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Le verre de trop : quand l'abus d'eau devient dangereux pour la santé

Des médecins anglais affirment que conseiller aux patients malades de « rester hydraté » pouvait entraîner certaines complications.
Phoebe Hurst
London, GB

Quand vous comatez sur votre lit à cause de la grippe, d'une intoxication alimentaire, de la gueule de bois ou simplement de la vie qui est bien dure avec vous en ce moment, vous savez qu'il n'y a pas rien d'autre à faire pour résorber le mal que de s'emmitoufler sous deux kilomètres de plaids et de couette devant le dernier épisode de Mon Oncle Charlie.

Et puis, comme le répète souvent votre mère, il faut boire beaucoup d'eau.

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Il s'avère que votre mère n'est pas médecin. Boire de l'eau pour chasser les microbes – au même titre que la soupe de vermicelles ou le Toplexil – pourrait en fait ne pas être une super idée. Dans un article publié par BMJ Case Reports, des médecins du King's College Hospital à Londres ont déclaré que le vieil adage « boire de l'eau pour se rétablir » ne repose sur aucune preuve scientifique.

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Dans l'article, ils expliquent : « On conseille souvent aux patients de 'boire beaucoup de fluides' et de rester 'bien hydraté' quand ils ne se sentent pas très bien. Mais qu'est-ce que cela veut dire ? Est-ce qu'il y a des risques potentiels dans cette substance qu'est l'eau et qui semble à première vue exempte de tout danger ? »

Les docteurs se sont posé la question quand ils ont commencé à traiter une patiente qui avait bu beaucoup trop d'eau après avoir développé les symptômes d'une infection urinaire. Sur les conseils de son médecin traitant, elle avait bu des pintes d'eau toutes les 30 minutes pour tenter de « vidanger le système ».

Grossière erreur. La patiente a terminé aux urgences où elle a été diagnostiquée avec une hyponatrémie aiguë. Un état causé par un très faible niveau de sel dans le sang généralement observé chez les gens qui boivent trop d'eau sur une courte période de temps. Les symptômes ? Vomissements, maux de tête et dans les cas extrêmes ; arrêts cardiaques, coma, voire, la mort.

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Les docteurs sont heureusement parvenus à sauver la patiente en limitant sa prise de fluide à 1 litre pendant les 24 heures qui ont suivi son admission. L'article se conclut ainsi : « Comme démontré ci-dessus, les effets négatifs d'une prise accrue de fluides incluent vomissements, troubles de la parole et un risque de détérioration de la santé de l'individu provoqué par une faible concentration de sodium dans le plasma sanguin »

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Les médecins du King's College ne sont pas les premiers à remettre en question l'impact de l'eau et le conseil pourtant donné par des professionnels. Plus tôt dans l'année, une étude de l'université de Monash en Australie conseillait aux gens de « boire en fonction de la soif plutôt que d'un agenda élaboré » et les récentes recommandations de la Harvard Health Letter soulignent qu'on a besoin que de quatre à six verres d'eau par jour et pas le litron réglementaire souvent évoqué.

Est-ce qu'il sera possible un jour de définir exactement la quantité d'H2O qu'on peut s'envoyer ? Le D. Imran Rafi, du Royal College of GPs en doute. Il a commenté l'article du King's College Hospital en ces termes : « Nous devrions encourager les patients à boire plus s'ils ont les symptômes de la déshydratation – comme avoir soif, notamment par temps chaud ou quand ils font de l'exercice, ou quand ils ont l'urine plus foncée. Il n'y a pas de recommandation définitive quant à la consommation d'eau. Les gens doivent en boire pour rester en bonne santé mais la chose la plus importante, c'est de rester hydraté – et l'urine claire est le meilleur indicateur dans cet état de fait. »

Vous avez entendu le docteur.