Un artiste japonais réalise chaque année une sculpture à l'effigie de sa fille

Depuis douze ans, Tomoaki Ichikawa grave le visage de sa fille dans le bois, immortalisant l'évolution de celle-ci à chacun de ses anniversaires.

12 July 2021, 7:01am

Tomoaki Ichikawa faisait de la peinture, mais souvent, à la fin de la journée, il avait l'impression de ne pas avoir pleinement exprimé ses talents artistiques. Il a donc choisi de relever un nouveau défi : sculpter le visage de sa fille sur du bois.

Douze ans plus tard, Ichikawa continue à sculpter sa fille et, chaque année, il lui offre l'œuvre pour son anniversaire. « L’idée initiale était de le faire jusqu'à ce qu'elle ait 20 ans (l'âge de la majorité au Japon). Mais maintenant, qui sait, je vais peut-être continuer », explique l'artiste, âgé de 43 ans et originaire de Tokyo.

Pour les 7 ans de sa fille, Tomoaki Ichikawa lui a sculpté un chat sur la tête. Photo publiée avec l'aimable autorisation de Tomoaki Ichikawa.

Pour les 8 ans de sa fille, Tomoaki Ichikawa a sculpté un frêne, qui est à l'origine du prénom de l'enfant. Photo publiée avec l'aimable autorisation de Tomoaki Ichikawa.

La fabrication de chaque figurine prend environ un mois. L'anniversaire de sa fille tombe en juin, et en mai, Ichikawa consulte sa femme et sa fille pour discuter de la conception de l'œuvre. « En général, le projet reflète un événement qui a marqué ma fille au cours de l'année. Par exemple, quand elle avait sept ans, elle voulait absolument un chat. Alors j'ai sculpté un chat sur sa tête », dit-il.

Pour son 11e anniversaire, célébré pendant la pandémie, Ichikawa a modelé une sculpture avec un chapeau en forme d'amabie, une sirène du folklore japonais. Selon la légende, la créature peut prophétiser l'arrivée des épidémies et protéger les populations des maladies.

Pour les 11 ans de sa fille, Tomoaki a sculpté un chapeau en forme d'amabie, une sirène du folklore japonais. Photo publiée avec l'aimable autorisation de Tomoaki Ichikawa.

Pour ses 9 ans, la fille de Tomoaki Ichikawa voulait être représentée en princesse. Cela coïncidait avec la sortie du film « La Reine des neiges » au Japon. Photo publiée avec l'aimable autorisation de Tomoaki Ichikawa.

Ichikawa commence par esquisser son dessin sur un bloc de bois de camphrier ou de pin japonais à écorce blanche, des matériaux moins susceptibles d’être endommagés par les insectes. Ensuite, il utilise une scie ou d'autres outils électriques pour donner une première forme à la sculpture. Pour obtenir les détails les plus fins et les plus précis, il grave au ciseau. La couleur apporte la touche finale et donne vie à l'œuvre.

Tomoaki Ichikawa commence par dessiner la sculpture sur le bloc de bois. Photo publiée avec l'aimable autorisation de Tomoaki Ichikawa.

Après avoir dessiné, il commence à sculpter. Photo publiée avec l'aimable autorisation de Tomoaki Ichikawa.

En jetant un regard rétrospectif sur ses douze sculptures, Ichikawa note l'évolution de ses compétences et la maturité qui se reflète dans ses œuvres. Selon lui, ces œuvres « sont » sa fille, et, en même temps, ne le sont pas. « Elles lui ressemblent toutes, c'est évident. Mais elles reflètent également mes pensées et mes sentiments pendant le processus », dit-il.  

« Lorsque je sculpte, je ne planifie pas intentionnellement l'émotion que la pièce finie doit évoquer et exprimer – je pense simplement à ce que nous avons mangé ou dit ce jour-là. Il y a différentes émotions derrière chaque détail. De fait, cela n’en fait pas une simple expression de l'essence de ma fille, car ce que je ressens y est également projeté. »

La sculpture de Tomoaki Ichikawa pour les 5 ans de sa fille. Photo publiée avec l'aimable autorisation de Tomoaki Ichikawa.

Pour les 10 ans de sa fille, Tomoaki Ichikawa a sculpté leur nouveau chat de compagnie, Tota. Photo publiée avec l'aimable autorisation de Tomoaki Ichikawa.

Bien qu'il affine son art depuis plus de dix ans, Ichikawa demeure autodidacte et estime s'améliorer trop lentement. Il pense que « chaque pièce est difficile à réaliser, mais chaque fois pour des raisons différentes ».

Étant donné qu'il réalise une sculpture pour sa fille chaque année, son travail ne provoque pas de remous particuliers dans la maison, mais il est tout de même très apprécié. « En fait, j’ai dû refaire une copie de ma première sculpture. Ma femme et moi pensons que notre fille a joué avec et qu'elle a accidentellement fini à la poubelle », dit-il.

Une réplique de la sculpture réalisée pour le premier anniversaire de sa fille. Photo publiée avec l'aimable autorisation de Tomoaki Ichikawa.

La pièce préférée d'Ichikawa est souvent la plus récente, car il affirme y être plus attaché émotionnellement. En fait, il aime particulièrement celle qu'il a réalisée cette année pour les 12 ans de sa fille. La sculpture porte une paire de lunettes très semblables à celles que la fillette a commencé à porter récemment.

La sculpture réalisée pour les 12 ans de sa fille. Photo publiée avec l'aimable autorisation de Tomoaki Ichikawa.

Lorsque sa fille déménagera, Ichikawa n'est pas sûr de lui laisser les sculptures. « Ça pourrait être bien de les avoir à la maison. Comme ça, j'aurai l'impression de l'avoir toujours à mes côtés. »

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