Ces moules robotiques vont nous aider à sauver le monde

Des chercheurs ont placé des moules artificielles munies de capteurs un peu partout dans le monde afin de suivre l’évolution des températures et des écosystèmes littoraux.
27 octobre 2016, 7:00am
Image: Northwestern University

Vous êtes une moule. Vous rêvez paisiblement sur votre rocher à en compagnie de vos congénères, songeant à des contrées lointaines où le limon serait plus vert, le plancton plus dense, et la marée, plus puissante. Quand soudain, votre plus proche voisine est violemment arrachée de son support, et soulevée dans les airs. Quelques secondes plus tard, un clone pas très réussi de votre copine mollusque la remplace à vos côtés. C'est une moule, certes, mais une moule un peu différente des autres. Elle possède un œil vert, tout rond, qui vous fixe de manière menaçante.

Cet avatar moyennement réussi est l'œuvre de Brian Hemuth et de ses collègues de l'Université Northeastern. Les chercheurs ont passé les 18 dernières années de leur carrière à planter des « robomoules » un peu partout dans le monde, et rendent aujourd'hui compte de leur résultat dans le journal Scientific Data.

Les petits bivalves infiltrés ont été déplorés sur les côtes ouest et est d'Amérique du nord, au Chili, en Afrique du sud et en Nouvelle-Zélande. Les scientifiques ont également garni quelques rochers en Australie, en Irlande, au Mexique et en Écosse, afin de mesurer l'évolution de la température de l'environnement des moules.

Image: Northwestern University

Les capteurs intégrés des robomoules agissent comme des systèmes d'alerte coordonnés à des hotspots. Ils sont fabriqués à partir d'époxy ou de véritables coquilles de moules remplies de silicone, et équipés d'un TidbiT (disponible dans le commerce) ou d'un iButton utilisant une puce et un émetteur/récepteur.

Les données qu'ils produisent peuvent être utilisées pour décider de la localisation d'un élevage de moules, ou pour surveiller l'érosion et l'acidification des océans. La base de données du laboratoire Helmuth de l'Université Northeastern est publique, vous pouvez donc l'examiner vous-mêmes.

Parce que les moules sont très sensibles aux conditions environnementales, comme la température de l'air et l'exposition au soleil, leur état est un bon indicateur de la santé de l'écosystème environnant. « Perdre les bancs de moules est aussi dramatique que perdre une forêt, explique Helmuth à Science Daily. « Quand les moules vont bien, tout va bien. »