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Pékin est « invivable », c'est le maire qui le dit

Les déclarations très directes de Wang Anshun sont la marque d'une prise de conscience croissante des problèmes environnementaux du pays de la part des élites chinoises.
3.2.15
Image via Reuters

La capitale chinoise, enveloppée d'un brouillard de pollution, surpeuplée et embouteillée est devenue invivable, et c'est le maire qui le dit.

S'adressant à la conférence du parti communiste de Pékin la semaine dernière, le maire Wang Anshun a déclaré que les efforts pour limiter la désormais célèbre pollution de l'air de la ville n'avaient pas atteint leurs objectifs, et que la ville faisait face à des problèmes environnementaux « préoccupants ».

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« Pour faire de Pékin une ville de premier rang, vivable selon les normes internationales, la ville est en train de mettre des normes en place, ce qui est très important, » a déclaré Wang d'après les journaux d'État qui reprennent ses propos. « Mais pour l'instant, Pékin est invivable. »

I'll take 'Things a mayor should never say', for $200, Alex.

— Patrick McGee (@PatrickMcGee_)January 27, 2015

Ce commentaire très direct du maire souligne une série d'efforts des dirigeants chinois pour prendre en main les problèmes environnementaux qui accompagnent le développement économique et l'urbanisation rapide du pays. Jennifer Turner, qui dirige le China Environment Forum du centre Woodrow Wilson Center basé à Washington a qualifié les commentaires de Wang « d'agréablement rafraîchissants », même si elle ne les trouve pas assez détaillés.

« Il n'est plus possible de cacher que la qualité de l'air est vraiment mauvaise. Désormais il y a de la transparence, » a déclaré Turner à VICE News. La Chine a certes récemment essayé de faire disparaître une application mobile qui rassemble les données de qualité de l'air de l'ambassade américaine dans la ville, accompagnées de graphiques basés eux sur les chiffres du gouvernement. Reste que le gouvernement surveille régulièrement les taux de pollution, et la population est maintenant autorisée à se procurer ses propres instruments de contrôle, reconnaît Turner.

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« C'est la persistance de la pollution qui les tue, » explique-t-elle. « Avant, ça montait puis ça redescendait. Aujourd'hui, les pics sont plus importants, et ils durent plus longtemps. »

Pékin a fermé près de 400 entreprises polluantes et s'est débarrassé de 476 000 vieilles voitures en 2014, relève l'agence de presse d'État Xinhua. La ville a aussi refusé le permis de construire de 3 700 entreprises qui figuraient sur une liste « d'exploitations prohibées ou restreintes ».

01-29-2015 03:00; PM2.5; 112.0; 180; Unhealthy (at 24-hour exposure at this level)

— BeijingAir (@BeijingAir)January 28, 2015

Les émissions des pots d'échappements des voitures ne sont pas les seules responsables du nuage de pollution qui étouffe cette ville de plus de 21 millions d'habitants. Les émissions des centrales de charbon et les cheminées industrielles polluent également l'air. Le pays le plus peuplé du monde est désormais celui qui consomme le plus d'énergie, et près de 70 % de son électricité vient du charbon, selon des estimations américaines.

Wang a également appelé à limiter le nombre de nouvelles voitures dans la ville, retirer 180 000 vieilles voitures de plus des routes et contenir la croissance de la population. Mais s'il peut se débarrasser des vieilles voitures et repousser les industries polluantes hors de la ville, il ne peut pas tout faire seul.

« C'est le maire. Il n'est pas en charge de la production de charbon, » explique Turner.

D'après elle, au moins 350 millions de Chinois devraient aller vivre en ville dans la décennie qui vient — l'équivalent de la population américaine. L'augmentation des maladies, et les préoccupations croissantes des entreprises internationales forcent les autorités chinoises à prendre position sur les problèmes environnementaux.

« Le maire de Pékin, Shenzhen ou Shanghai ne peut pas être timide, » dit-elle jugeant les prises de paroles plus directes sur ces points.

Le président chinois Xi Xinping a déclaré la semaine dernière que son pays devrait protéger « son environnement de la même manière qu'une personne traite sa propre vie. » En s'adressant aux responsables politiques de province depuis un village au bord d'un lac du sud ouest de la Chine, Xi Xinping a déclaré devant les autorités locales que s'il revenait dans quelques années, « L'eau devrait être encore plus claire qu'aujourd'hui. Sinon, je les en tiendrai responsables. »

Suivez Matt Smith sur Twitter: @mattsmithatl