Le numéro Embuscade

Même les bourreaux ont un cœur

Vendredi 28 avril, un tribunal français condamnait pour la première fois un employé d’abattoir pour actes de cruauté. Mais qui sont vraiment les ouvriers qui tuent les bêtes ?
Alexis Ferenczi
Paris, FR
5.5.17

Marc, ancien employé d'un établissement situé dans les Cévennes, a été condamné vendredi 28 avril pour maltraitance animale. Une première pour la justice française. Comme le rappelle Le Monde, le tribunal d'Alès a prononcé une peine plus faible que les réquisitions du procureur – une amende et une interdiction d'exercer en abattoir pendant cinq ans. Les raisons invoquées ? Le jeune âge du prévenu (24 ans) et le fait qu'il soit « confronté à la pratique d'un métier difficile ».

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Ce « métier difficile » justement, auteur, journaliste ou cinéaste s'y sont récemment intéressés, rappelant par exemple que souffrance humaine et animale étaient inextricablement liées.

Comme la majorité des gens ayant grandi en ville, vous avez probablement aperçu vos premiers morceaux de barbaque chez le boucher – un monsieur moustachu (souvent) avec qui vous avez bien rigolé (parfois), malgré les impressionnantes taches de sang qui maculaient son tablier. Votre rapport à la viande a ensuite évolué au fil des années et, après avoir découvert que le foie de veau n'était pas si mauvais, vous avez fini par déambuler comme tout le monde dans les rayons de la grande distribution à la recherche d'un steak haché.

Vos élans carnistes ont pu être douchés par les dernières vidéos de l'association L214, où l'on voit vaches et moutons être maladroitement dépecés à vif. Avec ces slashers, l'association souhaitait dénoncer certaines pratiques barbares observées dans l'industrie agroalimentaire. Elle a eu le don d'éveiller quelques consciences, tout en faisant passer les gens qui travaillent dans les abattoirs pour des potentiels héritiers du Butcher – ce boss de Diablo armé d'un hachoir, qui aime le goût et l'odeur du sang.

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