La vie étudiante en 2020, c’est un peu la lose

Finis les TDs et les jeudredis : on a demandé à des étudiant·es à quoi ressemble la vie estudiantine en 2020.
LP
Mechelen, Belgium
HP
Brussels, Belgium
14.10.20
Etudiants 2020 Fuse brussels

Si la rentrée a bel et bien eu lieu, la vie étudiante est au point mort. Finis les TDs, les jeudredis et les baptêmes – mais pour ça, c’est peut-être pas plus mal. Difficultés à socialiser, restriction des activités, éloignement et isolement social… Être étudiant·e en 2020, c’est un peu la lose, surtout en première année. Bien sûr, des événements sont organisés pour tenter de pallier ce problème, comme par exemple, un dîner trois services sur le dancefloor de ce club légendaire qu’est le Fuse. Ma foi. VICE y était pour demander aux étudiant·es comment iels tiennent le coup.

Helena (19 ans), étudiante en psycho

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VICE : Salut Helena, comment ta vie d'étudiante a changé avec le coronavirus?
Helena : Je suis allée à presque tous les TDs avant la fermeture de l’université et j'ai profité pleinement de la vie étudiante. Maintenant, je vais principalement dans des bars, ou alors j'organise des soirées à la maison avec mes potes proches. Ça permet de s'amuser, mais sortir vraiment et danser ne font plus vraiment partie de ma vie nocturne.

Et vous arrivez à respecter les distances avec tes potes ?
J'essaie de rester à distance des gens qui ne font pas partie de ma bulle, et surtout de les voir en plein air. Les contacts sociaux et les rencontres avec de nouvelles personnes, c’était les meilleurs aspects de la vie étudiante et des sorties. Danser et kiffer sont complètement réglementés maintenant, je regrette l’époque où on pouvait faire la fête librement.

« C’est devenu trop compliqué ; la spontanéité a complètement disparu. »

Tu parviens quand même à rencontrer de nouvelles personnes ?  Bien que je sois une personne sociable, c’est beaucoup plus difficile de faire de nouvelles connaissances. Si tu sors en soirée, tu rencontres automatiquement de nouvelles personnes, ce qui n'est plus du tout possible. C’est devenu trop compliqué ; la spontanéité a complètement disparu.

Sebastiaan (21 ans), étudiant en physiothérapie

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VICE : Hello Sebastiaan, depuis combien de temps tu étudies à Bruxelles ?
Sebastiaan : Ça fait maintenant quatre ans, dont deux où j’ai travaillé dans un bar. Aujourd'hui, je vis à nouveau chez moi. Pas à cause du Covid, mais parce que j'ai recommencé à jouer au foot.

Tu aimes faire la fête ?
Je sortais pas mal à Gand. À Bruxelles, je suis venu quelques fois au Fuse, mais j’allais surtout dans des bars. La pandémie a tout changé, du coup je sors beaucoup moins qu'avant. Il y a vraiment un gros contraste entre l'avant et l'après-corona dans la vie étudiante.

C’est étrange, je suis en train de manger un repas trois services alors qu’avant je venais ici pour danser. Avant, on pouvait faire la fête toute la nuit et rester jusqu'au petit matin, maintenant on doit partir à 21 heures. C'est sympa comme initiative, mais c'est complètement différent.

T’as trouvé quoi comme alternative pour profiter de tes soirées ?
Je vais rendre visite à un petit groupe d'ami·es. Ensuite, on boit et on cuisine ensemble. C'est amusant, mais ça n’a rien à voir avec une vraie soirée.

Y’a des côtés positifs ?
Ma conso d’alcool a beaucoup diminué depuis la crise, puis j'ai commencé à courir et j'ai repris le foot, du coup.

Kejsi (20 ans), étudiante Erasmus en administration des affaires

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VICE : Hey Kejsi, tu vis depuis combien de temps à Bruxelles ?
Kejsi : Je suis en échange universitaire et c’est ma troisième année d’études à Bruxelles. Je viens d'Albanie, où je suis retournée pendant le confinement. Là, je suis de nouveau à Bruxelles pour retourner en cours.

« J'aime beaucoup danser, donc maintenant, je mets de la musique dans ma chambre et je danse seule. Mais évidemment, c’est pas pareil. »

Qu'est-ce qui te manque le plus dans le fait de sortir comme avant ?
La vie nocturne me manque ; je sortais beaucoup. Généralement le vendredi ou le samedi. J'aime beaucoup danser, donc maintenant, je mets de la musique dans ma chambre et je danse seule. Mais évidemment, c’est pas pareil. Les sorties spontanées et les contacts sociaux me manquent. Je trouve difficile, voire impossible, de se faire de nouveaux ami·es. Je vois à peine les ami·es que j'avais déjà.

Klea (20 ans), étudiante Erasmus en administration des affaires

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VICE : Salut Klea, depuis combien de temps tu as quitté l’Albanie pour t’installer à Bruxelles ?
Klea : Je suis à Bruxelles depuis la première année de mon baccalauréat, depuis 2018.

Tu as donc connu la vie étudiante bruxelloise avant le confinement. Comment ça se passe cette année ?
Tout est très différent. Lorsque je vois des ami·es, on essaye de respecter les mesures autant que possible. Il y a certains points positifs : avant la crise, je traînais souvent avec mes potes pendant des week-ends entiers. Maintenant, j'essaie d'utiliser mon temps de manière un peu plus productive. J'apprécie beaucoup plus les réunions en petits groupes dans des endroits plus calmes comme le parc, plutôt que l'agitation qu’il y avait constamment avant le coronavirus.

« Ces dernières années, je parlais spontanément aux gens, mais j’ai peur que ce ne soit plus vraiment le cas cette année. »

En général en septembre on rencontre de nouvelles personnes, c’est ton cas cette année ?
Pas vraiment non, je retrouve surtout les personnes que je connais depuis la première année. Et je trouve mon emploi du temps très compliqué : j'ai parfois des cours sur le campus et parfois en ligne.

C'est tout nouveau comme système et je dois encore m'y habituer. Je trouve aussi qu'il est plus difficile de parler aux gens à travers le masque buccal, on perçoit beaucoup moins les expressions du visage. Ces dernières années, je parlais spontanément aux gens, mais j’ai peur que ce ne soit plus vraiment le cas cette année.

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