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Une semaine en compagnie d’un partisan d’Emmanuel Macron

Félix Macherez

Félix Macherez

On a filé un appareil photo jetable à Thierry Gibert, un militant de 45 ans d’En Marche !, pour qu’il photographie son quotidien de campagne.

Pour ce nouvel article de la série « La vie des autres », on a filé un appareil photo à Thierry, militant de 45 ans pour le parti En Marche !.


À un jour du scrutin, les quatre candidats en tête des sondages – dans l'ordre : Macron, Le Pen, Mélenchon et Fillon – se tirent toujours la bourre. Emmanuel Macron a été dans le duo de tête dès son annonce de candidature à l'élection présidentielle, avec une constante de plus ou moins 25 % d'intentions de vote. À en croire ces chiffres, le candidat d'En Marche ! devrait être présent au second tour. Mais si les sondages disaient vrai, le Royaume-Uni serait encore dans l'Union Européenne et Donald Trump serait en train de faire écrire l'Art de la négociation, deuxième volume. Rien n'est sûr, donc.

Pour comprendre la dynamique En Marche ! – et accessoirement voir quel genre de personne votait pour Macron – j'ai donné un appareil photo jetable à Thierry Gibert, 45 ans, membre de l'UDE et du Front Démocrate, et militant En Marche !. Thierry a rejoint Macron après le résultat du deuxième tour de la primaire de la gauche, et a mené une campagne de terrain. Il a parallèlement demandé l'investiture EM ! aux législatives – et attend la réponse du parti. J'ai récupéré l'appareil juste après le dernier grand meeting de Macron à Bercy, avant de lui poser quelques questions.

Des gens font la queue pour entrer au meeting de Macron, à Bercy.

VICE : Bonjour Thierry, vous êtes membre du bureau national à l'UDE et référent départemental du Front Démocrate dans le 92. Pourquoi avoir rejoint En Marche ! ?
Thierry Gibert : J'ai repéré Macron lorsqu'il est arrivé au ministère des Finances. J'aimais déjà son profil atypique. En 2016, il a monté les Jeunes avec Macron. J'étais présent au premier rassemblement des jeunes entrepreneurs – 200 personnes ont assisté à ce meeting alors que Macron n'était pas encore la star du moment. Il y avait déjà une belle mise en scène du sujet, une initiative intéressante. Je ne savais pas qu'il allait se présenter aux présidentielles mais je trouvais qu'il incarnait le nouveau visage de la France.

À l'issue du second tour de la primaire de la gauche, fin janvier, j'ai décidé de le rejoindre. On a fait un meeting à l'UDE pour savoir quel candidat choisir : Hamon ou Macron. Quatre personnes sur 40 soutenaient Macron. Je faisais partie de ces quatre-là. Pour le projet et la méthode, principalement.

Je vois. Ça fait combien de temps que vous êtes dans la politique ?
Une dizaine d'années. Je me suis engagé réellement en 2008. C'est ma troisième élection présidentielle de l'intérieur. En 2007, j'ai voulu adhérer au parti de Bayrou. Aujourd'hui c'est Macron. C'est cohérent.

En tant qu'habitué, comment décririez-vous cette campagne présidentielle ?
Lors des campagnes, ce sont les médias qui – généralement – mettent en lumière les axes des candidats, et qui créaient le débat sur un ou deux sujets importants qui deviendront les thèmes de la campagne. Mais cette fois-là, les affaires ont tout saboté. On a abruti les Français avec les affaires. C'est dommage.

Les refoulés du meeting. Près de 20 000 personnes n'ont pas pu s'y rendre.


Et que pensez-vous de la campagne des militants du parti En Marche ! ?
Cette campagne a rassemblé des femmes et des jeunes. Ils ont pris la parole, se sont exprimés. C'est dans ce sens que la campagne de Macron a été réussie. Mais je trouve que l'effet Macron n'a pas été aussi important que prévu. Il n'y a pas eu de galvanisation, ce qui n'a pas permis de souder vraiment les militants entre eux lors de la campagne. C'est un peu décevant de ce côté-là.

Et là, juste avant qu'on se voie, j'étais au meeting de Macron à Bercy, et 20 000 personnes sont restées sur le carreau, sans pouvoir voir le dernier discours. Ils se sont fait refouler. Il y avait trop de monde, ce qui est une bonne chose en soi, mais j'ai trouvé qu'il y avait un manque de considération de l'individu : les gens sont venus de loin et ont dû rester dehors pour suivre depuis l'écran géant qui se trouve derrière Bercy.

Vous demandez une investiture En Marche ! aux législatives. Si votre demande n'aboutit pas, que faites-vous ?
Je n'irais pas à l'UDE de toute façon. Pas question de jouer le jeu politique. Je me bats pour des projets, et c'est pour ça que je joue l'aventure Macron. Mais si ça ne marche pas – vu le nombre conséquent de demandes – j'irai seul. Je me présenterais avec un projet qui met en avant la laïcité – puisque je suis administrateur départemental de la FCPE et président départemental de Force Laïque.

Selon vous, qui sera au second tour demain ?
Tout peut arriver, mais je pense que Macron va être au second tour. L'autre candidat sera sans nul doute Marine Le Pen.

OK. Merci, Thierry.

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