Ces gravures préhistoriques décriraient un impact de comète apocalyptique

Des scientifiques ont déchiffré la mystérieuse « pierre aux vautours » trouvée dans les ruines de Göbekli Tepe, un site archéologique vieux de 11500 ans.
4.5.17

Une histoire incroyable immortalisant un impact de comète apocalyptique est peut-être gravée sur les piliers du premier temple connu, Göbekli Tepe, érigé par l'homme il y a quelque 11 500 ans au sud de la Turquie.

L'excavation du site se poursuit depuis vingt ans, et a permis de mettre à jour des mégalithes sculptés représentant des animaux et des humains. Devant cette découverte extraordinaire, les scientifiques ont dû revoir la chronologie de la civilisation humaine et ont entrepris de décoder la signification des pictogrammes complexes gravés dans la pierre.

Dans une étude récente publiée dans le journal Mediterranean Archeology and Archaeometry, l'ingénieur en chimie de l'Université d'Édimbourg Martin Sweatmab et le post-doctorant en bioingénierie Dimitrios Tsikritsis ont proposé une nouvelle hypothèse relative à ces gravures : elles commémoreraient le chaos et la dévastation semés par une pluie de météores il y a 12 900 ans.

Cet impact hypothétique est considéré comme une cause possible de l'entrée de notre planète dans une période de refroidissement global – le Dryas – qui a eu lieu il y a entre 12900 et 11700 ans. Cependant, ce sujet est l'objet de grands débats au sein de la communauté scientifique, qui ne s'accorde pas à dire que cet événement a pu amorcer un tel refroidissement, ou même qu'il a bel et bien eu lieu. Certains scientifiques ont même suggéré que la révolution néolithique (l'émergence de l'agriculture et de cités-états), qui a engendré des changements de mode de vie à la base de nos civilisations modernes, aurait été catalysée par les basses températures du Dryas. Face à ce changement climatique, les ressources alimentaires des chasseurs-cueilleurs se seraient raréfiées, forçant les peuples à cultiver les terres et à abandonner la vie nomade.

Sweatman et Tsikritsis pensent que les pictogrammes de Göbekli Tepe constitueraient des sortes d'archives de ce moment charnière de l'histoire humaine. Leurs hypothèses s'appuient pour l'essentiel sur « la pierre aux corbeaux », également connue sous le nom plus prosaïque de pilier 43, carré D. La pierre est décorée d'un ensemble varié de symboles animaux, dont un scorpion, un bouquetin, et des oiseaux exhibant des poses diverses. En bas de la scène, on distingue un homme sans tête, tandis que la partie supérieure est bordée de motifs en forme de sacs à main.