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Toutes les choses affreuses que les Riches font pendant leurs vacances

Majordomes méprisés et sexualité débridée – lorsqu'ils ne bossent pas, les nantis se comportent comme des merdes.

par VICE Staff, Illustrations de Dan Evans
22 Juillet 2016, 5:00am

Cela ne surprendra personne mais, parfois, les riches sont de véritables cons. Il est toujours difficile d'éprouver de la sympathie pour des mecs qui parlent de K-euros et de montres. Comment ne pas mépriser un type qui débarque dans un bar en costume cravate alors qu'il aurait eu la possibilité de se changer entre-temps ? Mais les riches peuvent être encore plus insupportables quand ils décident de prendre des vacances – tout occupés qu'ils sont à déverser leurs deniers engrangés à la face du monde.

Nous avons demandé à plusieurs de nos amis, qui bossent dans l'industrie touristique grecque, française et espagnole, de nous raconter leurs pires expériences avec les nantis.

Christophe, réceptionniste et responsable d'un golf ­­ – Deauville

Il y a quelque temps, un banquier américain d'une quarantaine d'années a déboulé à l'hôtel en compagnie de son majordome, un Noir. Ce banquier ne levait pas le petit doigt, sauf lorsqu'il jouait au golf. Au début, je pensais que le majordome s'en sortait plutôt bien et gagnait correctement sa vie – surtout au vu de la richesse incroyable de son patron. Sauf qu'un jour, j'ai assisté à une scène qui m'a prouvé le contraire. Alors que ce type jouait au golf, sa balle a atterri dans les bois. Il s'est tourné vers moi et m'a dit : « Je vais dire à mon labrador d'aller le chercher. » Là, le majordome s'est rué dans les bois pour ramener la balle.

Une autre fois, un Allemand a réservé une suite et trois chambres pour ses gardes du corps. Lors de son arrivée, il m'a demandé si l'on pouvait lui faire visiter le domaine autour de l'hôtel avec une voiturette de golf. Il s'est assis dans le véhicule, a mis une bouteille de vin entre ses jambes, et a ordonné à ses hommes de courir derrière la voiturette – alors qu'il y avait encore deux places à l'intérieur. Ils ont couru pendant 45 minutes. De temps à autre, il me demandait d'accélérer uniquement pour forcer ses gardes du corps à sprinter – il était plié de rire pendant toute la visite.

Gloria, assistante personnelle – Madrid

Je me souviens de l'histoire d'une famille russe venue à Madrid pour célébrer l'anniversaire de leur benjamine. Dès leur arrivée – avant même de récupérer les clés à l'hôtel – ils m'ont demandé de louer un hélicoptère susceptible de venir les récupérer sur le toit de leur hôtel afin de visiter la ville par les airs. Lors du vol, ils souhaitaient lancer des ballons dans le ciel – ballons sur lesquels ils auraient écrit des messages à destination de leur fille chérie. Au final, ils ont passé la chanson préférée de leur gamine en boucle. Bien entendu, il était impossible de leur dire non, et ils étaient prêts à dépenser une somme faramineuse.

Michael, skipper – principalement dans les Cyclades

Quatre types, des Russes, avaient réservé deux de nos bateaux pour effectuer une croisière dans les îles grecques. L'un des yachts était pour eux, l'autre pour des femmes – qu'ils avaient également louées. Tout cela s'est rapidement transformé en orgie. Dès notre départ du port, les types se promenaient à poil devant l'équipage, et n'ont pas tardé à baiser devant nous. J'étais super mal à l'aise mais, dans les faits, le bateau ayant été loué par les clients, nous ne pouvions rien dire – tant qu'ils ne nous demandaient pas de participer.

Tous les matins, le bateau des Russes se transformait en baisodrome. Tout cela durait jusqu'à la nuit tombée, quand les filles étaient renvoyées sur leur yacht en canot pneumatique. Le but de l'entreprise pour laquelle je bosse est de rendre heureux les clients. Dans ce cas-là, on peut dire que ça a marché.

María, responsable des clients dans un hôtel – Madrid

L'hôtel qui m'emploie propose des services personnalisés aux clients susceptibles de passer pas mal de temps chez nous. Cela inclut de changer les tapis, les canapés et les rideaux, afin que les visiteurs se sentent comme chez eux. Mais c'est devenu hors de contrôle avec l'afflux de très riches familles en provenance des pays du Golfe. Une famille nous a forcés à changer la baignoire afin d'en installer une sertie de diamants.

Sophie, capitaine en second sur des navires – principalement dans les Caraïbes et les Cyclades

Chaque été, je bosse sur des bateaux de luxe valant plusieurs millions de dollars. Mon job est de maintenir un certain équilibre entre les impératifs de navigation et les attentes des clients – et de surveiller le comportement des membres de l'équipage.

Un jour, un Anglais a loué un immense bateau et a invité ses amis à passer la semaine dessus. On parle d'un groupe de mecs issus de la finance, ayant une cinquantaine d'années, et étant accompagnés de jeunes femmes siliconées. Ils étaient marrants et aimaient faire la fête – ce qui veut dire qu'à leurs yeux, il était tout à fait normal d'avoir une grande quantité de cocaïne sur eux. Avant de quitter le port, ils avaient pris soin d'en cacher un peu partout dans le bateau. Au début, faire la fête avec eux était un plaisir – même s'il était difficile de les suivre. Mon boss passait tout son temps à sniffer en leur compagnie. Ça a duré quelques semaines. Un beau jour, j'ai découvert des drogues bien plus « dures » sur le bateau. C'en était trop pour moi. J'ai fait mes affaires et ai décidé de quitter le bateau.

Manos, groom – Mykonos

Les riches veulent des femmes et de la drogue. Si vous ne voulez pas tomber dans ce business, vous n'avez qu'à donner quelques contacts à ces types. Trouver de la drogue est chose aisée – contrairement aux femmes, plus rares. Mais mon expérience la plus étrange n'implique ni femme ni drogue. Non, je vais vous parler d'un P.-D.G. serbe, chrétien affirmé.

Lors de son premier jour à l'hôtel, il m'a demandé de réarranger les meubles, de lui graver quelques CD de musique byzantine et d'ouvrir plusieurs bouteilles de champagne – chacune valant 1 700 euros. Il m'a également demandé de l'accompagner partout où il allait – à la plage, au restaurant, en soirées. Je ne le quittais pas d'une semelle – ce qui, pour être honnête, ne me dérangeait absolument pas. Une nuit, alors que nous rentrions d'une soirée assez folle, il a eu une envie soudaine : aller brûler un cierge sur l'île de Tinos, située à une heure de Mykonos, là où nous étions. Il a loué un énorme bateau, et vers 7 heures du matin nous étions à Tinos, entourés par des vieilles qui tentaient de rejoindre l'église sur leurs genoux.

Dimitra, serveuse sur un yacht – surtout en mer Ionienne

Le pire job de ma vie a été de bosser pour une agence de location de yacht quand j'avais 20 ans. C'était le début de l'été et je me disais qu'il serait génial d'être payée tout en naviguant dans les îles grecques. Un ami m'a cooptée, et j'ai trouvé un job dans une agence. Je devais être disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, pour le plus grand bonheur des clients. Je ne devais jamais me plaindre – étant payée 750 euros par semaine, je n'en avais pas l'intention.

On m'a envoyée sur un bateau de luxe, loué par deux couples russes âgés de plus de 70 ans. La location du navire revenait à plus de 70 000 euros par semaine. À ce prix, ils avaient engagé un équipage – un cuisinier, une autre serveuse, le capitaine, une femme de ménage, et moi-même. Nous devions naviguer vers les îles Ioniennes – Paxos, Leucade et Céphalonie, surtout.

Dès le départ, les Russes se sont avérés être de véritables frustes. Le premier repas était assez simple : des pâtes aux crevettes. L'une des femmes m'a demandé de les lui décortiquer. Dès la fin du repas, l'autre femme septuagénaire a exigé que je lui masse les pieds. J'ai répondu que j'étais là pour leur servir des boissons et les repas, et ils ont directement appelé l'agence pour se plaindre. J'ai démissionné, mais je devais tout de même attendre que l'on arrive à Leucade pour descendre du bateau et être remplacée. À chaque fois que les Russes avaient un coup dans le nez, l'une des femmes me traitait de « petite salope ».

Elle ne manquait pas de sonner la petite cloche au beau milieu de la nuit pour lui servir un verre d'eau, et me faisait cuisiner tout le temps. Elle balançait du vin par terre pour que je passe la serpillière. Les mecs n'arrêtaient pas de me peloter. C'est toujours comme ça avec les vieux. Comme ils comprennent qu'il ne leur reste plus longtemps à vivre, ils deviennent de véritables connards. Au final, j'ai quitté le bateau, et n'ai jamais été payée.

Gustavo, sommelier – Barcelone

Je bossais comme sommelier dans un hôtel cinq étoiles. Les clients très riches avaient tendance à exiger leur vin préféré – même s'il ne faisait pas partie de la carte. Ça ne poserait pas problème si le vin en question ne se situait pas souvent à l'autre bout de la planète. Je discutais tous les jours avec des types situés à Paris, Londres, New York ou Buenos Aires afin de trouver la bouteille idéale – dont le prix variait entre 2 000 et 7 000 euros. Un jet privé était loué simplement pour que la bouteille arrive à temps à Barcelone pour le dîner.

Émilie, réceptionniste – Paris

Parfois, des hommes mariés flirtent avec moi. Ils me proposent un verre au bar et me filent leur numéro de téléphone, mais ça ne va généralement pas plus loin. Je dois avoir des centaines de numéros d'hommes d'affaires connus et de politiciens. Parfois, ils m'invitent dans leur chambre. Je me souviens d'être tombée sur un père de famille, qui était entré dans le hall de l'hôtel en compagnie de ses deux filles, des adolescentes. Il désirait deux chambres – l'une pour ses filles, l'autre pour lui. Je lui ai donné ses clés, et il m'a filé un pourboire de 80 euros. Le soir venu, j'ai compris pourquoi. Après le dîner, le père a demandé à ses filles de monter se coucher. Il est venu directement à la réception et m'a dit : « Si vous vous ennuyez, vous savez où me trouver. » Il m'attend encore.

Parmi les riches, on trouve de nombreux voleurs. Une femme de ménage a rapporté qu'une cliente avait volé les coussins et un tableau de l'une de nos suites. J'ai dû lui retirer le montant directement sur son compte, et je l'ai appelée pour la prévenir. Au lieu de nier, elle m'a répondu : « Oui, pas de problème. Je ne suis pas une voleuse, je voulais juste ce tableau. » J'imagine qu'à ses yeux, un hôtel n'est pas si différent d'un centre commercial.

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