Publicité

Harley Weir a un message (et de belles photos) à vous faire passer

Harley Weir a commencé à photographier les dégâts produits par le plastique à partir de 2015. En postant des images sur Instagram sous le hashtag #plasticneverdies, elle espère faire prendre conscience que les ordures sont en train de détruire notre monde

|
sept. 6 2018, 1:41pm

Photographie Harley Weir

Cet article a initialement été publié dans i-D The Earthwise Issue, no.353, Fall 2018.

Publicité

Connue pour ses clichés de mode, l’anglaise Harley Weir s’est mise à photographier le plastique en 2015, lorsque son déménagement à Peckham au sud de Londres lui ouvre les yeux sur la crise des déchets qui agite la ville. « C’était juste impossible de l’éviter, affirme Harley. Je me suis mise à questionner ma propre consommation. Où allaient mes déchets ? J’ai toujours détesté les ordures, et c’est triste à dire, mais c’était la première fois que j’ouvrais mes oreilles et mes yeux à ce débat. » Avec plus de huit millions de tonnes de plastique lâchées dans nos océans chaque année, un million de bouteilles achetées chaque minute à travers le monde et près de deux millions de sacs à usage unique vendus chaque minute, Harley s’est décidée à éveiller les consciences et à prendre la mesure de son impact sur la planète Terre.

Elle a donc choisi de se servir de son appareil et de documenter le gaspillage du plastique autour d’elle en postant des images sur Instagram sous le hashtag #plasticneverdies . De grands formats, des plans rapprochés sur des sac plastiques colorés et sur des conteneurs laissés à l’abandon : autant d’images qui semblent plus proches de l’art abstrait que des ordures telles qu’on a l’habitude de les voir. Alors que notre consommation globale de plastique atteint des sommets et que 91% de nos déchets plastiques ne sont toujours pas recyclés, nous avons retrouvé Harley pour comprendre l’urgence d’un futur sans plastique.

rubbish_1, Israël 2018

VICE : Où est-ce que les effets de la pollution plastique t’ont le plus marquée ?
Harley Weir : J’ai été attristée de découvrir la beauté du Nigéria sous des couches de plastique. Voir les lacs de Makoko noirs de plastique devrait nous faire comprendre qu’il en sera bientôt de même pour celui d’Evian. L’Indonésie est ensevelie sous les déchets… En fait, il y a dans chaque pays des coins saccagés, de nombreuses plages parmi les plus belles d’Italie sont remplies de déchets. Les plages de New York sont complètement submergées. Aujourd’hui, je ne suis même plus choquée par le fait de voir du plastique partout. Malheureusement, le fait de voyager a aussi un impact environnemental. J’ai beaucoup appris à travers mes voyages mais aujourd’hui, je cherche à trouver des moyens de compenser cet impact, notamment à travers ce que je fais.

Que cherches-tu à accomplir à travers cette série ?
J’espère que les gens vont réfléchir à ce que deviennent leurs déchets et faire plus attention à leur consommation. C’est difficile de savoir comment faire advenir le changement mais je crois que l’important, c’est que les gens se rendent compte que chaque geste compte. Il faut répandre cette parole, même si c’est juste auprès de ses amis, pour que tout le monde fasse un peu plus d’efforts.

rubbish_1, Londres 2016

Concrètement, quels sont les gestes quotidiens qui peuvent faire la différence ?
Dire non au plastique ! Réutiliser sa bouteille, sa tasse à café (marquer son nom ou un numéro dessus pour ne pas la perdre), réutiliser son sac de courses, éviter les supermarchés, aller chez le primeur et dans des magasins où il est possible de recharger ses contenants, réaliser qu’il n’y a pas besoin d’utiliser mille produits différents pour nettoyer sa maison, trouver des alternatives naturelles, nettoyer les plages, prendre les transports en commun, marcher ou se déplacer en vélo plutôt qu’en voiture, réfléchir à deux fois avant de prendre l’avion, faire ses propres repas, emmener ses récipients lorsqu’on achète un plat à emporter, ne pas demander de paille lorsqu’on commande une boisson… La liste est longue, il suffit juste d’y penser. Si quelqu’un d’aussi désorganisé que moi peut faire ces changements, tout le monde en est capable.

Que voudrais-tu que le public retienne de cette série ?
Que chaque action compte. Si tu crois que ces petits gestes sont inutiles, si tu es convaincu que la bouteille d'eau en plastique que tu consommes chaque jour n'aura aucun effet néfaste sur la planète, pense à tous ces gens qui réfléchissent comme toi et tu comprendras que c'est à chacun de participer à un même mouvement collectif pour changer les choses. Si tous ensemble nous refusons d'utiliser du plastique ou tentons de ramasser un déchet à chaque fois que nous passons sur une plage, alors nos mers, nos océans et le monde entier s'en tiendraient bien mieux.

rubbish_1, Londres 2016
rubbish_1, Corée 2018
rubbish_1, Londres 2016
rubbish_1, Paris 2015

Plus de vice