2016

La question que tous les Républicains se posent : qui peut encore arrêter Trump ?

Après les résultats du week-end, la course pour la candidature à la présidentielle côté Républicains va se jouer entre trois personnes.

par Olivia Becker
22 Février 2016, 2:55pm

Photo par Richard Ellis/EPA

Tout ce qui se joue dans la course à la candidature pour la présidentielle des États-Unis du côté du parti des Républicains, on l'a trouvé parfaitement résumé dans une petite phrase entendue un soir de ce week end dans le hall d'entrée du Mariott hotel à Columbia, en Caroline du Sud :

" Maintenant on date les événements en disant B.T. et A.T." Voilà comment un homme expliquait la politique américaine à deux amis britanniques. B.T et A.T. pour "Before Trump et After Trump", autrement dit "Avant-Trump et Après-Trump". 

Ce week-end, la primaire républicaine en Caroline du Sud a confirmé que l' Après-Trump n'est pas une ère qui est sur le point de se terminer. Trump a gagné largement, avec 33 pour cent des voix, devant Marco Rubio et Ted Cruz. Les deux se sont retrouvés proches à la seconde place. 22,5 pour cent pour le premier, 22,3 pour l'autre. 

"C'est un mouvement incroyable avec des gens incroyables", a dit le Trump victorieux de ce week-end, face à la foule en liesse qui l'attendait en Caroline du Sud. "[J'ai dit] qu'il fallait faire de l'Amérique de nouveau un grand pays, et [ce pays] va être plus grand que jamais. C'est ce dont on est capables — plus grand que jamais."

La victoire de Trump en Caroline du Sud a ceci de remarquable qu'il n'a pas fait grand-chose pour se faciliter la tâche dans cet État ces derniers jours. Il a ainsi critiqué George W. Bush pour sa gestion du 11 Septembre, il a critiqué l'invasion de l'Irak par ce même président. Le tout alors qu'en Caroline du Sud l'ancien président est fort apprécié et que l'armée est très respectée. Il a aussi dit que le planning familial faisait "des choses merveilleuses", avant de se prendre le bec avec le pape, rien que ça. 

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Si l'on pense à l'ancien temps de l'Avant-Trump, ce genre de prises de position n'est pas le meilleur moyen de convaincre un État où près de 75 pour cent des votants Républicains sont des Chrétiens évangélistes. Mais désormais nous sommes entrés dans l'Après-Trump. Une période de l'histoire où Trump peut faire et dire tout ça et gagner une élection avec le soutien de tous les profils de votants chez les Républicains. 

Après la victoire de Trump, Jeb Bush, qui a terminé quatrième du vote, a annoncé qu'il jetait l'éponge.

"Les gens de l'Iowa, du New Hampshire et de la Caroline du Sud ont parlé", a-t-il dit ému depuis Columbia. "Ce soir je suspends ma campagne."

L'ancien gouverneur de la Floride a fait un temps figure de tête d'affiche possible pour l'élection de 2016, avec un nom solide et pas mal de moyens financiers. Mais il n'a pas réussi à finir dans les trois premiers dans aucun des États qui ont voté pour le moment. Malgré un papa et un frère anciens présidents.

Le retrait de Bush fait que la course côté Républicain va se jouer entre trois personnes : Trump, Cruz et Rubio. Même si Ben Carson, et John Kasich n'ont pas encore mis fin à leur campagne. Cruz a gagné en Iowa, où il a été porté par la base évangéliste de l'État. Il doit encore prouver qu'il attire un électorat plus divers, comme dans le Nevada ou l'Ohio. 

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Aujourd'hui, le candidat le mieux placé pour donner du fil à retordre à Trump, c'est Rubio. Pour Rubio, le départ de Bush est une excellente nouvelle. Son résultat du week-end est en partie lié au fait qu'il récupère pas mal des électeurs sur lesquels Bush comptait. Selon un sondage du Washington Post, ce sont principalement des électeurs républicains éduqués et pragmatiques, de la classe supérieure, qui s'identifient à "l'establishment" du parti.

Ce sont les électeurs que Bush a essayé de représenter, sans toutefois réussir. Le fait que Rubio a reçu l'appui du sénateur Tim Scott et de la gouverneur Nikki Haley a pesé. 45 pour cent des partisans de Rubio ont dit que le soutien de Haley était important.

Il n'aura pas fallu longtemps pour que les alliés de Bush virent de bord. Le sénateur du Nevada Dean Heller, qui avait auparavant soutenu la candidature de Bush, a apporté son soutien à Rubio dimanche matin et dit qu'il prévoyait de l'aider dans sa campagne au Nevada, avant le caucus républicain de mardi. Selon le Huffington Post, Mitt Romney prévoit également de soutenir Rubio — un appui de haut niveau dans cette course républicaine.

Même avec l'appui de la base électorale républicaine, il reste encore une grande question: saura-t-il être un adversaire de taille contre la force indomptable qu'est Trump ? Rubio et ses alliés semblent prêts à relever le défi. Conservative Solutions, qui appuie la candidature de Rubio, a annoncé samedi qu'il allait lancer une collecte de fonds au niveau de plusieurs États — à commencer par le Nevada mardi — pour essayer de faire passer Rubio en tête.

Rubio est conscient du fait qu'il joue le rôle d'alternative face à Trump

"Nous devons nommer quelqu'un qui peut rassembler parti, le faire grandir, qui peut transmettre notre message à de nouvelles personnes, et surtout, qui peut gagner, quelqu'un qui va gagner en novembre," a dit Rubio ce dimanche, lors d'un entretien avec la chaîne ABC. "Je donne à notre parti l'opportunité de nommer quelqu'un qui est aussi conservateur que les autres candidats."

Le score important de Trump en Caroline du Sud ne va en aucun cas garantir sa candidature aux présidentielles. En effet le système des élections pour les candidatures ne repose sur des attributions de délégués à la proportionnelle. Il faudra donc encore attendre pour savoir si l'ère de l'Après-Trump continuera jusqu'en novembre.


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