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Débat sur la vaccination obligatoire en France

« C’est un empoisonnement à grande échelle » a dit à VICE News un père qui se retrouve devant la justice pour refus de vacciner son enfant.
15.10.14
Image via Flickr

La France est l'un des derniers pays d'Europe, avec l'Italie, à maintenir l'obligation de vacciner les enfants contre certains maux. En l'occurrence la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite, trois maladies infectieuses graves.

Samia et Marc Larère, parents de deux enfants sont passés mardi devant un tribunal de l'Yonne pour avoir refusé de vacciner leur fille aînée. Interrogé par VICE News, Marc Larère explique pourquoi il se retrouve devant un juge.

« On nous reproche de ne pas nous plier à la loi. Une loi qui oblige à vacciner les enfants contre ces trois maladies. C'est ce qu'on appelle un refus de vaccination. Ce que l'État français considère comme un genre de maltraitance. »

La méfiance à l'égard des vaccins revient régulièrement dans le débat public français, alimentée par de rares scandales sanitaires comme celui du Gardasil ces dernières années, nom d'un vaccin employé pour lutter contre le cancer du col de l'utérus.

Interrogée le même jour sur la chaîne i>TELE, la ministre des Affaires sociales et de la Santé Marisol Touraine a lancé un appel contre cette peur des vaccins.

« C'est grâce à des vaccins que certaines maladies ont disparu de notre pays ou même de la planète. La polio est une maladie qui fait sa réapparition. Il y a un risque d'épidémie en Syrie. »

La ministre a ensuite dit son inquiétude par rapport à un mouvement de méfiance et de défiance vis-à-vis des vaccins. Cette méfiance des parents se concentre le plus souvent sur les additifs présents dans les vaccins, comme le raconte Marc Larère à VICE News: « On a bien fini par commander des vaccins sans additifs, directement au groupe pharmaceutique Sanofi, mais ils contenaient du Thiomersal, c'est à dire du mercure, interdit depuis 1999. Dans nos sociétés, la vaccination c'est le mythe absolu, entretenu par les grands laboratoires pharmaceutiques. Il faut que les gens se confrontent à la centaine de rapports d'éminents scientifiques qui ne sont pas culs et chemise avec les grands laboratoires pharmaceutiques français. Il y a une auto-censure incroyable à ce propos alors que c'est un empoisonnement à grande échelle. »

Larère souligne ensuite que la France fait figure d'exception avec cette politique vaccinale. Une politique qui n'est pas exempte de défauts. D'après France Info, 3 à 5 pourcents des enfants en France ne seraient pas vaccinés pour les maladies obligatoires. Un des moyens de contourner l'obligation c'est de trouver un médecin d'accord pour faire un faux certificat de vaccination, comme en attestent de nombreux forums français consacrés au sujet. Cela n'a pas été le cas pour les deux parents. Marc Larère explique comment il s'est retrouvé face à la justice.

« Lorsque l'on a fait une visite pour le 9ème mois de notre enfant à l'hôpital, le pédiatre nous a dit qu'il était dans l'obligation de nous signaler à la Protection Maternelle et Infantile (PMI). La PMI a transmis au procureur qui a instruit l'affaire. Notre avocat vient de déposer une Question Prioritaire de Constitutionnalité. »

Ce recours qui a été accepté permet au couple de porter l'affaire en cassation. Le Conseil constitutionnel devra se pencher sur la question. L'obligation de vaccination devient ainsi un enjeu du débat public français pour les semaines à venir. Un débat qui était déjà demandé par le Haut Conseil de la Santé Publique français qui a mis en ligne début septembre un rapport sur la politique vaccinale. Le HCSP constatait les limites à cette politique: « Le HCSP considère considère que le dispositif public de vaccination actuel est complexe, illisible et inégalitaire. […] Le HCSP considère notamment que le maintien ou non de l'obligation vaccinale en population générale relève d'un choix sociétal méritant un débat que les autorités se doivent d'organiser. »

Interrogé à la sortie du tribunal par VICE News, Marc Larère se dit confiant.

« Au moins, on ne pourra plus nous traiter comme de simples parents maltraitants, puisque le débat est lancé. »

Virgile Dall'Armellina a participé à cet article.

Suivez Étienne Rouillon sur Twitter: @rouillionetienne

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