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Crime

Le Canada va arrêter de bombarder l’État islamique

Dans la foulée de son élection, le nouveau Premier ministre du pays, Justin Trudeau a annoncé ce mardi au président américain, Barack Obama, que son gouvernement allait mettre fin aux frappes aériennes en Syrie et en Irak.

par Justin Ling
21 Octobre 2015, 9:00am

Image via Canadian Armed Forces

Le nouveau Premier ministre du pays, Justin Trudeau, qui a conquis une confortable majorité lors des élections législatives de ce lundi, a annoncé retirer les avions canadiens engagés en Irak et en Syrie, un an après qu'Ottawa a démarré sa campagne de bombardement.

Le nouveau Premier ministre du Canada a informé le président Barack Obama de sa décision par téléphone ce mardi après-midi, a confirmé Trudeau lors d'une conférence de presse tenue à Ottawa.

Alors que Trudeau a déclaré que le président américain comprenait son besoin de tenir la promesse faite durant la campagne, la Maison Blanche avait cependant indiqué mardi matin qu'elle souhaitait que le Canada continue à participer aux bombardements.

Dans le compte rendu de cet appel téléphonique diffusé par la Maison Blanche, il n'est fait aucune mention de la décision du Canada de rappeler ses avions de chasse F-18.

Trudeau n'a pas voulu donner d'échéance précise pour ce retrait, il a néanmoins indiqué qu'il ferait revenir les avions canadiens d'une « manière responsable ».

Le leader du parti libéral, qui a remporté une victoire impressionnante lors des élections de lundi, avait promis à plusieurs reprises durant la campagne électorale qu'il arrêterait les bombardements contre l'organisation terroriste État islamique (EI).

À lire : Au Canada, les Libéraux de Justin Trudeau remportent une écrasante victoire lors des législatives

Actuellement, le Canada compte sept avions de chasse F-18 au sein de la coalition internationale qui mène une campagne aérienne (sous l'égide des États-Unis) contre l'EI. En complément des F-18, le Canada avait aussi déployé deux avions de surveillance Aurora, et une poignée d'avions de transport et de ravitaillement.

L'explication donnée par le Parti libéral canadien (victorieux ce lundi) pour justifier le retrait des forces aériennes, est de dire qu'il y a, selon eux, de meilleurs usages pour les forces canadiennes dans la région, comme des programmes d'entraînements ou humanitaires.

« Nous devons prendre part à l'entraînement des troupes locales sur place afin de vraiment combattre ISIS [un acronyme désignant l'EI], » a dit Trudeau à la BBC dans une interview réalisée pendant la campagne.

Le désormais ex-Premier ministre canadien, Stephen Harper, battu ce lundi, s'est fendu d'un commentaire sur la décision de Trudeau. Harper a insinué que se retirer de cette mission ébranlerait la réputation du Canada parmi ses alliés, tout en donnant plus de latitude à l'EI pour se développer.

Les avions de chasse du Canada ont réalisé 1 046 sorties, mais seulement une petite partie d'entre elles se sont soldées par des bombardements.

Alors que la force de feu du Canada est restée relativement sous-utilisée, l'armée de l'air canadienne s'est félicitée du travail de ses avions de surveillance, qui représentent une part cruciale de la contribution du Canada au sein de la coalition.

Trudeau n'a pas fait de commentaires ce mardi quant aux forces spéciales canadiennes basées en Irak, mais le nouveau Premier ministre avait précédemment annoncé qu'il maintiendrait ces forces spéciales en place dans le nord de l'Irak. Environ 69 membres des forces d'opérations spéciales d'élite du Canada — la Deuxième Force opérationnelle interarmées (JTF2) — entraîne actuellement les milices kurdes dans la région. Elles ont, par le passé, aidé à identifier des cibles pour les frappes de la coalition, et parfois permis de riposter contre les combattants de l'EI.

Des critiques ont été émises à l'encontre du plan de Trudeau d'étendre les programmes d'entraînement dans la zone.

Jason Kenney, le ministre sortant de la Défense, a déclaré à VICE News en septembre que l'armée canadienne avait pensé à étendre le programme d'entraînement pour les forces de sécurité irakiennes. Finalement, l'armée avait décidé de ne pas poursuivre cette extension, échaudée par la progression « décevante » des forces irakiennes entraînées par les Canadiens à Bagdad.

En revanche, Kenney n'est pas contre offrir plus d'entraînements aux milices minoritaires, comme les Yézidis ou les forces assyriennes.

Suivez Justin Ling sur Twitter : @justin_ling