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Un surfeur sous pression : Abdel El Harim

Il y a des fois où on aimerait bien être ailleurs qu'au mauvais endroit, au mauvais moment, n'est-ce pas Monsieur El Harim ?

par Surf Session
10 Août 2017, 11:59am

Cet article est publié en partenariat avec Surf Session Magazine.

Surf Session et VICE Sports vous présentent la colonne "Coup de pression" : des grands noms du surf vous racontent un de leurs plus grands moments de peur dans l'eau et sur leurs planches.

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Figure internationale du surf marocain, Abdel El Harim s'est quelque peu retiré des feux médiatiques pour se consacrer à l'école de surf qu'il vient d'ouvrir à Rabat, dans le nord du Maroc. De passage en France, Abdel s'est arrêté dans les locaux de Surf Session. L'occasion pour lui de revenir sur une bonne grosse frayeur. De celle qui vous rappelle "qu'un homme averti en vaut deux" !

« Ça se passe pendant ma deuxième saison à Hawaii; fin 2006, début 2007. J'étais là-bas pour la Triple Crown et bien évidemment pour le free surf. Sur place, un énorme swell est annoncé à Sunset. Le matin même, on part voir. C'est parfait et surtout ça ne paraît pas si énorme que ça (3/4 mètres). En tout cas vu de l'extérieur. On décide de se jeter à l'eau. On prend quelques vagues et puis l'accalmie. Tout le monde attend au pic lorsqu'un set géant de trois vagues rentre… trois immeubles. Deux à trois fois ce que nous sommes en train de surfer. Tout le monde rame vers le large, certains en mode course. Je me retrouve vite dernier avant de me rendre compte que personne ne va réussir à passer. Bien au contraire. Je décide alors de faire demi-tour et ramer de toutes mes forces vers la plage. Trop tard. La seule chose que je réussis à faire, c'est éviter de justesse la zone d'impact. Pour le reste, j'ai plongé le plus loin possible mais la vague m'a littéralement explosé sous l'eau. J'ai même eu le temps de voir passer la seconde. Je parviens à remonter... tout juste le temps de prendre un 1/4 de respiration que la troisième vague du set, qui n'est alors plus qu'une mousse géante, m'embarque. Et c'est reparti pour un tour. À ce moment là, j'essaye de me détendre le plus possible. Le temps passe au ralenti. Je remonte à la surface. Le jet de secours débarque et me demande si tout est ok : "non, ça ne va pas mais c'est trop tard. Le set est passé"… il propose alors de me ramener sur le sable. Je refuse : quitte à être là, autant en prendre une dernière… Ça évitera aussi de me taper la honte ! Quoi qu'il en soit, j'ai vraiment cru mourir ».

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