environnement

Coulé dans le béton : la cimenterie de Port-Daniel

La cimenterie McInnis, située à Port-Daniel–Gascon, est officiellement entrée en service au mois de juin. Il s’agit de la plus grosse usine du genre au Canada, construite selon les normes environnementales les plus strictes de l’industrie.
8.8.17

Il n'en demeure pas moins qu'avec ses émissions de 1,5 tonne de gaz à effet de serre par année, l'usine va faire augmenter la production de GES de 2 % pour l'ensemble de la province, ce qui en fera le plus grand émetteur au Québec.

Mais l'histoire de la cimenterie est avant tout celle des habitants de Port-Daniel–Gascon, où le taux de chômage a monté jusqu'à 23 % en 2006. Les gens veulent des jobs et on les comprend. Et les administrateurs de l'usine leur en promettent 400, dont 200 directes.

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Les Québécois adorent la Gaspésie et le rocher Percé. Mais au-delà des deux mois d'été où les touristes débarquent en masse pour profiter de l'air salin et du poisson fumé, on a tendance à oublier qu'il y a des gens qui habitent cette région qu'on appelle « le bout du monde ». C'est d'ailleurs pour cette raison que nous avons réalisé ce reportage en plein hiver. Pour voir la Gaspésie sous un autre jour, mais aussi pour montrer qu'elle est belle à longueur d'année.

La Gaspésie, c'est loin des grands centres. Serait-ce la raison qui expliquerait le peu d'attention médiatique et citoyenne autour de ce projet de 1,5 milliard de dollars, dont 265 millions proviennent de la Caisse de dépôt et placement du Québec et 350 millions d'Investissement Québec?

C'est peut-être aussi la raison qui explique que peu de gens se sont insurgés du fait que le projet n'a pas eu à se plier au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), contrairement au parc éolien de la Gaspésie. La cimenterie a reçu son certificat d'autorisation quelques mois avant que la loi ne l'oblige à passer devant le BAPE. Or, à cette époque, le projet devait produire deux fois moins de ciment par année.

La cimenterie de Port-Daniel représente bien l'histoire de tant de régions rurales de la province, où le développement durable et la croissance économique ne font pas toujours bon ménage. C'est pourquoi cette histoire universelle méritait d'être racontée.

Mais, avant tout, les acteurs du projet et les habitants de la région méritent qu'on s'intéresse à eux.

Simon Coutu est sur Twitter .