Pourquoi les Birmans s’injectent de l’huile de coco dans le pénis

Dans les camps de réfugiés de la frontière birmano-thaïlandaise, des types sont prêts à tout pour gagner quelques centimètres.

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26 Avril 2016, 5:00am

Avez-vous déjà lorgné une bouteille d'huile de coco en envisageant de vous en injecter dans le pénis pour le rendre plus gros ? Si vous avez répondu non, sachez que c'est pourtant une pratique courante en Birmanie et en Thaïlande. Mon amie Koko a eu l'occasion de témoigner de ce phénomène dans un camp de réfugiés.

Koko est étudiante en médecine et a accueilli des réfugiés karens dans un camp à la frontière entre la Thaïlande et la Birmanie. Les Karens sont une minorité ethnique de Birmanie qui essaye d'échapper à des décennies de persécution en s'installant en Thaïlande, pays légèrement plus tolérant. Dans ces camps, les Karens ont recours à des soins médicaux pour soigner un éventail de maladies, dont une maladie des plus étranges que certains hommes attrapent.

Ça s'appelle le « Viagra karen », et la description de cette pratique va se graver sur votre lobe frontal comme un film de Cronenberg. Koko m'a raconté ce qu'elle avait vu.

VICE : Salut Koko, tu m'as raconté cette histoire plusieurs fois, mais je n'en crois toujours pas mes oreilles. De quoi s'agit-il exactement ?
Koko
: Les hommes karens s'injectent de l'huile de coco dans le pénis, parfois même dans les testicules. Ça permet de l'élargir.

Et pourquoi font-ils ça ?
J'aimerais bien te dire que c'est un truc culturel compliqué, mais c'est tout simplement que ces types ont de petits pénis et qu'ils en veulent des plus gros.

Mais il y a un hic.
Oui. C'est le moins que l'on puisse dire. L'effet peut durer entre deux et trois ans. Ensuite, les choses se corsent.

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D'abord, l'huile de coco se solidifie autour du pénis – le véritable pénis –, donc entre la peau et l'organe lui-même. Après quelques années, le pénis arrête tout simplement de fonctionner. Il devient difficile d'uriner. Le pénis est moins sensible, plus douloureux. Il n'y a plus d'érection, donc plus de sexe. Ça rend tout le processus inutile. Ils tardent souvent à se faire soigner – je pense que la honte y est pour beaucoup.

Est-ce que le Viagra karen a déjà fonctionné ?
Il doit bien y avoir quelques réussites, sinon, pourquoi feraient-ils ça ? Mais ils sont bourrés la plupart du temps. Ils remplissent des seringues d'huile de coco et se l'insèrent sous la peau.

Que se passe-t-il quand ils obtiennent des soins médicaux ?
Ils passent sur la table d'opération, qui est littéralement juste une table avec du plastique dessus. Ils ne reçoivent qu'une anesthésie locale. Les chirurgiens injectent de l'anesthésiant dans différents points autour du pénis. Ces types sont tellement désespérés. Au final, ils se retrouvent avec un pénis encore plus petit qu'avant.

Comment se déroule l'opération ?
Les médecins utilisent un scalpel pour couper autour du pénis – après avoir fait l'anesthésie – jusqu'au niveau de l'organe réel. Ils font une circoncision jusqu'à couper autour de la base et enlever une couche de pénis. Puis ils essayent de retirer l'huile, en la taillant au scalpel. C'est une opération vraiment brutale.

Ça a l'air horrible.
Le pire dans tout ça, c'est que les patients peuvent entendre le craquement de l'huile de coco. Parce que l'huile, liquide au début, se solidifie. Imaginez couper de la cire ou de la noix de coco. C'est ce qu'ils entendent. En plus, ce sont surtout des femmes qui font l'opération. Elles ne sont ni infirmières ni médecins ; elles n'ont pas eu de formation formelle, seulement deux ans d'entraînement. Et les voilà qui font ça... une chirurgie de la bite à la noix de coco.

Comment les patients réagissent-ils ?
Ils pleurent. Ils sont assez anesthésiés pour avoir le pénis engourdi, mais les effets s'estompent au bout de vingt minutes. Et ils peuvent ressentir la procédure, quand on leur retire les couches. Je pense que le problème n'est pas tellement la douleur, mais le fait d'être conscients alors que leur pénis est écorché vif sous leurs yeux. Il arrive parfois qu'une artère soit coupée et que le sang gicle de partout.

Tous les matins, je les aidais à s'habiller et je refaisais leurs bandages. Les infirmières m'ont pris en photo en train de faire ces bandages. Je crois que les médecins ont adoré voir une femme blanche de vingt ans s'occuper de ces pénis ulcérés.

Est-ce que cela se pratique ailleurs dans le monde ? Ou est-ce spécifique à cette région ?
C'est propre à la communauté karen.

Pourquoi ?
Je n'ai jamais réussi à avoir la réponse. Tout ce que je sais, c'est que ces mecs voulaient des pénis plus gros et plus larges.

Donc c'est juste un complexe universel poussé à l'extrême.
C'est ça.