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Vous savez quoi ? La NASA envisage de capturer un astéroïde

Dans le budget prévisionnel de la NASA pour l’année fiscale 2014, 80 millions d’euros sont dévolus au lancement de cette mission extravagante de capture d’astéroïde.
2.4.13

Ce à quoi pourrait ressembler une mission de capture d’astéroïde. Crédit image : Rick Sternbach / Institut Keck d’études spatiales

Les cailloux de l’espace suscitent beaucoup d’intérêt ces jours-ci. L’exploitation minière robotisée, l’exploration des astéroïdes par des missions habitées ou la volonté de se préparer au pire (à savoir, à l’éventualité qu’un grosse pierre nous tombe dessus) sont des pistes minutieusement étudiées par les scientifiques. Il y a quelques mois, un groupe de scientifiques de l’Institut Keck d’études spatiales rendait public un projet rassemblant les trois points énumérés plus haut puisqu’il s’agit de capturer un astéroïde et de le fixer à un point de Lagrange du système Terre-Lune, soit un point de l'espace où le champ de gravité offre un point d'équilibre permettant à un vaisseau spatial ou à un astéroïde de se fixer.

C’est une idée qui semble à la limite de l’utopie, mais la NASA s’est officiellement montrée intéressée. Dans le budget prévisionnel de l’agence gouvernementale pour l’année fiscale 2014, 80 millions d’euros sont dévolus au lancement de cette mission extravagante de capture d’astéroïde.

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À première vue, l’idée des gars de chez Keck est pas mal : envoyer un engin spatial robotisé vers un astéroïde grâce à la propulsion électro-solaire, capturer le caillou avec un sac déployable et le ramener chez nous afin de pouvoir l’étudier. Le projet requiert la fixation de l’astéroïde capturé au point de Lagrange L2 qui se trouve à peine au-delà de la Lune. L’envoi d’hommes vers un astéroïde deviendrait soudain aussi réaliste qu’aller sur la Lune. Ce n’est toujours pas une mince affaire mais c’est quand même plus facile que de voyager vers un caillou lointain et en mouvement dans l’espace. Et tout ça pour la modique somme de – ce n’est qu’une estimation – 2 milliards d’euros.

De plus, les gars de chez Keck assurent que ce n’est pas dangereux. L’astéroïde idéal pèserait environ 500 tonnes, mesurerait environ 8 mètres de large et aurait une densité similaire à la boue séchée. Si un tel astéroïde passait assez près de la Terre pour entrer dans notre atmosphère, il causerait moins de dégâts que la météorite qui s’est écrasée à Tcheliabinsk, en Russie, en février dernier.

Une mission de capture d’astéroïde présente bien d’autres avantages. La technologie et le savoir-faire que les scientifiques de la NASA devraient mettre au point pour mener à bien cette mission seraient très utiles dans la localisation et la gestion des menaces que pourraient représenter des astéroïdes à venir, un truc qui devrait normalement inquiéter tout individu qui a suivi des cours de SVT au collège, ou, à défaut, qui a écouté attentivement les paroles du générique de Denver, le dernier dinosaure.

Les points de Lagrange du système Terre-Lune. Une fois capturé, l’astéroïde en question se retrouverait fixé en L2 ! Crédit image : David A. Kring, LPI-JSC Centre de science et d’exploration lunaire via Space.com

Il y a, bien sûr, de nombreux obstacles à franchir. Ce projet téméraire est subordonné au fait que la NASA termine le vaisseau Orion et la fusée de transport lourd SLS. Trouver un astéroïde qui convienne ne va pas non plus être une partie de plaisir. Le bon candidat serait beaucoup plus petit que les objets volants qui menacent ou ont menacé directement la Terre, ce qui le rend difficile à dénicher. L’astéroïde idéal doit aussi avoir la bonne composition, la bonne rotation, et est censé avoir une orbite héliocentrique qui lui permettrait de revenir aux environs de la Terre dans les années 2020. Trouver le bon caillou au bon endroit maintenant ne serait d’aucun intérêt puisque la NASA va avoir besoin de temps pour mettre au point et tester toutes les composantes de cette mission.

En dépit de ces défis plus grands que le jour où j’ai décidé d’arrêter de me masturber quatre fois par jour, il se murmure sur Internet selon lesquelles cette mission pourrait voir le jour bien plus tôt que prévu. Si la NASA décroche les fonds nécessaires et s’y met rapidement, elle pourrait saisir une bonne opportunité de lancement en 2018, voire en 2016 si aucun contretemps majeur ne surgit. Du coup, cela faciliterait grandement l’un des objectifs avoués du président Obama : l’envoi d’une mission habitée sur un astéroïde d’ici 2025.

L’un des avantages majeurs de cette mission, c’est qu’elle donnerait à la NASA un objectif clair et passionnant comme on n’en a plus vu depuis l’ère Kennedy. Cela démontrerait également, et de façon extraordinaire, comment utiliser les ressources spatiales sur notre propre territoire. Des entreprises privées comme Planetary Resources pourraient également tirer profit de cette mission chapeautée par la NASA, en ce que celle-ci permettrait la mise au point de plans d’exploitation minière et d’utilisation de ressources spatiales des plus réalistes.

Les externalités positives pourraient être nombreuses si la NASA obtenait les fonds requis et s’accrochait à cette idée. Mais il y a toujours beaucoup de « si ». Voilà encore une mission fantastique, relevant presque de la science fiction et dont l’annonce, à mon avis, doit être prise avec beaucoup de précautions. Du moins, pour l’instant.

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