Publicité
Tech by VICE

Les gens ont tellement la dalle sur Tinder qu'ils matchent des serial killers

Sans surprise, les mecs sont les plus dalleux, mais les filles sont quand même assez chaudes pour ce beau gosse de Charles Manson.

par Rachel Pick
25 Février 2016, 12:21pm

Aileen Wuornos lors de sa première comparution devant le juge à Daytona Beach, en Floride., le 17 janvier 1991. Image: AP Photo/News-Journal

On sait tous qu'il faut faire attention et ne pas se fier à n'importe qui sur les réseaux sociaux, mais visiblement, certains n'ont pas bien retenu la leçon ; c'est en tout cas ce qu'indique le fait que des gens aient liké sans sourciller les profils des serial killers Charles Manson et Aileen Wuornos sur Tinder.

L'actrice Natalie Walker, grande habituée de la déconne sur Internet, a créé les faux profils Tinder après avoir remarqué à quel point le look de Charles Manson dans les années 60 ressemblait à ceux des mecs qu'elle croisait dans sa ville. « En ce moment, il y a une série sur Charles Manson sur [la chaîne américaine]Lifetime, et le mec qui joue Manson est incroyablement beau… Et d'un coup je me suis dit : "Oh, Manson ressemblait à tous les mecs que je croise à des concerts à Brooklyn, dans sa jeunesse". »

Le profil de "Charlie" créé par Natalie a eu son premier "match" au bout de trois jours ; c'était une jeune femme qui ne semblait pas perturbée outre mesure par le fait que son interlocuteur mentionne l'imminence de la « guerre des races », et qui continua à lui parler longuement (c'était l'une des préoccupations majeures du vrai Manson). Rien ne sembla la choquer jusqu'à ce que Charlie explique qu'il se voyait comme le fils de Dieu ; à ce moment-là, elle se décida enfin à le bloquer. Visiblement, toutes les femmes ne sont pas Squeaky Fromme.

« Sa photo de profil la montrait en train de danser, avec une couronne de fleurs dans les cheveux. Elle aurait beaucoup plu à Charlie », raconte Natalie.

Image: Natalie Walker, edited by Rachel Pick

Pour voir si ce type d'appât fonctionnerait aussi auprès des hommes, Natalie a ensuite créé un profil pour Aileen Wuornos, connue pour avoir tué sept hommes en Floride en l'espace d'un an (1989-1990). L'enfance absolument affreuse de Wuornos a très certainement eu une influence sur ses troubles psychotiques et sur sa haine mortelle des hommes ; Natalie Walker a donc bien pris soin d'inclure « Je veux tuer tous les hommes blancs » dans la bio d'Aileen sur Tinder.

Alors qu'il avait fallu trois jours à Charlie pour obtenir son premier match, Aileen en a eu 12 en huit minutes à peine. Et Natalie n'a même pas eu besoin de faire le premier pas avec ses prétendants – ils se sont tous précipités pour lui envoyer un message, l'un d'eux lui avouant même avoir « bandé » en voyant ses photos.

Image: Natalie Walker, edited by Rachel Pick

« Je me doutais que ce serait plus facile (avec les hommes), mais je ne m'attendais pas à ce que ce soit aussi facile… Ça montre aussi que les mecs n'ont pas autant besoin de faire attention que les filles. Ils ont moins de chances de se faire harceler ou agresser, donc ils peuvent lâcher autant de likes qu'ils veulent sans se soucier des conséquences », constate Natalie.

Ce n'est pas la première fois qu'elle détourne le fonctionnement d'une application populaire. Elle a récemment utilisé Yelp pour noter les rendez-vous galants qu'elle avait eus dans différents bars, restaurants et autres cinémas, ce qui lui a valu de se faire bannir rapidement du site.

Image: Natalie Walker

Natalie n'utilise pas Tinder à titre personnel, et elle se moque donc bien de s'en faire bannir. Mais elle a été contrainte d'utiliser le numéro de téléphone de sa sœur pour créer le profil d'Aileen après que Tinder a remarqué qu'elle tentait de réutiliser le sien. « Je lui ai avoué, et elle m'a répondu : "Natalie, si tu me fais virer de Tinder, je te jure, tu détruis ma vie" », raconte-t-elle.

Mais c'est pour ce genre de choses qu'Internet a été créé ; espérons donc que Tinder mette un moment à réagir.