Turquie

La Turquie continue sa purge contre les médias et les opposants au régime

Le quotidien d’opposition Cumhuriyet continue sa bataille contre le régime d’Erdogan, malgré l’arrestation de plusieurs membres de sa rédaction.
2.11.16

Le président turc Recep Tayyip Erdogan continue sa répression sans précédent sur les opposants du régime. Le président islamo-conservateur a arrêté des dizaines de milliers de personnes, a viré encore plus de fonctionnaires et a fermé les quelques médias qui osaient encore hausser leurs voix contre le leader turc.

Pourtant, l'un des quotidiens les plus anciens du pays a promis hier de continuer à dénoncer la politique d'Erdogan, et ce malgré l'arrestation la veille de 12 membres de son personnel, dont le rédacteur en chef. Le Cumhuriyet, proche de la gauche locale, avait été accusé par le régime de soutenir le putsch qui a échoué en juillet dernier. En plus du rédacteur en chef, un dessinateur et de nombreux chroniqueurs ont été arrêtés ce lundi.

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L'édition de mardi du Cumhuriyet titrait « Nous ne nous rendrons pas » et a laissé deux colonnes vides, en signe de solidarité avec le personnel détenu par la justice.

Columns of detained — Seref Isler (@seref_i)November 1, 2016

L'attaque contre ce journal n'est qu'une nouvelle illustration de l'offensive menée par Ankara contre la liberté d'expression.

Depuis juillet, le gouvernement turc mène une grande purge. Il accuse de nombreuses personnes de liens avec des organisations terroristes ou avec Fethullah Gulen, exilé aux États-Unis et accusé par Ankara d'avoir incité le putsch. Voici des chiffres compilant cette purge :

  • 170 médias fermés
  • 1 577 doyens universitaires forcés à la démission
  • 2 700 juges virés
  • 163 amiraux et généraux mis à la porte
  • 24 000 professeurs et fonctionnaires du ministère de l'Intérieur renvoyés
  • 24 maires arrêtés dans la région kurde du sud-est de la Turquie
  • 110 000 : le nombre total de personnes renvoyées

Mardi, selon l'agence de presse Reuters, le gouvernement a annoncé qu'il désignerait directement les administrateurs responsables de la commune de Diyarbakir, la plus grande ville de la région kurde du sud-est de la Turquie, où la répression d'Erdogan s'est concentrée.

La semaine dernière, un procureur a arrêté les deux maires de Diyarbakir, accusés de liens avec le terrorisme. Lors d'une déclaration publique, les deux hommes avaient demandé davantage d'autonomie pour le peuple kurde, qui constitue 20 pour cent des 79 millions de Turcs.

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En juillet, une faction des Forces armées turques, qui se faisait appeler "Conseil pour la paix nationale", a tenté de renverser Erdogan. Le président a alors utilisé cette tentative de coup d'État pour instaurer l'état d'urgence, qu'il a prolongé jusqu'à janvier 2017 dans le but d'écraser les critiques émanant des opposants politiques.

« Ce que le gouvernement et Erdogan font en ce moment est un coup direct contre le régime de la loi et de la démocratie », a dit Sezgin Tanrikulu, député du principal parti d'opposition, le Parti républicain du peuple, lors d'une diffusion sur l'appli Periscope et publiée sur Twitter.


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