Culture

Les drôles d’énergumènes de l’Hôtel Drouot sont sur Instagram

Le compte People of Drouot dresse un inventaire de tous les individus qu’on croise dans le célèbre hôtel de ventes aux enchères.
23 janvier 2017, 6:29amUpdated on 03 mars 2017, 3:34pm
Toutes les photos sont publiées avec l'aimable autorisation de @peopleofdrouot.

Quand on imagine l’acheteur type d’une vente aux enchères, nous vient inévitablement à l’esprit l’image d’un couple de bourgeois vieille France : elle, engoncée dans un manteau de fourrure, un air terriblement pincé sur un visage tiré au botox ; lui, planté dans des mocassins à glands et un foulard en soie noué autour du cou. Évidemment, le cliché est un brin éculé. Il suffit d’aller dans une maison de vente aux enchères pour le vérifier par vous-même. Ou de jeter un œil au compte Instagram @peopleofdrouot.

Lancée en octobre 2015, cette curieuse galerie de clichés pris à la volée dresse un inventaire des acheteurs, marchands ou simples visiteurs de l’Hôtel Drouot, à Paris, remarqués pour leur tenue singulière, un achat original ou une pose inattendue. Ici, un vieux dans un anorak fluo ; là, un néo-hippie tout en colliers fantaisies et cheveux longs ; plus loin, un punk arborant fièrement une crête et un crâne tatoué. Et — forcément — tout un tas de vieilles dames en poils de bête et de messieurs de retour de La Baule.

Qui se cache derrière ce mystérieux compte ? Ce n’est, hélas, pas une technique de com’ du prestigieux hôtel de ventes mais l’initiative de deux habitués, qui dissimulent leur identité sous l’acronyme POD (pour People of Drouot). Contactés par The Creators Project, ils se définissent ainsi : « POD est un ensemble de personnes mais notamment deux bons amis marchands qui traînent en salle quotidiennement et qui s’envoyaient des photos entre [eux] des personnalités à Drouot qui [les] faisait marrer. Il n y a aucune démarche commerciale ou de communication, c’est juste pour le fun. »

Se qualifiant de « gros instagrammers à titre personnel », ils disent avoir décidé de poster quotidiennement sur @peopleofdrouot — un nom inspiré du compte @humansofny, pour « montrer [leur] quotidien sans le dévaloriser ». En effet, si Drouot a d’abord craint une mauvaise publicité, POD affirme que la société « adore la clientèle jeune et féminine [que le compte touche] et en a besoin pour continuer à faire vivre l’hôtel des ventes ».

Soulignées d’un trait d’humour parfois narquois, les images de ces paparazzi en herbe font l’effet d’une immersion directe dans l’effervescence de l’hôtel des ventes — et prouvent l’hétérogénéité des amateurs d’art, comme nous le confirmait déjà un commissaire-priseur il y a peu.

Pour suivre @peopleofdrouot, dirigez-vous par .

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