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Le défilé canin de Westminster... sous acides !

Notre pote Brayden prisonnier des chiens et de son cerveau dans le plus grand concours canin new yorkais
16 février 2012, 5:30pm

Le défilé canin de Westminster est un truc infernal pendant lequel des tas de mecs du Midwest et leurs chiens reçoivent plus d'attention que 40 pour cent de la population mondiale. La quantité d'amour et de fric investie chaque jour pour ces clébards suffirait à mettre mal à l'aise n'importe quel type parfaitement sobre. En revanche, prendre un acide avant de s'y rendre est une manière plutôt efficace de rendre ça acceptable.

On a commencé la journée dans l'appartement de notre cobaye. Voici Brayden. C'est la première fois qu'il prenait du LSD de sa vie ; sauf qu'à ce moment-là, aucun de nous n'était au courant.

Après avoir passé environ 30 minutes à tracer sur son toit d'immeuble, Brayden a déclaré qu'il « commençait à se sentir bizarre. » Il a observé la « petite montagne noire » qui entoure la cage d'escalier de son immeuble et a voulu l'escalader. On lui a conseillé d'éviter de grimper sur cette installation démunie d'une quelconque barrière qui l'empêcherait de faire une chute de 12 mètres et de s'écraser sur la chaussée mais il nous a dit : « ne vous inquiétez pas, je le fais tout le temps ». Et il a littéralement sprinté jusqu'en haut de ce truc incliné. Une fois en haut, il était mort de rire et répétait une citation de film pétée au sujet d'un Dieu en or. En usant de la ruse, on a finalement réussi à le faire descendre avant de partir en direction du Madison Square Garden.

Voici la première propriétaire de chien qu'on a vue en sortant de la voiture. Brayden a hésité à l'approcher parce qu'elle était entourée d'une foule dense constituée de vieux qui portaient leurs animaux dans leurs bras et criaient des trucs à propos de Mitt Romney. Comme il était hors de question de subir les caprices d'un mec sous LSD, je l'ai forcé à y aller et elle (la propriétaire de chien) nous a soutenu que Mitt Romney était un sacré connard. Elle n'avait pas grand chose à foutre de ses records à Bain Capital (la société d'investissement fondée par le candidat républicain à la présidentielle) ou de ses convictions politiques. En revanche, elle se foutait moins du fait qu'il ait un jour attaché son clebs sur le toit de sa caisse et pris la route du Massachusetts à l'Ontario sans s'arrêter, ou un truc du genre.

Comme chacun sait, une montée d'acide n'est pas toujours une partie de plaisir. Cette personne habillée en chien a suscité chez Brandon une légère crise d'angoisse. Il n'arrêtait pas de répéter « je n'aime vraiment pas ce chien » et « je peux voir à travers son museau. Il y a une vieille asiatique méchante à l'intérieur. »

Une fois passée l'entrée réservée à la presse, on s'est retrouvés dans un couloir désert avec un tourniquet hors service tourné vers le mur. Brayden a trouvé ça particulièrement hilarant. Il n'arrêtait pas de passer dedans, de coller son visage contre le mur en parpaings, puis de rire de manière frénétique avant de répéter l'opération.

Une fois arrivés au bon endroit, on est tombés sur le couple le plus génial qu'on ait rencontré ce jour là. Quand Brayden a demandé au mec qui il « soutenait », il a levé les yeux vers le ciel et rétorqué : « la différence entre un défilé canin et un défilé félin, c'est que dans un défilé de chats, les femmes sont très grosses. » Cet étrange sophisme a vraiment fait marrer Brayden.

Au centre de la pièce, la plupart des gens vraiment intéressants étaient trop occupés à se pavaner avec leur chien sur la pelouse artificielle, donc on s'est faufilés vers les coulisses.

En chemin, on est tombés sur ce duo. Toutes les vibrations négatives que l'asiatique/chien avait envoyé à Brayden se sont immédiatement dispersées grâce à ces deux femmes. Je ne sais pas trop comment, mais elles ont provoqué chez lui une montée de dopamine incroyable. Il les adorait et voulait absolument rester auprès d'elles. Quand on est partis, la femme de droite lui a donné un chewing gum et je crois bien qu'il l'a gardé dans sa bouche jusqu'à la fin de la journée en souvenir des ses interlocuteurs cosmiques.

Quand je lui ai demandé ce qui était si génial chez elles, il m'a répondu : « Elles étaient chaleureuses, radieuses. Tu ne l'as pas senti ? J'ai aimé qu'elles soient grosses et j'avais envie de me pelotonner contre elles. Comme deux ours en peluche qui te donnent des bonbons. »

Les coulisses du concours d'éleveurs du défilé canin me rappelaient le camp Occupy Wall Street avant que les manifestants ne se fassent virer. La seule chose qui manquait, c'était les pancartes à slogans. Si la femme furieuse contre cet enfoiré de Mitt avait été là, le tableau aurait été identique.

Voilà la première personne avec laquelle on a discuté. Vous voyez ce moment, où les gens sous acide se mettent à penser comme des animaux et à se sentir complètement en phase avec eux ? Ce mec racontait à Brayden comment il avait réussi à faire en sorte que son chien ressemble à ça et d'autres conneries dont les éleveurs parlent habituellement. Mais Brayden ne prêtait aucune attention à ce qu'il disait. Son esprit avait visiblement déjà rejoint celui du chien. Après cette intermède, Brayden a déclaré qu'il se sentait très troublé.

Se promener dans les coulisses revenait à être pris au piège dans un courant dangereux. La foule se déplace par paquets et si vous essayez de faire demi-tour ou de vous arrêter, vous provoquez instantanément l'accident avec la personne derrière vous. Brayden a repéré cette femme qui s'était écartée du troupeau pour faire une petite sieste. Il s'est immédiatement extrait de la masse pour aller lui coller son micro sous le nez en disant : « Vous vous amusez bien ? » Elle s'est réveillée en sursaut comme si on lui avait collé un défibrillateur sur le cœur et lui a répondu : « Oui ! On a gagné ! C'est vraiment super ! » Comme elle avait l'air un peu à la masse, Brayden est retourné se mêler à la foule.

Brayden n'a jamais eu de chien mais, pour une raison qui m'échappe, il voulait absolument chopper le plus d'échantillons de nourriture pour chiens possible. Il était carrément prêt à faire la queue dix minutes à chaque fois. Et puis, sans prévenir, il a fourré une croquette dans sa bouche. Il a dit que c'était dégueulasse et l'a recrachée. C'est arrivé si rapidement que je n'ai même pas pu prendre de photo. Du coup, je lui en ai fait manger une autre.

C'était dégueulasse, à en juger par sa réaction.

Ensuite, Brayden a repéré cette meuf à l'autre bout de la pièce. Il voulait lui dire : « Parmi toutes les salopes qui se trouvent ici, c'est toi la plus belle. » Mais il s'est ravisé et lui a seulement avoué qu'elle était la plus jolie fille du défilé. Ce qui était vrai, et de loin.

En retournant dans l'arène, Brayden s'est figé devant l'escalator. Sous LSD, fixer tous ces corps transportés par un escalier roulant peut facilement vous occuper une grande partie de la journée. Quand je l'en ai éloigné, il m'a avoué, « je voulais tellement toucher tous ces visages. Ils avaient l'air tellement bizarres. »

À l'intérieur, c'était la fin du défilé des « juniors ». On est tombés sur cette femme dont le style était ouvertement pompé sur celui de Cruella d'Enfer. C'était la juge ; elle faisait des allers retours devant les chiens pendant que leurs propriétaires martyrisent leurs petites queues pour qu'ils se tiennent debout.

Alors que la file de chiens avançait, au lieu de tirer simplement sur des laisses pour leur faire faire quelques pas, les propriétaires se sont mis à faire un truc bizarre. Comme le montre la femme au milieu de la photo, la manière habituelle de déplacer un chien à Westminster est de placer une main dans son cul et l'autre sur le collier.

À ce moment là, Brayden était plus ou moins en état de mort cérébrale donc il est allé s'asseoir tout seul dans les gradins pour prendre des photos du plafond.

Voici l'une de ses photos.

Quand tout le monde a fini par évacuer la pelouse synthétique, Brayden s'est dirigé vers le podium. Il est resté là, debout, à parler de sa journée pendant dix minutes à notre cameraman qui se trouvait à au moins 18 mètres de lui. Puisque personne ne nous a virés de là malgré notre mépris du protocole canin, on s'est dit qu'on avait assez traîné et qu'il était temps de rentrer chez nous, dans nos appartements sombres et sans chien.

On a filmé l'expérience acidifiée de Brayden à Westminster et vous pourrez regarder tout ça très bientôt sur VICE.com.

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