
Kristine : Je pense que tout le monde a un côté diabolique, qui fait surface en certaines circonstances. Tout le monde sait qu’il est là. Lors de mon séminaire, je ne vais pas essayer de trouver un remède contre le mal, mais je vais le disséquer, l’analyser et tenter de le comprendre. Comprendre le mal est la première étape. Les Norvégiens sont-ils plus susceptibles de pencher vers le côté obscur que les autres nationalités ?
Je crois que le mal a fait son grand retour en Norvège avec Anders Behring Breivik, lors de la tuerie de 2011 [qui a causé 77 morts]. Tout le monde est plus ou moins d’accord pour dire qu’il est diabolique, même si certaines personnes défendent encore son idéologie. Dans mon cours, nous réfléchirons sur ce qui peut nous mener, dans notre société, à avoir de telles pensées. Nous tiendrons aussi des débats sur des questions telles que : « Un acte peut-il être diabolique si l’on considère que l’on œuvre pour le bien ? » Les jeunes doivent pouvoir répondre à ce genre de questions. Qu’est-ce qu’il y aura d’autre dans votre programme ?
Ce serait intéressant que des satanistes interviennent lors de mon séminaire pour raconter leur histoire et voir si les étudiants trouvent cela révoltant ou, au contraire, attirant. J’aimerais confronter le bien et le mal. Par exemple, nous pourrons réfléchir sur des similarités entre Hitler et Mère Teresa. Ont-ils agi selon leurs propres motivations ou étaient-ils des produits de leur temps ? Après neuf mois de réflexion sur ce genre de questions, je me dis que mes étudiants pourront peut-être à leur tour faire du bien à la société.