Ode aux deux millions de chats du Québec

Un texte profond et des photos de chats pour célébrer le fait que c’est vendredi.
3.3.17

On nous a promis de nouvelles statistiques, des chiffres « étonnants et exclusifs » sur nos bons amis les félins dans le cadre de la Semaine nationale de la stérilisation animale du Québec. Nous n'avons pas été déçus.

Constat : les chats sont plus populaires que jamais au Québec. « ILS SONT MAINTENANT PRÈS DE 2 MILLIONS! » hurle-t-on en majuscules dans un communiqué dont je soupçonne qu'une partie de la rédaction est de Marie-Chantal Toupin.

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Cette estimation de la population féline se base sur un coup de sonde réalisé auprès de 1400 ménages québécois. On indique que 33 % d'entre eux ont un ou des chats (en moyenne 1,7 chat par ménage, dit-on), ce qui donnerait environ deux millions de chats à la grandeur de la Belle Province.

Deux millions de chats. C'est comme deux millions de dollars, mais au lieu des dollars, ce sont des chats.

Il y a environ huit millions de personnes au Québec. Selon mes savants calculs, en additionnant ces deux populations, ça donne à peu près la proportion suivante : humain, humain, humain, humain, humain, humain, humain, humain, chat, chat.

On a donc 80 % d'humains et 20 % de chats, comme l'exprime cet habile graphique.

À mes yeux, ce n'est toujours pas une quantité suffisante de félins. Je souhaiterais plutôt l'instauration d'une proportion inverse, 80 % de chats et 20 % d'humains. Mais deux millions de chats, c'est un bon début.

Le chiffre me fait frémir de bonheur, l'excitation est telle que j'en ai de la difficulté à respirer – et pas uniquement parce que j'y suis allergique. Oui, je meurs un peu chaque fois que je rends visite aux quatre chats de ma mère (qui n'est étonnamment pas célibataire), je me retrouve couverte de poils et d'amour de matous aussi idiots que dépendants affectifs, mon nez prend feu, je me transforme petit à petit en personnification de l'éternuement, c'est un rave de mucus, je fais des plaques, je deviens aveugle tant mes yeux me démangent.

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Schématisation d'une dure réalité :

Mais tout est correct parce que c'est uniquement lorsque je suis recouverte de quatre boules de poils toxiques pour ma survie que j'atteins l'unique mais réel nirvana.

Ça, c'est l'effet que me font quatre chats. Je m'imagine maintenant réunir deux millions de chats. J'en profiterais pour faire un cover de Dalida et changer les paroles « Moi je veux mourir sur scène » pour « Moi je veux mourir dans une piscine olympique remplie de tous les chats de la province, car c'est la seule manière digne de quitter ce monde en paix ».

Ce serait un bien beau vendredi.

Un bond de chats

La popularité des chats au Québec est sans précédent et ne cesse de croître depuis les 20 dernières années. En 1997, environ un foyer sur quatre avait un minet comme animal de compagnie. Actuellement, la proportion a atteint un tiers des foyers.

C'est chez les 45-54 ans que les chats sont d'ailleurs les plus populaires et ce sont les plus susceptibles d'en avoir deux à la fois. 40 % des ménages du Québec qui ne sont pas sans chat en comptent deux ou plus.

On note également une hausse de la popularité des chats auprès des retraités. « Connaissant l'importance des animaux pour briser la solitude, nous ne pouvons qu'être très heureux de cette nouvelle », se réjouit-on dans le communiqué.

J'aspire à me joindre à eux quitte à en compromettre ma survie.

À noter que l'Association des médecins vétérinaires du Québec « réitère l'importance de promouvoir la stérilisation au Québec, et ce, afin de réduire les abandons et, indirectement, la souffrance animale ». Les journalistes étaient invités à une stérilisation en direct dans les locaux de la Société de protection des animaux (SPA) mercredi. C'est à grand regret que nous avons choisi de ne pas y assister.