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2017

Fabien Engelmann : le maire FN qui met la misère au Secours Populaire

Continuons notre série consacrée aux plus gros fumiers de l’année. Aujourd’hui : l’élu d’extrême droite qui n’aime les pauvres que s’ils sont bien français.

par Louis Dabir
28 Décembre 2017, 9:45am

Image : VICE

Le monde politique offre chaque année son quota de salauds finis. A Vice, on a beaucoup hésité entre les affiches sexistes de Robert Ménard et les saillies anti-migrants de Gérard Collomb, mais c’est finalement Fabien Engelmann qui a décroché la timbale. Il faut dire que le maire Front National de Hayange, en Moselle, s’est surpassé. En novembre dernier, il a ainsi officiellement entamé une procédure pour expulser le Secours Populaire du local municipal occupé par l’association. La grande classe.

Une décision qui vient couronner plusieurs années de tracasseries administratives et autres coups en douce visant à pousser les bénévoles vers la sortie. Dès son élection, Fabien Engelmann a déclaré la guerre à l'antenne locale du Secours Populaire. Et ce, pour des raisons purement idéologiques : elle serait ainsi une « succursale du Parti communiste » qui diffuserait une « propagande pro-migrants ». Autant dire un crime dans une ville passée sous drapeau FN ! Entre l'envoi d’un huissier pour factures impayées (accusation qui n’a jamais été prouvée) et la suppression de la subvention municipale, Engelmann a tout simplement décidé de couper l’électricité dans le local. Résultat : rupture de la chaine du froid oblige, les denrées stockées dans les frigos ont donc été jetées à la poubelle – au lieu d’être distribuées à ceux qui en auraient eu besoin. Contraint par la justice de rétablir le courant, le maire a donc cette fois choisi la voie judiciaire et déclenché une procédure d’expulsion.

Des subventions réservées aux associations « FN-compatibles »

Au-delà du cas particulier d’Hayange, cette polémique vient rappeler combien il est difficile pour les associations caritatives d’œuvrer dans une municipalité dirigée par le Front National. A chaque fois, les élus ne s’embarrassent de questions administratives, considérant officiellement ces structures comme de véritables ennemis politiques. C’est ce qu’il s’est passé à Hénin-Beaumont, en 2014, peu de temps après l’élection de Steeve Boris à la mairie de la commune du Pas-de-Calais. Une de ses premières décisions a été de supprimer l’usage gratuit d’un local, ainsi que la subvention accordée à la Ligue des droits de l’homme (LDH), jugée trop « politisée ». La LDH a connu la même sentence en mars 2015 dans les Yvelines, à Mantes-la-Ville, avec l’accession au pouvoir du frontiste Cyril Nauth. Déjà, lors des premières conquêtes du FN, à Vitrolles, Orange et Toulon, les édiles d’extrême-droite ont fait le tri dans les associations sociales. Sur la rade toulonnaise, les subventions à celles œuvrant auprès des populations issues de l’immigration ont été coupées. Et redistribuées à d’autres, travaillant aux côtés de populations supposées plus « FN-compatibles » - comme les anciens combattants ou les pieds noirs.

À Hayange, chez Fabien Engelmann, environ un millier de personnes fréquente le local du Secours populaire. Un vigile y sera-t-il bientôt à l’entrée pour vérifier les papiers de ceux qui viennent y chercher de quoi se nourrir ?

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