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Les chasseurs d'extraterrestres cherchent toujours le Chevalier Noir

En 1899, Nikola Tesla entendit des extraterrestres.
6.6.16
Image: NASA

En 1899, Nikola Tesla entendit des extraterrestres.

Le pionnier de la radio avait construit une énorme tour dans sa maison/laboratoire de Colorado Springs dans le but de conduire des expériences sur la transmission d'énergie sans fil, mais au lieu de cela, il pourrait bien être devenu malgré lui la toute première personne à recevoir un message venu du cosmos.

« J'ai l'intime conviction qu'il existe des êtres extrêmement intelligents sur Mars, expliqua Tesla à un journaliste en 1923. Pendant que je menais des expériences dans le Colorado, j'ai obtenu des preuves irréfutables qu'il y a de la vie sur Mars. J'avais construit un récepteur radio hyper sensible, bien au-delà de tout ce qu'on connaissait alors, et j'ai intercepté des signaux que j'ai interprété comme signifiant 1—2—3—4. Je pense que les Martiens utilisaient des chiffres pour communiquer parce que les chiffres sont universaux. »

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Malgré l'intime conviction de Tesla, ses hypothèses farfelues suscitèrent l'ire de ses contemporains, dont beaucoup ne virent guère plus dans ses affirmations qu'un coup de publicité. Depuis lors, toutefois, l'hypothèse un peu folle de Tesla a connu un regain d'intérêt, et la Tesla Society semble penser qu'il a réellement reçu des ondes radio venues de l'espace profond, à moins qu'il ne se soit agi d'interférences causées par des tempêtes sur Jupiter.

La station expérimentale de Tesla à Colorado Springs. Image: Wikimedia

Ok, c'est un peu moins excitant que de recevoir un coup de fil d'ET. Mais au 20ème siècle, une nouvelle théorie a émergé, qui affirme que Tesla a en fait été contacté par un satellite extraterrestre en orbite autour de la Terre depuis 13.000 ans, et qui est depuis connu sous le nom de Chevalier Noir.

L'histoire du Chevalier Noir est en réalité un ramassis de différentes histoires indépendantes les unes des autres, qui toutes impliquent un objet non identifié en orbite autour de la Terre, mais qui n'ont pas grand-chose d'autre en commun. Personne ne sait vraiment quand le mythe est né, ni qui en est à l'origine, mais son histoire couvre une période qui va des expériences de Tesla à la fin du 19ème siècle jusqu'au lancement de la Station Spatiale Internationale. Les preuves de l'existence du Chevalier Noir, elles, vont de rumeurs propagées sur Internet à des photos censées être "indiscutables".

Selon ceux qui y croient dur comme fer, le Chevalier Noir est à nouveau entré en contact avec la Terre en 1927. Cette fois, la transmission supposée a été interceptée par un ingénieur norvégien nommé Jørgen Hals.

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Alors qu'il menait des expériences sur les signaux radio, Hals remarqua que certains signaux lui revenaient plusieurs secondes après la fin de la transmission initiale. Il n'avait aucune explication satisfaisante à ces échos retardataires. Et d'ailleurs, plus de 80 ans après sa découverte, personne ne sait encore vraiment expliquer ces échos d'un autre genre, ce qui en fait un sujet d'étude privilégié des passionnés de théories du complot.

En 1973, l'auteur de science fiction Duncan Lunan écrivit un article dans Spaceflight Magazine où il laissait entendre qu'un objet extraterrestre en orbite autour de la Lune depuis 13.000 ans pourrait être la source de ces échos. Pour des raisons peu évidentes, la plupart de ceux qui croient au Chevalier Noir citent souvent la sonde spatiale décrite par Lunan comme une manifestation potentielle du mystérieux satellite, alors que lui-même n'a jamais fait mention du Chevalier Noir. La persistance de ces rumeurs a même conduit Lunan à nier officiellement avoir quoi que ce soit à voir avec ces théories.

Le Chevalier Noir "réapparut" au début des années 1960, quand TIME rapporta qu'un objet inconnu avait été découvert en orbite polaire autour de la Terre, une véritable anomalie quand on sait qu'à l'époque tous les satellites américains et soviétiques étaient en orbite équatoriale. Quelques semaines après ces premiers articles, le Département de la Défense américain annonça que l'objet avait été identifié comme un morceau du satellite Discoverer

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Cette explication suscita un certain scepticisme chez de nombreux observateurs, et ce mystérieux satellite fut donc cité pendant des années comme une preuve de l'existence du Chevalier Noir. Et il s'avéra que ce scepticisme était justifié, mais pas parce que l'objet était un réalité un vaisseau extraterrestre. Des documents déclassifiés révélèrent en effet qu'il faisait en réalité partie du projet CORONA, une mission américaine qui aboutit aux premiers vols spatiaux dédiés à la reconnaissance photographique, afin de surveiller les sites de missiles soviétiques.

Le Chevalier Noir traversa donc les années 1970 et 1980 comme une légende urbaine, sans véritable preuve de son existence. Tout cela changea en 1998, quand l'équipage du vol STS-88 de la navette Endeavor photographia un vaste objet noir non identifié et menaçant planant au-dessus de la Terre.

En plus d'apporter (supposément) la première preuve photographique de l'existence de cet artefact extraterrestre, le vol STS-88 entra également dans l'histoire de la NASA en devenant la première mission américaine à participer à la construction de la Station Spatiale Internationale. Dans une interview accordée au journaliste spécialisé James Oberg, Jerry Roos, l'un des astronautes les plus expérimentés de la NASA, raconta comment un souci survenu durant la construction de l'ISS pouvait expliquer les photos étonnantes de ce qui ressemblait au Chevalier Noir.

Une vidéo du largage accidentel de la couverture thermique du tourillon

La mission STS-88 exigea deux sorties dans l'espace de la part de son équipage, l'une d'elles impliquant d'envelopper le nodule situé à l'extrémité de l'ISS dans des couvertures de survie afin d'éviter que la chaleur ne s'échappe par le métal exposé. Selon Ross, lui et son collègue astronaute Jim Newman étaient au beau milieu d'une sortie quand l'une de ces couvertures s'est détachée.

Ce moment a été filmé par d'autres membres de l'équipage, qu'on peut entendre sur la vidéo se demander s'il serait envisageable de la récupérer. Au final, une telle manœuvre s'avéra impossible, et l'objet fut photographié à plusieurs reprises avant de quitter son orbite une semaine plus tard, se consumant lors de sa descente vers la Terre.

Ainsi s'achève le dernier chapitre d'une folle histoire qui court sur plus d'un siècle, et qui semble avoir tiré son essence de l'atmosphère de paranoïa permanente qui pesa sur les années de Guerre Froide. Malgré le démenti catégorique apporté par la NASA à l'unique "preuve" tangible de l'existence du Chevalier noir, la couverture de survie échappée demeurera pour toujours dans les archives de l'Agence sous le nom de débris spatial n° 25570, mais surtout dans l'imaginaire sans limites d'Internet comme le fameux Chevalier Noir. .