Le guide officiel des Jeux Olympiques de 1952 à Helsinki. Image vía Twitter.
Francisco Franco jouant au golf : l'image d'un type profondément préoccupé par un pays en ruines. Image vía Twitter.
La sélection espagnole qui a remporté l'argent aux Jeux olympiques d'Anvers en 1920. Image vía WikiMedia Commons.
Fernández Nares, S. "L'éducation physique dans le système éducatif espagnol". Université de Grenada, 1993.Le régime devait prendre le contrôle de l'éducation physique pour pouvoir la plier à ses exigences. Pour cela, il a créé le 22 février 1941 un organisme qui au départ portait le "modeste" nom de Délégation Nationale des Sports de la Phalange Traditionaliste et des J.O.N.S. (Juntes Offensives Nationales Syndicalistes). Plus tard, il sera connu sous le nom de Délégation Nationale d'Éducation Physique et des Sports et intégrera d'autres institutions qui existaient déjà avant la guerre comme le Comité olympique espagnol, le Conseil national des sports et la délégation espagnole du Comité olympique international.L'image physique a été utilisée comme système de propagande. Il s'agissait de créer une mythologie émotive pour les classes moyennes qui serve de mur pour cacher le conflictuel et transformer la réalité en une image d'unité, d'ordre et de hiérarchie.
Une image métaphorique : le lieutenant-général José Moscardó semble être un personnage important devant ces ruines. Moscardó a été nommé président du Comité olympique espagnol et délégué national des sports pour récompenser ses services rendus aux putschistes lors de la révolte militaire. Image vía Wikipedia Commons.
José Moscardó (deuxième en partant de la droite) avec des collègues, dont Ramón Serrano Suñer (deuxième en partant de la gauche) connu pour être un parent de l'épouse de Franco (premier en partant de la gauche), et du nazi Heinrich Himmler. Image vía WikiMedia Commons.

Bulletin officiel de la délégation nationale aux sports, 1952.La vérité c'est que l'Espagne est arrivée aux Jeux de Londres et d'Helsinki sans athlète vraiment préparé, et comme il fallait s'y attendre, les résultats ont été assez pathétiques. Le manque des ressources et le peu d'intérêt authentique montré par les autorités pour le sport a obligé le régime à faire croire qu'ils y étaient allés « pour participer ».Comme si de rien n'était, dans une démonstration de ses inclinations idéologiques, la délégation espagnole a salué les autorités militaires – spécialement à Helsinki – et a visité les cimetières pour rendre hommage aux héros nationaux de chaque pays… avec l'espoir que la religion catholique dissimule le vrai visage du régime oppresseur. En interne, les autorités ont rejeté la cause de ces échecs sur les arbitrages et autres facteurs, fortifiant ainsi l'union entre les citoyens.***En découvrant tout ça, j'ai petit à petit commencé à comprendre le pourquoi du comment de mon cauchemar – au delà, j'insiste, de la mauvaise bouffe du mercredi –. La médaille, le miroir, la voix, la prétention, le « le plus important c'est de participer »… tout était une grande allégorie de la misère d'un régime obligé de faire semblant pour garder la main sur ses citoyens. Au final, la célébration et le sport n'étaient pour le régime nationaliste catholique pas plus que des méthodes utiles de répression.Comme quand t'es obsédé par une chanson qui te trotte dans la tête toute la journée et que la solution est de l'écouter, mon enquête a donné réponse à mes interrogations sur le cauchemar franquiste. Par contre, pour je ne sais quelle raison, le mal-être est resté. Je me suis inévitablement demandé si on avait tant changé depuis ce temps, si on comprend enfin le sport avec noblesse, si on a arrêté de l'utiliser comme un rideau de fumée pour couvrir d'autres problèmes.Au final, quand je me suis réveillé, Gollum était toujours là avec sa médaille.Même si dans certains sports on attendait un meilleur résultat, l'Espagne a fini à la 41e place, avec beaucoup de pays derrière elle.