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Epitaph Records, ceci est une intervention

Salut, Epitaph Records. Rentre, rentre. Installe-toi juste là, entre Fat Mike et Tim Armstrong. Tu veux quelque chose à manger ? Les Pietasters ont ramené un superbe chausson aux pommes. Non ? Et à boire ?
23 juillet 2013, 8:30am

Salut, Epitaph Records. Rentre, rentre. Installe-toi juste là, entre Fat Mike et Tim Armstrong. Tu veux quelque chose à manger ? Les Pietasters ont ramené un superbe chausson aux pommes. Non ? Et à boire ? Toby, tu peux nous verser à tous un peu de H2O ? Bien, bien. Écoute, Epitaph. C’est jamais facile à dire, alors je vais être direct. Ceci est une intervention.

Écoute bien maintenant. On veut d’abord que tu saches qu’on tient tous beaucoup à toi. Pour le meilleur et pour le pire, t’es un pilier de longue date de la communauté punk. Ça fait plus de vingt ans en fait. Comme t’as été fondé par un membre de Bad Religion, t’as pas volé ta street cred. Et t’as sorti un tas d’albums qui tuent au fil des années, qu’on a tous sur nos étagères. Punk in Drublic, Let’s Go, Suffer. Que des classiques. Personne ne dit le contraire. Mais le truc, c’est que j’ai remarqué – on a remarqué – que dernièrement, t’as fait quelques choix douteux et sorti quelques albums qu’on n’oserait pas toucher avec une perche longue de plusieurs mètres.

Bref, Epitaph, comme je te disais : personne n’est parfait. Bien sûr, t’as sorti une ou deux merdes au fil des années. Tu te rappelles de ces albums de Gas Huffer, dans les années 1990 ? Ha ! On peut tous en rire aujourd’hui. T’étais jeune. On se disait que tu faisais qu’expérimenter un peu. On a fermé les yeux là-dessus. Mais les albums que t’as sortis dernièrement, eh bien… faisons un peu le tour, tu veux ?

Bring Me The Horizon. Pas besoin d’être un génie pour deviner que des pleurnichards avec des serpillières en guise de cheveux et des tatouages à la gorge font de la musique pourrie.

Voilà, regarde. Regarde ton tableau actuel. T’as signé des boys bands hardcore comme Bring Me The Horizon, Escape the Fate et Our Last Night. Epitaph, ces groupes sont affreux. Pas besoin d’être un génie pour deviner que des pleurnichards avec des serpillières en guise de cheveux et des tatouages à la gorge font de la musique pourrie. Pourquoi est-ce que tout à coup tu vends ton label à des gamines de 15 ans qui vont chez Hot Topic ?

Regarde ce groupe qui est présent sur ton tableau : Skip The Foreplay. Je ne les ai jamais écoutés et je sais d’avance qu’ils sont pourris. Milo, tu peux mettre une de leurs chansons vite fait ? Comment elle s’appelle tu dis ? Nan… Tu déconnes ? Leur chanson s’appelle « Dinner With Snooki » ? Beurk. OK, joue-la qu’on en finisse.

Oh putain, c’est quoi ce truc ? On dirait de la musique de club où tout le monde se viole mutuellement. Non ! Non, ne te couvre pas les oreilles. Il faut que t’écoutes, Epitaph ! T’es fier de ce que t’as fait ? T’es fier de ce que tu fais à la scène punk ? OK, OK, c’est bon. Éteins ça. Désolé de devoir faire ça, Epitaph, mais c’est le seul remède pour que tu comprennes la peine que tu nous causes.

Parlons de ce qui est gros comme une maison : Falling In Reverse. Bien que toute la scène punk se moque du fait que tu viens de sortir leur dernier album, qui est incontestablement le pire album de tous les temps, le groupe est mené par un type qui non seulement ressemble à une Suicide Girl mais qui crache sur ses fans adolescents et les qualifie de « tapettes ». Il a aussi été arrêté pour avoir agressé son ex-copine. Quel genre d’enfoiré frappe une femme ? Oups. Désolé, Ben Weasel, je t’avais pas vu, là. Mais la cerise sur le gâteau, c’est que la fille que ce merdeux a frappé : elle travaille pour toi, Epitaph ! Ç’aurait été le moment idéal pour taper du poing sur la table. Mais tu l’as pas fait. T’es juste resté assis là, à rien faire parce que ce type te rapporte de l’argent. Ça vaut le coup, Epitaph ? Ça vaut vraiment le coup ?

Falling In Reverse est mené par un type qui non seulement ressemble à une Suicide Girl mais qui crache sur ses fans adolescents et les qualifie de « tapettes ».

Mais ce qui est bizarre, Epitaph, c’est qu’à part ces albums sur lesquels on chie tous et que t’as toi-même chié ces derniers temps, tu continues à sortir des albums géniaux. L’année dernière, t’étais derrière les nouveaux albums de Converge et de Propagandhi, deux des groupes les plus respectés qui soient. Tu crois qu’ils apprécient de partager un label avec Falling In Reverse, sérieux ? Tu crois qu’un groupe acclamé comme Off With Their Heads aime bien voir son nom à côté d’un groupe qui s’appelle I Set My Friends On Fire ? Regarde-les. Regarde ce que t’es en train de leur faire subir. Quelqu’un peut apporter des mouchoirs à Off With Their Heads ?

La seule raison pour laquelle ces groupes légendaires restent avec toi, c’est parce que t’as une machine bien huilée et qu’ils sont trop vieux pour s’emmerder avec toutes les conneries des petits labels qui viennent de commencer. Si tu leur signais pas un joli chèque tous les mois et que tu distribuais pas leurs albums à grande échelle, ils te lâcheraient plus vite que Guttermouth arrive à se faire bannir d’une tournée.

Eh bien, j’espère que cette intervention t’aura servi. Si c’est pas le cas, on te donne un ultimatum : soit t’arrêtes tes conneries en arrêtant d’attirer un public de rock de centre commercial, soit on arrête d’acheter tes albums. Un tas d’autres labels sortent de bons disques punk sans incorporer des merdes inaudibles de rock de centre commercial. On déteste faire ça, mais tu ne nous laisses pas le choix.

On t’aime, Epitaph. C’est pour ton propre bien.

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