FYI.

This story is over 5 years old.

Vice Blog

MAGAZINES - SCREW EST LE MEILLEUR MAG PORNO DES ANNEES PORNO

27.10.10

Je ne remercierai jamais assez les hippies d'avoir transformé les 70's en âge d'or du potache, de la dépravation et de la liberté sexuelle totale. Si jamais vous vous êtes aventurés dans les vieux tiroirs secrets de la chambre de vos parents, vous avez déjà dû tomber sur des documents particulièrement embarrassants - et je ne parle pas des photos d'époque mettant en scène votre père et ses potes à un concert du groupe de rock progressif Yes. Je parle plutôt des magazines de cul venants d'une époque bénie où le cul était partout. Si votre curiosité vous a poussé à regarder sous la pile de revues de foot retraçant le fantastique parcours européen de l'A.S. Saint-Étienne, vous êtes forcément tombés sur ces pages un peu ternes dans lesquelles une foule de meufs bonnes exhibaient leurs corps charnus, libidineux et poilus. C'était quand le porno était transgressif et que Pompidou était au pouvoir. C'était mieux. Eh bien, Screw, c'était encore mieux.

C'est ce qui ressemble de plus près au magazine porno ultime, toutes époques confondues : il était truffé de pages conseils plus ou moins théoriques sur les façons de vous épanouir sexuellement, de blagues « osées » plutôt lourdes et les covers étaient toutes des chef d'oeuvres. C'est comme si MAD Magazine avait poussé encore plus loin leurs idées lubriques, qu'ils avaient demandé à Crumb de se charger des illustrations, et qu'ils en avaient fait des premières de couverture.

Imaginez des dessins super beaux, influencés par la bande-dessinée undeground d'époque et les pratiques sexuelles imaginatives, qui présenteraient des femmes nues qui suent de la chatte sur un vélo, un bol rempli de seins et de bites, une hippie qui s'auto-lèche, un poulpe muni de multiples bites en train de se faire sucer par des sirènes et encore une fille nue assise sur un cheval d'arson en forme de bite qui crache des gouttes de je-ne-sais quel liquide chelou. Je crois que plus personne n'oserait sortir des trucs comme ça, c'est comme si L'Écho des Savanes était bourré et que leurs dessinateurs nazes redevenaient drôles.

Un détail plutôt cool, ce sont les sujets d'investigation et autres « dossiers », dont les titres sont indiqués en première page. On dirait les mêmes débats houleux que l'on a entre couilles après 25 bières ou quand on se questionne sur des sujets aussi intéressants et débiles que Comment pécho sur le campus ?, Est-ce que c'est mieux d'être bisexuel ?, Dans quel coin peut-on rencontrer des échangistes ? ou Est-ce que vous devriez vous couper la bite ? Chaque numéro a un nom, qui reprend le thème abordé durant tout le magazine. La plupart du temps, les articles de fond étaient centrés sur le monde du porno ou les manières de pimenter sa libido, mais parfois, on pouvait tomber sur des numéros consacrés à la séduction des féministes ou aux pratiques sexuelles en prison.

Al Goldstein, le génie à l'origine de Screw, a dit une phrase maintes fois citée qui résume assez bien le magazine : « Nos photographes sont plus graveleux qu'ailleurs et nos histoires sont encore plus dégueulasses. Nous ne faisons aucun effort pour paraître arty ». Ce qui est évidemment très faux, compte tenu de son obsession pour parvenir à une image forte et reconnaissable, et les thèmes nouveaux dans le monde du porno qu'il décidait d'aborder. Screw est même, à son échelle, une pièce historique de « L'art en Amérique », et le témoignage d'une époque où il était de bon ton de tracer pieds nus et d'arborer une touffe de poils conséquente dans la région pubienne. Sachez que toutes ces histoires de grosses femmes en jeans serrés et de chattes poilues ont animé l'imagination de votre père pendant toute son adolescence. Mais il n'y avait qu'un seul magazine qui en parlait : c'était Screw.