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FRANCE

Comment l’Euro 2016 est sécurisé

Retour sur les différents enjeux de sécurité qui pèsent sur l’organisation de l’Euro, qui démarre ce vendredi.
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Screenshot de la vidéo de présentation de la fan zone parisienne via paris.fr

L'Euro de football 2016 débute dans trois jours, avec le premier match opposant la France à la Roumanie, qui se tiendra au Stade de France. Cet événement sportif, qui durera un mois, doit réunir plus de 8 millions de supporters, dont 2,5 millions de spectateurs dans les stades des dix villes-hôtes, selon les chiffres avancés par le ministère de l'Intérieur.

Un défi de taille pour le gouvernement qui est confronté à un contexte tendu qui empile pêle-mêle des points de tension très différents : menaces terroristes, grèves et manifestations liées au mouvement social d'opposition à la loi Travail, ou encore les intempéries.

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Un vaste dispositif de sécurité mis en place sur le territoire

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a présenté le dispositif de sécurité mis en place autour de l'Euro le 25 mai. À l'occasion de cet événement sportif, qui se déroulera dans dix villes-hôtes (Lille, Lens, Paris, Saint-Denis, Lyon, Saint-Etienne, Bordeaux, Toulouse, Marseille et Nice), plus de 90 000 personnes seront mobilisées.

Sur l'ensemble du territoire, 30 000 gendarmes et 45 000 policiers seront chargés de la sécurité. Le nombre de policiers, initialement prévu à 42 000, a été rehaussé de 3 000 effectifs supplémentaires, a annoncé lundi le préfet de police de Paris. Par ailleurs, 5 200 personnels de la sécurité civile seront appelés à intervenir, dont 2 500 sapeurs-pompiers et 300 démineurs. Une partie des 10 000 militaires de l'opération Sentinelle, mise en place après les attentats de 2015, sera aussi affectée à la sécurité de l'Euro. Enfin, 13 000 agents de sécurité privée et 1 000 bénévoles des associations de secourisme seront déployés.

Au cours des deux derniers mois, environ 30 exercices de simulation ont eu lieu sur le territoire, pour préparer les différents acteurs à une situation de crise. Un de ces exercices était prévu ce mardi soir à Lyon. Près de 450 policiers et secouristes, ainsi que 180 figurants, ont dû réagir face au scénario élaboré par les autorités : « Un kamikaze actionne une ceinture d'explosifs alors qu'il se trouve dans la file d'attente. Ensuite deux autres personnes tirent en rafale dans la foule, provoquant un mouvement de panique. »

Screenshot de la vidéo de présentation de la fan zone parisienne via paris.fr

Les stades seront pour leur part entourés d'un périmètre de sécurité. Selon l'AFP, le Stade de France comptera ainsi huit points de pré-filtrage et six points d'entrée dans le périmètre. La sécurité sera assurée par 1 267 agents privés, 375 volontaires d'orientation et 950 à 1 100 forces de l'ordre. Le Parc des Princes possèdera lui vingt-cinq points de pré-filtrage et cinq points d'entrée dans le périmètre, surveillés par 78 agents privés, 216 volontaires et de 700 à 850 forces de l'ordre.

Ce dispositif avait été critiqué il y a quelques jours, lors de la finale de la Coupe de France, au Stade de France. Le match, qui opposait l'Olympique de Marseille au Paris-Saint-Germain, devait permettre de tester les mesures sécuritaires en vue de l'Euro. Mais de nombreuses failles avaient été soulevées, notamment le temps d'attente à l'entrée du stade du fait des palpations qui avait causé des attroupements jugés dangereux.

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Lors de son discours du 25 mai, Bernard Cazeneuve a évoqué ces dysfonctionnements, précisant qu'il avait convoqué le lendemain du match les représentants de la Fédération Française de Football (FFF) et d'Euro 2016 SAS, l'organisateur, « pour en tirer les enseignements ». Trois objectifs ont été établis : « garantir la fluidité de l'entrée des supporters dans les enceintes sportives », « fiabiliser les contrôles d'accès dans les enceintes sportives » et « sécuriser les sorties de match ».

Les fan zones

Autre point de tension concernant la sécurité : la mise en place des « fan zones », les espaces officiels de retransmission des matchs sur écrans géants situés dans les villes-hôtes. Ces espaces seront clos, protégés par un système de vidéo-surveillance et soumis, comme les stades, à des accès contrôlés et des points de pré-filtrage, comme on peut le voir sur cette vidéo de présentation de la fan zone parisienne.

Dans une lettre révélée par Le Point, le préfet de police de Paris, Michel Cadot, avait proposé la fermeture les jours de matchs à Paris de la fan zone située dans cette même ville, sur le Champ de Mars. Il avançait que « les supporteurs antagonistes de deux équipes pourront difficilement être sectorisés pour les éloigner les uns des autres, alors que la consommation d'alcool sera autorisée [dans la fan zone] par l'intermédiaire de l'un des sponsors officiels de l'Euro ».

« Mr Cazeneuve m'a apporté ce que j'espérais en termes de réponse » en donnant des moyens supplémentaires, a finalement affirmé le préfet, cité par l'AFP. « Si sous prétexte que la menace est élevée nous cédons à la menace en cessant d'être nous-mêmes, alors nous organisons la victoire des terroristes », a assuré pour sa part le ministre de l'Intérieur. Après avoir affirmé le maintien des fan zones, le Premier ministre a nuancé ses propos dans Le Parisien fin mai : « Mais il est évident que si nous avions connaissance d'une menace précise, nous n'hésiterions pas à remettre en cause l'ouverture de telle ou telle zone. »

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Outre les menaces d'attaques terroristes, les autorités veulent aussi répondre aux risques causés par les hooligans. Les forces de l'ordre françaises travailleront en collaboration avec 180 policiers originaires des 23 pays étrangers participant à l'Euro. Bernard Cazeneuve a annoncé ce mardi qu'une cinquantaine d'entre eux seront affectés au Centre de coopération policière internationale (CCPI). Les autres seront mobilisés dans les dix villes-hôtes, constituant des équipes mobiles, en uniforme et armés, pour identifier les éventuels hooligans.


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Screenshot de la fan zone parisienne via paris.fr