Une spécialiste qui a fait un reportage sur la vaginoplastie

Récemment, Heather s'est plongée dans l'univers glauque de la vaginoplastie, également appelée « charcuterie volontaire de ta chatte par un chirurgien plastique ».

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nov. 26 2008, 12:00am




Heather Leach est une réalisatrice originaire de Rochdale, dans le nord de l’Angleterre, là où est née la chanteuse soul des années 1980, Lisa Stansfield. Récemment, Heather s’est plongée dans l’univers glauque de la vaginoplastie, également appelée « charcuterie volontaire de ta chatte par un chirurgien plastique ». Nous avons parlé avec elle de ce qu’elle a trouvé en faisant ses recherches et c’est plutôt intéressant – même si c’est une interview que je vous déconseille de lire si vous êtes en train de manger du rôti ou du salami.

Vice : Salut Heather. Pourquoi t’as réalisé ce documentaire ?

Heather Leach :
En fait, c’est une commande de Channel 4. J’ai fait des recherches et je me suis rendu compte que le nombre de femmes en Angleterre à subir une opération des nymphes avait doublé durant les cinq dernières années. Et ces deux dernières années, le nombre de femmes à passer sur le billard a augmenté de 300 %. Mêmes des gamines de 16 ans subissent des labiaplasties.

Putain.

J’entendais des filles se plaindre des commentaires abominables qu’on leur faisait tout le temps. Des trucs comme « ton vagin est immonde », « te brouter la chatte c’est comme traverser le tunnel du Mont-Blanc ». Il y a aussi cette fille qui se faisait martyriser par sa sœur qui lui disait, par exemple : « On dirait que t’as du jambon pendu entre les jambes. »

La pute.

Il y a diverses raisons, physiologiques et psychologiques, qui poussent à avoir recours à une opération du vagin. Il existe différentes méthodes, mais la majorité des médecins remodèlent le vagin en amputant. Ils font ça en coupant dans les petites lèvres pour qu’elles ne dépassent plus des grandes lèvres.

Cette sculpture s’appelle Design a Vagina, par l’artiste britannique James McCartney. Certaines des filles qu’on voit dans le film de Heather se sont fait mouler le vagin pour cette pièce.


L’horreur.

Ouais, ils enlèvent ça au scalpel. Enfin, certains chirurgiens ouvrent la lèvre et relient ensemble les terminaisons nerveuses pour que les filles puissent garder des sensations. Ils les remettent ensuite à l’intérieur et recousent le tout. Un des trucs que les gens ne réalisent pas, c’est que les terminaisons nerveuses des lèvres sont connectées au clitoris. Les personnes opérées prennent donc le risque de bousiller définitivement leur vie sexuelle. Mais j’imagine que les adolescentes ne pensent pas à ça, elles veulent juste avoir la foufoune parfaite. Vers 1985, les gens pensaient qu’aller se faire refaire les seins voulait dire obtenir des nichons parfaits. Et maintenant, ils pensent qu’aller se faire tailler dans la chatte par un étranger veut dire avoir des lèvres parfaites. Ils se lancent aussi dans des trucs comme la liposuccion vaginale.

Tu déconnes ?

Ils enlèvent de la graisse dans la zone de l’os pubien pour lui donner un aspect plus plat. Ils font aussi une injection de Botox à l’endroit ou le point G est censé se trouver. Ça s’appelle le G-shot. Après ça, tu dois y retourner tous les trois mois pour te le faire remplir de Botox. C’est à peu près 1 600 dollars la session et tu dois passer par des chirurgiens plastiques privés.

À quoi attribues-tu cette augmentation soudaine du nombre d’adolescentes qui vont se faire charcuter les lèvres ?

Il y a la publicité des grosses corporations de chirurgie plastique dans la presse féminine. À laquelle s’ajoute la pression sociale chez les adolescents, en particulier celle des garçons.

Avant

 

Après.


Comment ça ?

Les adolescents matent des films de cul en permanence. Pour ce que j’en ai vu, on ne voit jamais dans l’imagerie pornographique moderne quoi que ce soit qui ressemble à ce que je pense être une vulve normale. Les gens se mettent donc à penser que la chatte parfaite n’a pas de petites lèvres qui dépassent, ni le moindre poil.

C’est vrai.

L’épilation totale a aussi joué un rôle là-dedans. Quand Bill Clinton a rendu plus souples les lois sur la pornographie, les producteurs de porno ont poussé à fond pour l’épilation totale, pour qu’on puisse enfin voir le sexe en entier, et en gros plan. Aujourd’hui, ces images sont partout et font penser aux jeunes filles qu’avoir une chatte toute lisse et avec des petites lèvres est une sorte d’idéal naturel.

Ça devient ambiance « je vais aller me faire découper mes putains de lèvres. Normal, quoi ».

Ouais, mais ce dont les gens ne se rendent pas compte, c’est à quel point l’opération peut être douloureuse. Le rétablissement peut prendre jusqu’à six mois. J’ai filmé une opération, c’était abominable. Une fois découpés, les morceaux sont balancés directement à la poubelle et jetés avec les ordures.

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