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Crime

La Chine condamne la présence d'un navire de guerre américain en mer de Chine méridionale

Les Américains ont décidé de s’aventurer dans ces eaux pour « défier les revendications maritimes exagérées » de la Chine, de Taïwan, et du Vietnam, qui cherchent à restreindre les droits de navigation dans la zone, selon le Pentagone.
11.5.16
Photo via US Navy/Reuters

La Chine a déployé des avions de combat ce mardi, quand un navire de la marine américaine s'est approché d'un récif corallien, occupé par Pékin en mer de Chine méridionale. Cette patrouille américaine a été vivement condamnée par les autorités chinoises. Elles estiment qu'il s'agit d'une menace pour la paix et en ont profité pour affirmer que les infrastructures de défense installées dans la zone sont donc nécessaires.

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La frégate USS William P. Lawrence s'est approchée à 12 milles marins du récif de Fiery Cross occupé par la Chine, a annoncé le porte-parole du Département de la défense américain, Bill Urban.

Le ministère de la Défense chinois a indiqué que deux avions de combat et trois navires de guerre ont suivi le navire américain pour lui signifier de partir.

Si les Américains ont décidé de s'aventurer dans ces eaux, ils l'ont fait dans le cadre d'une opération intitulée « liberté de navigation ». Ils souhaitaient ainsi « défier les revendications maritimes exagérées » de la Chine, de Taïwan, et du Vietnam, qui cherchent à restreindre les droits de navigation en mer de Chine méridionale, selon Urban.

« Ces revendications maritimes excessives sont contraires aux lois internationales, dont la Convention sur le droit de la mer, puisqu'elles visent à restreindre les droits de navigation auxquels les États-Unis et les autres pays ont droit, » a précisé Urban dans un communiqué envoyé par e-mail.

La Chine et les États-Unis s'accusent mutuellement de conduire des opérations de militarisation en mer de Chine méridionale. La Chine réclame plusieurs territoires dans la zone et entreprend des chantiers sur des terres disputées, alors que les États-Unis multiplient les patrouilles et les exercices.

Sur le récif de Fiery Cross, on trouve désormais une piste d'atterrissage de 3 000 mètres de long. Les États-Unis craignent que la Chine s'en serve pour imposer ses revendications territoriales aux acteurs plus faibles de la zone.

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La patrouille américaine « prouve encore une fois que la construction de structures de défense chinoises sur les récifs des îles Nansha est complètement raisonnable et absolument nécessaire, » a indiqué le ministère de la Défense chinois, utilisant le nom chinois des îles Spratleys.

Le porte-parole des Affaires étrangères chinois, Ku Lang, a déclaré que le navire américain est entré illégalement dans les eaux chinoises.

« Cette action menée par les États-Unis a menacé la souveraineté et la sécurité de la Chine, a mis en danger le personnel et les installations du récif, et a écorné la stabilité et la paix dans la région, » a indiqué le porte-parole lors d'un point quotidien avec la presse.

La Chine réclame la majeure partie de la mer de Chine méridionale, où l'équivalent de 5 000 milliards de dollars de marchandises circulent chaque année. Les Philippines, le Vietnam, la Malaisie, Taïwan et le Brunei revendiquent des territoires qui se chevauchent.

Le mois dernier, le Pentagone a demandé à la Chine d'assurer qu'elle ne comptait pas déployer des avions militaires dans les îles Spratleys — après avoir utilisé un avion militaire chinois pour évacuer des ouvriers malades de Fiery Cross.

« Fiery Cross est un endroit sensible parce qu'il pourrait devenir le hub des opérations militaires chinoises en mer de Chine méridionale, au vu des infrastructures déjà installées, dont le grand port et la longue piste d'atterrissage, » explique Ian Storey, un expert de la mer de Chine méridionale au ISEAS Yusof Ishak Institute de Singapour.

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« Le timing est intéressant aussi. Cela permet de montrer la détermination du président Obama avant de se rendre au Vietnam à la fin du mois. »

S'exprimant depuis le Vietnam, le secrétaire d'État adjoint pour l'Asie de l'est et le Pacifique, Daniel Russel, a déclaré que les opérations de liberté de navigation étaient importantes pour les plus petits pays.

« Si la marine la plus puissante au monde ne peut pas naviguer là où les lois internationales le permettent, qu'est-ce qui va arriver aux navires des plus petites nations ? » a interrogé Russel devant des journalistes avant que la patrouille américaine ne soit rendue publique.

La Chine avait déjà réagi avec violence suite à de précédentes opérations de « liberté de navigation » américaines — notamment lors du survol d'avions de combat près du récif de Scarborough le mois dernier, et quand des bombardiers américains ont volé près des installations chinoises en construction vers le récif de Cuarteron sur les îles Spratleys en novembre dernier.

À lire : « S'il vous plaît, partez » : un avion espion américain se fait refouler par la marine chinoise

Les autorités navales américaines pensent que la Chine va commencer à construire des installations sur le récif de Scarborough, qui se situe au nord des îles Spratleys et à l'intérieur de la zone économique exclusive des Philippines.

Les Philippines viennent d'élire un nouveau président ce lundi, Rodrigo Duterte, qui est connu pour son langage fleuri. Il a proposé d'organiser des négociations multilatérales au sujet de la mer de Chine méridionale.


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