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Drogue

Ce que l’on sait de la saisie record de cannabis dans le 16e arrondissement de Paris

Dans le paisible et cossu quartier de l’ouest parisien, la police a saisi 7,1 tonnes de cannabis dans la nuit de samedi à dimanche. Il s’agit d’une des plus grosses saisies de drogues de l’histoire réalisée dans la capitale française.

par Pierre Longeray
19 Octobre 2015, 11:50am

Feuilles de cannabis (Wikimedia Commons)

Dans le paisible 16ème arrondissement de Paris, les douanes ont saisi 7,1 tonnes de cannabis dans la nuit de samedi à dimanche. Il s'agit d'une des plus grosses saisies de drogues de l'histoire réalisée dans Paris intra-muros.

La drogue était cachée dans trois véhicules utilitaires stationnés le long d'un boulevard de l'ouest parisien. Le cannabis était conditionné sous forme de plaquettes de résine, empaquetées dans ce que l'on surnomme des « valises marocaines » — comprendre des sacs d'une trentaine de kilos faits de plastique et de toile de jute. 

Si l'on se tient au prix de revente d'un kilo de cannabis (entre 2 500 et 3 000 euros), la valeur marchande de la saisie record avoisinerait les 20 millions d'euros.

La saisie est historique, si bien que le président français, François Hollande, est venu féliciter ce dimanche, en personne, les agents de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) à Ivry-sur-Seine, près de Paris. « C'est très important que la République vienne rendre hommage à tous ceux qui se dévouent dans l'anonymat, » a déclaré le président.

« Derrière ces valises retrouvées, ce sont des organisations criminelles qui ont d'ailleurs des liens avec d'autres organisations, y compris terroristes, » a expliqué le président de la République. François Hollande espère que cette prise et celle de cet été à Marseille (où 6 tonnes avaient été saisies) « ont pu contribuer à porter un coup que j'espère fatal à des organisations criminelles. »

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Les fourgons ont été repérés notamment grâce à l'aide d'un riverain qui a alerté la police, intrigué par leur présence depuis « au moins une dizaine de jours, » d'après une source douanière citée par l'AFP. Mais les agents de la DNRED menaient aussi de leur côté une enquête au long cours après plusieurs prises effectuées à la fin de l'été, notamment les 320 kilos de cannabis découverts à Bayonne début septembre.

Ce « mode de stockage » dans des fourgons en pleine rue est nouveau, d'après la source contactée par l'AFP. Les services douaniers français font aujourd'hui face à une diversification des « modes d'acheminement et de stockage » de la drogue.

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D'après le directeur des opérations de la DNRED interrogé par la radio Europe 1, « On est sur de la résine de cannabis qui vient du Maroc. » La drogue serait ensuite remontée par la voie maritime et la voie terrestre par l'Espagne, explique-t-il. « Cela pouvait repartir vers les différentes régions françaises, voire les pays limitrophes. »

Ce lundi midi, il n'y a pas encore eu d'interpellations, mais une source proche de l'enquête a expliqué que « de l'ADN et des empreintes vont être exploitées. » L'enquête a été confiée à l'office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS).

Une source policière explique à la radio Europe 1, qu'aucune interpellation n'a été faite sur place, notamment pour des raisons de sécurité. « Nous avons choisi de ne pas attendre les trafiquants, car nous sommes à Paris, avec des populations qui pouvaient se promener dimanche matin, » précise cette source.

En 2014, 157,3 tonnes de cannabis avaient été saisies, une hausse de 84 pour cent par rapport à l'année précédente, selon les statistiques du ministère de l'Économie et des Finances français.

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