde. S’il marque le bocal (comprendre, s’il s’assied), la personne est porteuse du Covid, s’il continue son chemin, rien à déclarer. Résultats : les chiens formés pendant 8 semaines sont capables de repérer le virus avec une efficacité de 97 pour cent. 

Au vu des excellents résultats de l’étude de l’EnvA, le Journal du Dimanche indique que le ministère de la Santé vient enfin de donner son accord pour la formation de centaines de toutous chargés de nous renifler pour voir si nous sommes ou non porteurs. Pour le professeur Dominique Grandjean, le responsable de l’étude, un millier de chiens pourraient être enrôlés pour cette méthode de dépistage, qui pourrait commencer dès cet été. « Beaucoup de mairies voudraient former leur chien de police municipale. Et dans un petit village où il n’y en a pas, rien n’empêche que quelqu’un mette son chien à disposition de la collectivité, » explique le professeur dans le JDD

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Et le professeur Grandjean ne compte pas s’arrêter là. « Les prochaines étapes, c’est de travailler sur les variants, mais on sait que les chiens marquent les variants anglais, sud-africain, brésilien », explique-t-il, en ajoutant que des tests sur le variant indien sont aussi à prévoir. Pour simplifier encore les tests de dépistage, celui qui est aussi chef du service vétérinaire de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris indique déjà travailler non pas sur la sueur axillaire (récupérée sous les aisselles) des personnes à tester, mais sur leurs masques directement. « Apparemment, cela fonctionne », indique-t-il, précisant être en attente de davantage de données. 

Enfin, dernière étape : passer à la recherche directe sur la personne : « la personne étant debout dans une file, on fait passer le chien, » et le chien marque ou non. Une solution qui pourrait s’avérer fort pratique pour tester rapidement des personnes dans des lieux de passage important, comme les aéroports ou les événements sportifs ou culturels. Cet outil de dépistage a aussi un bénéfice non négligeable : à part le salaire du maître-chien, il ne coûte rien. 

Pour le professeur Grandjean, ce type de découverte n’est pas anodine dans le rapport que les humains entretiennent avec les chiens. « Cela risque de faire bouger un petit peu, je l’espère, la perception que le public pourra avoir du chien, qui n’est pas simplement un animal de compagnie. C’est un animal qui peut rendre de grands services à la société, et qui en plus est heureux de le faire. »

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