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Les orques pourraient devenir les nouveaux superprédateurs dans les eaux du Nord

En plus de leur extrême férocité, elles sont des créatures marines des plus intelligentes et rapides.
Mack Lamoureux
Toronto, CA
Une machine à tuer. Photo : Shawn McCready sur Flickr.

Attention, les orques approchent.

Il y a quelques années, la visite d'une orque près de Churchill au Manitoba était exceptionnelle. Moins maintenant, car en l'absence de glace de mer, l'un des prédateurs marins les plus redoutables explore la baie d'Hudson.

Churchill, la capitale de l'ours polaire au Canada, illustre un des graves problèmes du Nord : en raison des changements climatiques, il y a moins de glace en mer. Et plus d'orques. Elles sont d'ailleurs en voie de détrôner les ours polaires.

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« Nous observons beaucoup plus d'orques dans la baie d'Hudson. Ce sont de magnifiques et intéressants prédateurs. Très efficaces », a déclaré à CBC Steven Ferguson, un chercheur de Pêches et Océans Canada. « Elles semblent se nourrir d'autres baleines et de phoques. J'imagine que si nous perdons la glace de mer, elles remplaceront les ours polaires comme plus grands prédateurs. »

On ne doit pas voir les orques comme de gentilles baleines qui font des numéros dans les parcs aquatiques. Elles n'appartiennent pas à la famille des baleines, mais plutôt à celle des dauphins. Son nom en anglais, killer whale, serait une erreur de traduction de son nom en espagnol, asesina de ballenas : « whale killer ».

En plus de leur extrême férocité, elles sont des créatures marines des plus intelligentes et rapides. Elles tuent et dévorent des requins. Elles peuvent même se hisser sur la plage pour attraper des phoques. Ce n'est pas de bon augure pour la faune aquatique du Nord canadien, en particulier les bélugas. On estime leur population dans la baie d'Hudson entre la mi-juin et la fin septembre à 57 000 individus, soit 35 % de la population mondiale. Comme ils sont charnus, ce sont des proies irrésistibles pour les orques. Des festins vivants pour Free Willy.

Auparavant, les orques ne s'y aventuraient pas à cause de la glace, mais maintenant elles peuvent élargir leur royaume. Des études de la NASA montrent qu'en raison des changements climatiques, la surface de la glace de mer dans l'Arctique décline de 13,3 % par décennie. À ce rythme, les orques pourront bientôt occuper toute la baie d'Hudson et les eaux environnantes, ce qui changera profondément la chaîne alimentaire et l'écosystème marin du Nord.

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