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Musique

On a chroniqué le nouveau clip de Limp Bizkit avec Lil Wayne dedans

Limp Bizkit vient de se réveiller après une pause de 10 piges, avec un clip censé signer leur grand retour : le track « Ready To Go » pour lequel Lil Wayne a pondu un couplet. Weezy semble avoir une certaine prédilection pour le mauvais rock, puisqu'il...
1.8.13

Oh putain ! Le monde a changé, encore. Limp Bizkit vient de se réveiller après une pause de 10 piges, avec un clip censé signer leur grand retour : le track « Ready To Go » pour lequel Lil Wayne a pondu un couplet. On pourrait penser que c'est une rencontre plutôt étrange, mais Weezy semble avoir une certaine prédilection pour le mauvais rock, puisqu'il a déjà fait plus que ses premiers pas dans ce petit monde en sortant, en 2009, Rebirth, un album qui conviait le nu-rock à son propre enterrement.

Son engagement au service du mauvais goût s’est confirmé lorsqu'il est devenu le Justin Timberlake du MySpace de Fred Durst en signant le groupe sur son label Young Money, en février 2012. « Ready To Go » est le premier single de Limp Bizkit sur le label Young Money, et c'est aussi leur premier morceau avec la collaboration d'un vrai rappeur depuis 1999 et « N 2 Gether Now », du stoner rap qui mettait aux prises Fred Durst et Method Man. Leur clip a été mis en ligne sur Vimeo (signalant que Limp Bizkit sont désormais de vrais artistes), donc je me suis dit qu’il fallait que je mate ça.

Commençons par le commencement : l’Amérique est désormais le genre d'endroit où les logos de Limp Bizkit ont remplacé les pancartes routières. Et Limp Bizkit, c'est pas juste un groupe de musique agressive teintée de rap pratiquée par des hommes blancs. Non. Limp Bizkit, c'est aussi un lieu. Un lieu où, quand on grille un feu, on peut être puni par un type armé d'une « tronçonneuse » qui vous « dépiaute le cul à vif », où l'armée porte des casquettes des Yankees, où les femmes perchées sur des podiums essaient de danser sur du metal, et où le mot « fuck » est toujours choquant.

En effet, le morceau s'ouvre sur Fred en train de gueuler « GO FUCK YOURSELF! » (en français : « VA TE FAIRE FOUTRE ») à personne en particulier. Bienvenue à la maison, mon vieil ami ; ta rage est aussi inutile qu’avant.

Cette photo montre Fred qui s’arrête pour ses fans. En ce qui concerne ces deux-là précisément, je ne peux pas être certain qu'ils gagnent leur vie en tant que conducteurs de chariot élévateur, mais c'est très probable – de la même façon que tous les chauffeurs de taxi ne sont pas des tueurs en série. Si vous trouvez que ma remarque était déplacée, que je suis un gros snob intello, attendez la suite ! Ça ne va qu'empirer !

Une petite photo de Fred qui arrive quelque part avec un look qui avait du swag en 2011. Ouais, il est un peu en retard sur la mouvance street wear avec ce Day-Glo arrimé sur sa grosse tête chauve, mais foutez-lui un peu la paix, merde ! Il a 42 ans, Fred.

Doux Jésus, il a vraiment 42 piges. Ça, c'est Fred qui joue « les alcolos de Glasgow dans un sweat à capuche FUBU volé » et il est vraiment balèze.

Une barbe de 3 jours grisonnante et un hoodie dégueulasse en hommage à MCA, confectionné par la femme de son tourneur pour son site Etsy, sur le papier, c'est loin d'être une combinaison gagnante. En vrai, c'est aussi horrible que sur le papier.

Si Fred Durst était un personnage de Mortal Kombat, sa technique spéciale serait la « parade nuptiale martelée du papa chimpanzé wigger. » Pour l'exécuter, il faudrait faire A, B, puis select, puis broyer la manette entre vos mains et vivre chez vos parents jusqu'à vos 30 ans.

Et ça ne fait que 37 secondes que la chanson a commencé !

Voici le guitariste de Fred, Wes Borland, qui se maquille avant son entrée sur scène. Il n'y a aucun trait d'esprit à faire sur Wes Borland ; c'est un excentrique authentiquement talentueux qui devrait être rangé aux côtés de Mike Patton et Buzz Osborne au panthéon des rockeurs américains des années 1990 pleins d'imagination. Il s’adonne également à la peinture à l’huile.

Fact : Il se procure ses lentilles de contact noires auprès des mecs qui s’occupaient des lentilles sur Babylon 5. Bon à savoir.

À 0:43, alors qu'il commence à se rapprocher de ses potes, on dirait vraiment que Fred dit : « We're drinking jizz / till we pass out and fall on the floor » (« on boit du foutre jusqu'à ce qu'on tombe dans les pommes par terre »). D'après le site azlyrics.com, il dit : « We're drinking gin / till we pass out and fall on the floor » (au lieu du foutre, c'est du gin).

Mais vous ne devriez jamais faire confiance à un site de lyrics en ligne. Ils sont tenus par des menteurs. Je suis persuadé qu'il dit « jizz », c'est peut-être pour les mêmes raisons que dans un épisode de 30 Rock, Jenna écrit une parodie de chanson volontairement blindée de sous-entendus afin que Weird Al ne puisse pas la parodier. Vous regardez 30 Rock ? C'est à peu près l'exact opposé de Limp Bizkit.

L'image de Fred Durst gisant, inconscient, dans le hall d’accueil d’une maison de frat boys, du foutre tout autour de la bouche, est assez déconcertante, mais le jeu de costumes de Wes est toujours très, très fort. C'est comme une version sponsorisée par Guitar Center du Blue Man Group. Il est aussi probablement de très bonne compagnie dans un dîner, au moins jusqu'à ce que Fred Durst se ramène avec des bouteilles de foutre.

C'est un mec qui réalise son rêve, là ? Pauvre petit bonhomme. C'est probablement le gagnant d'un concours dont le gros lot était une soirée à se cuiter la gueule avec du Jäger à l’œil et à cracher dans les oreilles de Fred Durst jusqu'à ce que le service de sécurité personnel de Fred l'embarque discrètement. C'est ça ou Florida Man.

« Lève ton majeur et doigte le ciel avec ! »

Il a raison Fred Durst. Un mec qui est fatigué de faire des doigts est fatigué de vivre.

Oh, whaouh ! Le hoodie dégueulasse est en fait un plaid de punk avec des manches, le genre de truc qu'on met pour glander chez soi. C'est assez gênant, et je viens vraiment de le remarquer, mais il y a un requin en arrière-plan, et ça m'a pris environ 12 tentatives pour faire une capture d'écran décente.

Une meuf pas trop vilaine se pointe, elle traverse la rue avec un gamin dans sa poussette. À cet instant, il est difficile de savoir ce qu'elle vient faire dans ce clip.

Soudain, Weezy et des soces à lui font leur apparition (désolé de t'avoir rogné, soldat anonyme nº3) et se mettent à faire de grands gestes en direction de la dame.

Att… attendez, elle fait quoi là ? Vous êtes sérieux ? Elle envoie valser son bébé !

Oh, je vois ! En fait c’est une grosse salope. Je me suis complètement fait balader : l'espace d'un instant, j'ai vraiment cru qu'une nana apparaissant dans un clip de Limp Biscuit pouvait ne pas être une grosse pute.

Weezy se lance : « What the fuck is up ? / Fuck the world, buss a nut. » Sans vouloir passer pour un trou du cul de chez Pitchfork, c'est le bon et le mauvais du nu-metal et, par extension, de l'adolescence masculine vers 2001, ici résumé en 11 syllabes. Si ce track était un salon, Weezy serait le tapis qui lui donne un sens.

On lève le pied maintenant, et Wes enlève tout le maquillage qui recouvre son corps après le concert. Ça me rappelle Iggy pop qui défend le punk rock dans l'émission de Peter Gzowski, en 1977 sur CBC :

« Je ne connais pas Johnny Rotten, mais je suis sûr qu'il met autant de sang et de sueur dans ce qu'il fait que n'en mettait Sigmund Freud. Vous voyez, ce qui pour vous sonne comme un son de merde, c'est en fait l'excellente musique produite par un génie. Et cette musique est si puissante qu'elle m'échappe presque, et, ah… quand je suis pris dedans, je ne ressens plus de plaisir et je ne ressens plus de douleur. »

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Cela dit, peut-être qu’Iggy aurait dû y aller un peu plus avec le dos de la cuiller pour décrire un truc qui comporte cette scène :

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