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Dès lors, la pizza se fait une place à côté de la bouillabaisse. Plat populaire et convivial par excellence, le plat est très vite adopté par les Marseillais. À tel point qu'aujourd'hui encore, « certains jeunes pensent même que la pizza, c'est complètement marseillais ! », s'amuse Michel Ficetola. D'ailleurs à Marseille, on retrouve des pizzas vendues « à la part », exactement comme les premiers Napolitains en vendaient. La preuve que « les Napolitains sont toujours là, certaines familles maintiennent la tradition ».LIRE AUSSI : À Marseille, le bon fromage se deale en bas des tours
La Reine, une des spécialités du camion Pizzas Charly.
La pizza de John Berg, aux couleurs de l'Italie.
Champion du mondeCertes, au rayon des faits divers qui impliquent des hommes et des pizzas, la région de Marseille bat tous les records et regorge d'histoires plus improbables les unes que les autres. Du côté d'Aix-en-Provence, un pizzaïolo payait son avocat en pizzas, pour près de 4 000 euros d'honoraires. À Aix toujours, il n'est pas rare de se retrouver au beau milieu d'une bagarre générale où les coups qui pleuvent sont en fait des pizzas. Et c'est sans parler des pizzaïolos vendeurs de cocaïne ou de la fameuse histoire de l'agresseur de livreurs.John Berg, le champion de France, connaît sa pizza sur le bout des doigts : de la farine, moulue à la pierre dans des hauts plateaux alpins, jusqu'à sa mozzarella confectionnée à Aix-en-Provence.
John Berg, champion de France de Pizza, façonne sa pâte à la main.
Cette fameuse part, entourée de papier, n'importe quel Marseillais a forcément louché dessus au moins une fois en passant devant. Elle est vendue à l'entrée de Noailles, dans les artères les plus vivantes de la ville, à l'endroit même où les étals débordent de produits frais tous les jours. Impossible donc de ne pas faire un détour par Pizza Charly, le comptoir emblématique du marché, ouvert toute l'année. Les pizzas s'étalent ici sous vos yeux et derrière les vendeuses, les pizzaïolos s'affairent à toute heure. On les consomme à la part, au quart, au tiers ou au demi. On croque dans une poulet crème, une quatre-fromages ou une arménienne (toutes bien garnies) pour quelques euros.LIRE AUSSI : Le chef qui mettait la bouillabaisse en burger
Chez Pizza Charly, une institution de la pizz' marseillaise.
L'ancêtre marseillais du food-truckÀ Marseille, difficile aussi de ne pas passer par la case camion. À la sortie du cinéma, sur les places, à côté des bars, à la sortie du stade Vélodrome, ils font partie du paysage de la ville. Et si aujourd'hui, on peut presque affirmer que camion pizza est l'ancêtre du food-truck, c'est encore de la faute d'un Marseillais. « L'histoire, c'est celle d'un steward, Jean Meritan, qui a vu des baraques à frites pendant ses voyages et a eu l'idée lumineuse de convertir cette idée avec la pizza. Il crée le camion en 1962, sans s'imaginer le phénomène que c'est devenu », raconte Luc Gaston Garcia. Pour le président de la Fédération des artisans pizza en camion-magasin, l'époque où les premiers camions ont débarqué dans les quartiers reste un événement : « Il fallait y être pour comprendre. Aujourd'hui, le camion à pizz' reste un lieu de rencontre, il remplit un rôle social. »Au dernier recensement, ils ne seraient pas moins de 4 000 camions pizza à sillonner les routes de France – et seulement 56 à Marseille. Un « numerus clausus », à la manière des licences de taxi, difficiles à obtenir.
Le célèbre Pizzas Charly est l'un des 56 camions pizza de la cité phocéenne.