Publicité
bien-être

Voici pourquoi votre alimentation affecte la qualité de votre sperme

Si vous cherchez à entendre le bruit des petits pas dans un futur pas si lointain, vous allez peut-être envisager de rajouter les éléments qui suivent à votre alimentation.

par Grant Stoddard
24 Janvier 2019, 8:53am

Vera Lair / Stocksy

Si vous cherchez à avoir un bébé, vous allez avoir besoin de bons petits nageurs, si vous voyez ce que je veux dire. Pour la plupart des lecteurs, ce n’est pas vraiment un scoop. Ce qui va peut-être vous surprendre, en revanche, c’est à quel point la qualité du sperme dépend des vitamines et des minéraux consommés par la personne qui le produit.

Il y a quatre aspects majeurs de la qualité de la semence : la numération, c’est-à-dire la quantité de spermatozoïdes par échantillon ; la morphologie, qui concerne la taille et la forme des cellules en question ; la mobilité, qui désigne leur capacité à se déplacer : et le volume, car une quantité minimum est nécessaire afin d’amener les spermatozoïdes dans l’appareil reproductif féminin.

Que ce soit sous forme de nourriture ou de compléments, il a été prouvé que l’augmentation de la consommation de certains éléments améliore la qualité du sperme, dans ses quatre aspects. Si vous cherchez à entendre le bruit des petits pas dans un futur pas si lointain, vous allez peut-être envisager de rajouter les éléments qui suivent à votre alimentation.

Le zinc

Il a été prouvé que les hommes stériles détiennent moins de zinc que leurs camarades féconds. Une petite étude s’est intéressée au taux basique de sérum de testostérone chez 40 hommes âgés de 20 à 80 ans - la testostérone est vitale pour le bon fonctionnement des testicules et une des fonctions principales des testicules est de produire du sperme. Pendant les 20 semaines qui ont suivi, les chercheurs ont réduit la quantité de zinc consommée par les plus jeunes tout en donnant aux participants les plus âgés - qui avaient une légère déficience en zinc - un complément quotidien de cet élément chimique. Les hommes les plus jeunes ont vu leurs taux de testostérone (qui produisaient du bon sperme) diminuer tandis que ces messieurs d’âge avancé ont connu une poussée significative.

Une autre étude s’est intéressée directement au taux de zinc et à la qualité du sperme des hommes fertiles et infertiles. Elle a conclu que selon s’ils fumaient ou pas, les sujets fertiles avaient des taux de plasma séminal (qui contient du zinc) bien plus hauts que le groupe infertile. Le zinc n’est pas un minéral que le corps peut stocker, donc vous aurez besoin d’un apport quotidien si voulez bientôt essayer de transmettre vos gènes. La quantité alimentaire recommandée pour les hommes et les garçons est de 11 milligrammes par jour, et si vous aimez les huîtres, ça tombe bien ! Six huîtres de taille moyenne ne vous donneront pas moins de 32 milligrammes, soit 290 % des AJR. Vous trouverez également du zinc dans la viande rouge, la volaille, les fruits de mer, les produits laitiers, les céréales enrichies, les fruits à coque et les haricots.

« Il est manifeste que des taux normaux de zinc sont nécessaires dans l’optique d’une fertilité masculine optimale », dit Michael Reitano, urologue new-yorkais et conseiller chez Roman, une start-up de santé masculine. Il explique qu’ajouter des compléments à des taux normaux de zinc a probablement peu d’effets, mais que maintenir une consommation régulière pour prévenir des carences est important à tout âge. Le prendre en grande quantité n’apportera pas de bénéfices car, comme dit précédemment, le zinc ne peut pas être stocké pour un usage ultérieur.

La B12

La vitamine B12 aide à protéger l’ADN dans le sperme des dommages et à maintenir son intégrité génétique pour que chaque cellule créée à travers la division et la reproduction soit une réplique exacte de la cellule qui s’est divisée, explique Reitano. En revanche, un manque de vitamine B12 peut perturber l’intégrité génétique de l’ADN et résulter en des cellules produites de manière légèrement différente. Ce n’est pas quelque chose de souhaitable dans le sperme, car ces cellules altérées peuvent inclure des irrégularités liées à des maladies génétiques ou au cancer.

« Les carences en B12 sont étonnamment répandues, et pas seulement chez les plus âgés », dit Reitano, qui ajoute que les végans et les gens qui utilisent régulièrement des antiacides sont généralement les plus affectés. « La B12 est également vitale pour maintenir une intégrité et une production adéquates d’ADN, surtout dans les cellules au développement rapide comme celles qui fabriquent le sang et le sperme ».

La B12 et les autres vitamines du groupe B jouent également un rôle important dans la production d’un antioxydant appelé homocystéine. L’homocystéine est un antioxydant endogène - cela veut dire qu’il est uniquement produit au sein du corps humain, contrairement aux antioxydants alimentaires que l’on obtient dans la nourriture ou dans les compléments. L’homocystéine joue un rôle important dans la protection des cellules des dommages oxydants à travers la production de sperme et, comme sa fabrication dans le corps humain dépend de la disponibilité des vitamines de groupe B, en avoir une quantité suffisante peut protéger la bonne santé du sperme.

Une méta-étude de 2017 qui s’est intéressée aux effets de la vitamine B12 sur la santé du sperme a conclu qu’elle augmente la numération du sperme, qu’elle favorise sa mobilité et qu’elle réduit ses dommages sur l’ADN. L’AJR est seulement de 2,4 microgrammes, mais si vous mangez ne seraient-ce que 100 grammes de palourdes, vous obtenez un énorme apport de 98,89 microgrammes de B12. Si les mollusques ne sont pas trop votre truc, vous obtiendrez une quantité quasiment similaire en mangeant 100 grammes de foie-de-bœuf. Et si vous pensez que les abats, c’est encore pire, 100 grammes de saumon rouge équivalent à 18 microgrammes, soit moins mais tout de même six fois l’AJR.

La vitamine C

Il n’existe pas des tonnes de preuves qui soutiennent la théorie que se charger en vitamine C dans le but de déjouer les plans d’un rhume est une très bonne idée. En revanche, il existe des liens manifestes entre la vitamine C et la qualité du sperme.
Dans une courte mais significative étude de 2006, des chercheurs se sont intéressés à 13 hommes atteints d’oligospermie - le nom scientifique qui désigne un nombre faible de spermatozoïdes, qu’on fixe à moins de 15 millions par millilitre de semence. On a donné à ces gars-là 1000 milligrammes de vitamine C deux fois par jour pendant deux mois et à la fin de l’étude, il a été conclu que la numération, la mobilité et la morphologie du sperme avaient tous connu une amélioration significative.

Le raisonnement est que la vitamine C peut améliorer la qualité du sperme en réduisant le stress oxydant - la vitamine C étant un antioxydant. « L’oxydation est un facteur reconnu d’infertilité masculine », dit Reitano. « Il a été prouvé que les antioxydants comme les vitamines C et E sont particulièrement efficaces dans l’amélioration de la fécondation et des taux de grossesse ».

Cette théorie du stress oxydant semble être née d’une étude sur des rats exposés à long terme à la cyclophosphamide. La cyclophosphamide est un médicament dont on sait qu’il cause du stress oxydant, et il s’avère que les rats auxquels on avait administré de la vitamine C ont amélioré la mobilité, la numération et la durabilité de leur sperme. Les chercheurs ont également constaté que la vitamine faisait augmenter le poids des testicules et de l’épididyme des rats comparé aux autres groupes de rats qui n’avaient pas pris de vitamine C.

Selon le Département de l’Agriculture des États-Unis, l’aliment qui contient le plus de vitamine C est le jus d’acérola, qui en renferme 13 fois plus qu’une portion équivalente de jus d’orange. Un verre de jus d’acérola, ou cerise de la barbade, vous donnera un amas impressionnant de 3,872 milligrammes de vitamine C. Les magasins spécialisés dans les aliments diététiques, tout comme Amazon, vendent du jus d’acérola.

VICE France est aussi sur Twitter, Instagram, Facebook et sur Flipboard.

Tagged:
sexe
sexualité
alimentation
sperme
reproduction sélective