Mossless en Amérique : Suzanna Zak

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Mossless en Amérique : Suzanna Zak

La jeune photographe nous a parlé de son obsession pour les aurores boréales et la culture de pastèque.
17.9.14

Mossless en Amérique est une colonne qui parle de photographie et où seront publiées différentes interviews de photographes. Cette série sera réalisée en partenariat avec les ogres de Mossless magazine, une revue photo dirigée de main de maître par Romke Hoogwaerts et Grace Leigh. Romke a lancé Mossless en 2009. À l'époque, ce n'était qu'un site pour lequel il interviewait un photographe tous les deux jours. Et depuis 2012, le magazine Mossless sort en version papier ; ils ont sorti deux numéros, chacun se rapportant à un type de photographie en particulier. Mossless s'est fait remarquer en 2012 lors de l'exposition du Millennium Magazine au Musée d'art moderne de New York, puis a reçu le soutien de l'organisation Printed Matter. Leur troisième numéro, consacré à la photographie documentaire américaine des années 2000, s'intitule « The United States (2003-2013) » et est sorti en mai dernier.

Suzanna Zak vit et travaille à Los Angeles, mais ses voyages l'ont amenée aux quatre coins du continent nord-américain. Née à Moscou, élevée dans le New Jersey, cette artiste ne se contente pas d'exploiter le pouvoir des seules images. Pour son dernier projet, Driftland, elle a repéré sur Google Maps huit endroits aux noms qui sonnaient agréablement à son oreille, et elle est allée les photographier. En incorporant du texte, des sculptures et des images volées, elle nous embarque dans des récits très personnels. Au fil de notre interview avec Suzanna, on a parlé d'aurores boréales, de pastèques et de dépassement des limites.

Mossless : D'où venez-vous ?
Suzanna Zak : Je suis née à Moscou et ma famille a immigré aux États-Unis alors que j'étais très jeune. J'ai grandi dans une banlieue du New Jersey tout en passant de nombreux étés dans la ferme de mes grands-parents en Ukraine. Si cette ferme n'existe plus, elle m'a profondément marquée et m'influence toujours.

Vos photos évoquent des instants fugaces, transitoires, toujours en mouvement. Vous voyagez beaucoup pour pouvoir les obtenir ?

Lorsque je voyage, prendre des photos n'est pas mon objectif principal, mais, de fait, ces deux notions sont imbriquées l'une dans l'autre. Ceci dit, avoir un appareil photo dans la main m'a conduite dans des endroits que je n'aurais jamais explorés sans cela. J'imagine que j'ai pu dépasser certaines de mes limites grâce à la photographie.

Vous avez tendance à rajouter des objets, des artefacts, au sein de vos images, ce qui leur confère un aspect ambigu, entre naturalisme et facticité. Considérez-vous ces éléments comme des pièces supplémentaires ou comme faisant partie d'un tout ?

Je considère ces objets comme des éléments faisant partie d'un ensemble plus large. Malgré cela, chaque élément pris de manière isolée doit pouvoir donner certaines informations. Les objets que je place dans mes installations sont extraits de leur contexte d'origine, ce qui me permet d'altérer leur signification. J'aime penser que la décontextualisation est un processus qui se produit sans cesse.

Vous avez créé une monographie intitulée The Copier avec Nicholas Gottlund, qui s'avère être votre petit-ami. Est-il difficile de travailler avec quelqu'un d'aussi proche ?

La collaboration est l'une des choses les plus satisfaisantes au niveau du processus de création artistique. Il m'a été très facile de travailler avec Nick. Le fait que nous connaissions en détail notre manière respective d'aborder la photographie a rendu notre projet très intéressant. The Copier ressemble à une discussion visuelle pleine de fous rires entre nous deux.

Vous êtes sur le point de partir vers le Yukon, au Canada. Pourquoi ?

Il y a de nombreuses raisons qui me poussent à retourner au Yukon, mais je vais vous en donner deux : des aurores boréales, et de vieux amis.

Vous avez récemment déménagé en Californie et j'ai vu sur votre compte Instagram que vous récoltiez des fruits dans votre jardin. Vu que je vis à New-York, j'avoue que je suis un peu jaloux. Est-ce que vous prenez autant de plaisir que je l'imagine à cultiver des produits frais ?

À mes yeux, cultiver des fruits s'apparente à la liberté. Il faut quand même préciser que la terrible sécheresse qui frappe Los Angeles ne facilite pas une telle entreprise. Cette saison, je cultive surtout des pastèques. J'aimerais avoir plus de temps pour faire goûter mes pastèques à mes amis. Au final, alors que je me disais qu'il allait être très difficile de faire pousser des fruits, je n'ai pas à me plaindre.

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